Jeu de Balle

Dans un monde ballant impitoyable, il est des situations qui font plaisir à voir. Comment, en effet, ne pas mettre en exergue l'excellent début de saison d'Ogy qui fait la course en tête en compagnie de... Kerksken?

La saison dernière, les Lessinois n'avaient guère brillé à domicile et entendaient améliorer cette statistique en 2018. Après avoir dû batailler face à Acoz, Arnaud Dubart et les siens ont soigné leur prestation contre un Isières doutant. Résultat? Deux victoires face à une assistance de connaisseurs plus qu'intéressante. «Au coup de sifflet final mardi, j'ai vu des supporters en pleurs se précipiter vers les joueurs pour les remercier. Je peux vous dire que cela rend fier», témoigne Corentin Wattier. «Rien qu'à en parler, j'en ai la chair de poule. Jouer à la balle pour vivre de tels moments, j'en redemande sans hésitation.»

Ogy récolte aujourd'hui ce qu'il sème. Des dirigeants qui mènent leur cluben bons pères de famille, qui mettent leurs joueurs dans de bonnes conditions et qui tentent de conserver au maximum leur effectif intact de saison en saison. Il n'y a pas de miracle. «Honnêtement, alors que l'on constate encore une fois en ce début de championnat les dégâts que causent les bruits de transferts, chez nous, nous sommes placés dans un cocon et l'esprit de groupe s'en trouve renforcé. J'en veux pour preuve note rencontre contre Acoz où nous avons été bousculés mais nous n'avons rien lâché et en avons été récompensés. C'est un pur bonheur de vivre ça. Si vous me demandez si je voudrais changer de club, je vous répondrai du tac au tac que j'aurais du mal à me déraciner d'un club aussi familial où l'on peut donner le meilleur de nous-mêmes sans pression.»

Toujours est-il que la pression se fera ressentir immanquablement si, d'aventure, les Ogyciens poursuivaient sur leur lancée. Le dimanche 13 mai, ils reçoivent un certain Kerksken. Et si, jusque-là, ils restaient invaincus? «Une chose est sûre: nous avons pris conscience que nous pouvons viser autre chose que le point, comme nous le faisions lors de notre première saison en N1 en 2016. C'est dû à la confiance, mais cela ne va pas non plus nous rendre euphoriques. Ce n'est pas aujourd'hui que nous allons parler de Grand-Place. Nous allons continuer notre parcours avec l'humilité qui nous caractérise mais avec une ambition nouvelle. Nous verrons où cela nous mènera dans les semaines à venir. Nous irons ce samedi à Terjoden pour y viser la victoire mais en respectant les Alostois qui ne sont pas l'oiseau pour le chat que l'on prétend. Et dimanche, à Sirault, nous avons une frappe qui peut rivaliser avec les Siraultois.»

Quoi qu'il en dise, Corentin Wattier personnifie en partie la réussite d'Ogy. Le grand-milieu ne cesse de progresser depuis ses premiers pas au sein de l'élite en 2016. L'an dernier, il a échoué derrière William Cassart pour le titre de meilleur jeune mais... «Je ne peux nier que j'ai été un peu déçu d'échouer si près mais j'ai très vite tourné la page pour me concentrer sur l'avenir. Je vais m'atteler à confirmer 2017 et jouer pour l'équipe, principalement. Et puis on verra, mais je n'en fais pas une obsession de cette récompense individuelle. Si elle doit venir, elle viendra. Moi, ce que je veux, c'est qu'Ogy joue encore les playoffs.»