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Le jeune Liégeois aux origines... jamaïcaines veut se faire un nom

LIÈGE Fort d'un nouveau record personnel réussi le week-end dernier à Nivelles (10.48), Jean-Marie Louis s'avoue gonflé à bloc avant les Championnats de Belgique qui se déroulent ce week-end sur la piste de Naimette-Xhovémont. Un endroit familier pour ce sprinter de 22 ans qui défend les couleurs du RFCL. "Je ressentirai peut-être une petite pression supplémentaire mais j'ambitionne de monter à deux reprises sur le podium" , indique l'intéressé avec une certaine assurance. "Sur 100 m, Erik Wijmeersch et Kristof Beyens ne sont pas invincibles. Le premier, je l'ai tenu en respect pendant 85 mètres en début de saison avant de me crisper sur la fin, ce qui reste mon gros défaut. Avec lui, ça dépend d'un jour à l'autre. Ce qui m'énerve, c'est que chaque année, il dit qu'il arrête et qu'il est toujours là ! (rires). Quant au second, il disputera son premier 100 m de l'année et, dans ces cas-là, les choses ne se passent pas toujours comme on veut. Je crois qu'une surprise est possible !"

Sertisseur de diamants

À la recherche d'un premier succès majeur, Jean-Marie Louis ne veut toutefois pas brûler les étapes, appréciant déjà le chemin parcouru. "J'ai commencé à faire de l'athlé à dixsept ans et à en faire... sérieusement à dix-huit ans et demi , s'amuse-t-il. Depuis lors, les chronos n'ont cessé de baisser. Voici deux ans, Roger Lespagnard a accepté de devenir mon entraîneur et j'ai fait de gros progrès. J'ai encore gagné un dixième sur 100 m depuis le début de la saison et, sur 200 aussi, je m'améliore, avec un record à 21.11 établi lors des Interclubs. Soit un gain de sept dixièmes..."

"À mon sens, Jean-Marie a les qualités pour devenir un grand sur 200 m , explique Roger Lespagnard. Sa taille (1,76 m, 66 kg) devrait théoriquement moins le handicaper sur le demi tour de piste. Ceci dit, c'est un athlète qui court juste : il a l'intelligence du geste, il comprend vite, il a une bonne élasticité de jambes et il est costaud. Mais il a encore beaucoup de chemin à faire au niveau du volume de travail, ce qui n'a pas l'air de l'effrayer. C'est bon signe !"

Plutôt réservé, le sprinter liégeois, qui a la particularité d'avoir du sang jamaïcain par sa maman, espère qu'on lui offrira rapidement un statut d'élite. Diplômé en bijouterie (il est sertisseur de diamants), Jean-Marie Louis officie actuellement comme indépendant dans le quartier Outremeuse de la Cité Ardente où son père, qui porte le même prénom et qui est horloger de profession, lui a d'ailleurs fait une belle place dans la vitrine de son magasin. En attendant, ce diamant que l'on s'attelle à dégrossir rêve d'un premier coup d'éclat dans le stade où tout a commencé pour lui.



© La Dernière Heure 2008