Jeu de Balle

Si son visage arborait un sourire de circonstance après la victoire de Kerksken au tournoi du «Tilburck» ce samedi après midi, la tristesse rattrapait vite Benjamin Dochier au moment évoquer son forfait pour l'Euro de Franeker de la semaine prochaine. En cause? Cette satanée tendinite au tendon rotulien qui ne le lâche pas.

«J'ai vraiment attendu l'extrême limite avant de prendre ma décision, mais il fallait se rendre à l'évidence: le week-end libre du 21 juillet ne m'avait pas permis d'ôter les doutes. La douleur s'estompe mais elle réapparaît rapidement dès que je rejoue. Je l'avais senti lors du dernier entraînement avec l'équipe nationale. J'avais promis de dire quoi à Pierre Bronchart ce jeudi matin avant la présentation de l'équipe le soir.»

C'est finalement le renoncement qui prévalut, mais toutes les options avaient été envisagées. «Effectivement, on avait imaginé que je me réserve pour le Llargues mais en devant livrer tous les deux jeux, ce n'était vraiment pas recommandé. On m'a demandé aussi d'accompagner le groupe mais je me connais suffisamment pour savoir que je ne serai pas dans de bonnes conditions psychologiques pour jouer un rôle de supporter parce que je ne jouerai pas. Je serai évidemment en pensée avec tous mes coéquipiers, et pendant ce temps-là, je vais aller voir un spécialiste pour tenter de faire disparaître cette satanée inflammation. Je gère depuis plusieurs semaines mais je ne peux pas tirer sur la corde indéfiniment. Je risque la rupture du tendon et là, ce sera autre chose que du repos. En demi-finale, la douleur était encore supportable, mais ce n'était plus le cas en finale. Ce sont des signaux dont je dois tenir compte...»

Quant au sacre de Kerksken sur la Grand-Place de Braine-le-Comte, le 13e pour le club alostois et le 11e personnel pour le septuple «Gant d'Or», Benjamin Dochier n'est pas d'accord avec le fait qu'il s'est facilement dessiné. «Thieulain, à l'image de Nico (Becq) et de Tanguy (Metayer), a bien rivalisé à la frappe. La différence s'est en somme marquée dans le tamis où nous avons mieux réussi à livrer dans le jeu que nos adversaires. Sur ce ballodrome spécifique, il faut pouvoir maîtriser le tamis, d'autant plus ce samedi car la qualité de la balle n'était pas suffisante pour livrer plein fond. Je pense que beaucoup de bons livreurs l'ont démontré à leur corps défendant. Ce qui n'était pas le cas en semaine durant les éliminatoires.»

Quinze jours après la victoire au tournoi d'Alost, celle-ci confirme que la saison 2018 de Kerksken est du même tonneau que les précédentes. «Notre philosophie ne change pas. Notre envie de gagner est toujours intacte. Alost et Braine, c'est un beau début. Ces deux victoires effacent notre échec à Mont-Gauthier. Nous montons en puissance de semaine en semaine pour arriver en forme au moment d'aborder les playoffs du championnat.»

On ne doute pas que Kerksken sera à l'heure au rendez-vous...