Jeu de Balle

Avec un point en quatre luttes, on ne peut pas dire que le début de saison de Maubeuge soit une réussite. Jean-Philippe Nalenne, le grand argentier des Nordistes, est conscient que le championnat va être long mais espère que ses joueurs vont redresser la barre. Entretien.

Jean-Philippe Nalenne, vous aviez rêvé un meilleur début de saison pour Maubeuge, évidemment.

«Sur papier, je pensais avoir un effectif qui pouvait faire des étincelles, mais il faut bien admettre que depuis quelques saisons, nous ne sommes guère épargnés par les blessures. Laurent Di Santo souffre du genou. C'est un combattant. Il se soigne et j'espère bien qu'il pourra revenir à une meilleure condition le plus vite possible. Lundi, Geoffrey Frébutte nous a fait part du résultat d'une radiographie: il souffre d'une fêlure à un os de sa main. Il joue avec ce mal depuis quelque temps. Résultat: il doit rester trois semaines à un mois sans compétition. Il est clair que dans ces conditions, nous ne pouvons écarter le spectre de la relégation.»

Nous ne sommes cependant qu'au début de la compétition. Tout peut encore changer...

«C'est clair qu'il ne faut pas baisser les bras, même si, actuellement, c'est difficile dans ces conditions. C'est vrai que nous manquons d'un patron sur le jeu pour remonter le moral des troupes dans les moments délicats, mais il faut prôner l'union sacrée entre les joueurs et le comité.»

Maubeuge tente de retrouver sa splendeur d'antan. Vous ne vous découragez pas par moments?

«Je ne peux cacher une certaine lassitude. La flamme est encore allumée mais son intensité diminue. Je veux malgré tout encore y croire. Paradoxalement, nos finances ne se sont jamais portées aussi bien. Nous avons payé nos arriérés aux joueurs à qui l'on devait encore quelque chose. Nous avons retrouvé une virginité à ce niveau.»

Mais il est difficile d'attirer encore des joueurs sur la place des Minières, vu les faibles assistances autour du ballodrome.

«On ne petit le nier, en effet. Nous sommes devant un cercle vicieux. Pour avoir du public, il faut des résultats et pour obtenir des résultats, il convient d'avoir de bons joueurs.»

Et par-dessus tout, on vient d'apprendre le décès, à l'âge de 78 ans, de Jean-Claude Decagny, l'ancien maire qui avait fait beaucoup pour la balle pelote à Maubeuge...

«C'est une grande perte dans la région. Il était à la base de la présence de la Paume en nationale 1, à laquelle le club avait accédé en 1999 avant d'être champion en 2001. C'était la grande époque. Il y avait un Maubeuge – Charleroi en guise de première lutte devant 800 spectateurs. Il faut dire qu'à ce moment-là, il y avait dix grands joueurs sur le terrain. Mais il ne faut pas être nostalgique.»