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Quand volonté rime avec une certaine timidité

GAND Rencontrer quelques instants Gaelle Mys durant la semaine relève de la gageure, tant son emploi du temps ressemble à celui d'un ministre. Outre les trente heures de cours hebdomadaires qu'elle suit à l'Athénée Voskenslaan de Gand en horaire adapté, en compagnie des futurs grands du cyclisme, football ou athlétisme en 4e générale, la demoiselle de 15 ans et demi se farcit 32 heures d'entraînement dans ce Topsporthal où se déroulera ce week-end la 4e édition de la manche belge de la World Cup. "Samedi est jour de repos, avec reprise le lendemain après midi, sauf si une compétition a lieu le dimanche, auquel cas: entraînement supplémentaire !"

Heureusement, contrairement à sa consoeur Aagje Vanwalleghem qui vivait en internat à Gand, Gaelle rentre tous les soirs à Drongen, où elle retrouve ses parents, sa soeur Anouk, 20 ans, et son frère Nicolas, 18 ans. "C'est d'ailleurs par ma soeur que je suis arrivée dans le monde de la gym, à 7 ans", poursuit cette petite puce de 1,44 m et de 38 kg affichant une certaine timidité. "Tant ma maman et elle en faisaient déjà et par facilité pour ma maman, et parce qu'elle voulait que je fasse du sport, j'ai un jour poussé les portes du club de Nazareth, et j'ai tout de suite eu le virus."

De là à ce que désormais, celle qui fut la benjamine des derniers Championnats d'Europe à Amsterdam soit la principale chance de qualification olympique pour la Belgique, il y a une marge. "Il y a deux ou trois ans, lorsque je voyais encore Catalina Ponor, mon idole, et les autres Roumaines ou bien les Chinoises, je n'imaginais pas un instant que je par- viendrais à leur niveau. Tout s'est accéléré pour moi lorsque je suis entrée dans le centre de haut niveau, ici, au Blaarmeersen. Valentina Soldatenkova, puis, juste avant l'Euro, Gerrit Beltman, le coach national, se sont chargés de me guider vers le plus haut niveau. Inutile de préciser que lors de mes premières compétitions de haut niveau, je stressais beaucoup. Mais désormais, je parviens à canaliser l'adrénaline. Entre gymnastes belges, on se soutient bien, c'est chouette."

Ce qui explique qu'à l'Euro, les notes obtenues en finale ressemblaient fort à celles des qualifications, hormis aux barres parallèles où une sortie manquée lui fit perdre quelques dixièmes. "À cet agrès, j'ai une note de départ élevée mais j'éprouve des difficultés à réaliser l'exercice annoncé. Aussi, je n'ai pas pu me montrer pleinement satisfaite de ma prestation à ces championnats. Et je travaille désormais d'arrache-pied pour améliorer ma prestation. Pour le reste, je n'ai pas un agrès préféré; cela peut dépendre de mon humeur."

Il est clair, cependant, que son meilleur souvenir reste la médaille de bronze obtenue au sol à l'Euro juniors de Volos, en 2006. Désormais, l'objectif, ce sont les Jeux. "Il faudra répondre aux critères tant du COIB que du CIO et de la fédé internationale." Avec la volonté qui est sienne, cela semble à sa portée.