Jeu de Balle

«On dirait qu'ils sont champions», lançaient certains supporters de Kerksken au coup de sifflet final de l'arbitre Fabian Peltier. Pas habitués à perdre, ils ne pouvaient évidemment pas comprendre que battre Kerksken procure toujours une joie immense au sein de l'équipe qui parvient à signer cette performance, fût-il un ténor comme Thieulain.

«On ne s'attendait pas vraiment à battre Kerksken», confiait Nicolas Becq. «Notre but était de prendre les six jeux indispensables le plus vite possible. C'est la première fois que nous débutons bien contre Kerksken, puis ils reviennent et nous, on a eu un peu de mal à les accrocher en première période. On n'était pas très tranquillisés avec ce 4-7 à la pause mais à la reprise, il y a eu comme un déclic et tout est devenu plus facile.»

Surtout une fois le point acquis, on a senti un sentiment de délivrance. «On a surtout perçu que Kerksken ne tournait pas comme d'habitude aujourd'hui. Benja (Dochier) n'était pas au top de sa forme. On jouait jeu par jeu et on s'est dit que tout était possible. On y croyait vraiment à ce moment-là.»

Mais quand exactement, Thieulain a-t-il pensé que la victoire était à portée de gant? «Quand nous sommes revenus de 4-8 à 8-8. Là, Christophe (Monnier) a tenté de calmer le jeu (NdlR: il est allé aux toilettes), car il sentait bien que la lutte basculait. Ce qui m'a surtout frappé, c'est le manque de punch de Benjamin à la frappe, plus que son tamis où, en définitive, il a foiré son dernier tour de livrées.»

Nicolas Becq a fait coup double: artisan de la victoire, il s'est aussi rappelé au bon souvenir de tous au poste de foncier. «Samedi, Guillaume (Dumoulin), près 2-3 trois jeux contre Grimminge, m'a invité à prendre sa place car cela n'allait pas. Normalement, il avait été prévu qu'après la lutte contre Kerksken, je retrouve mon poste au fond; mais il a préféré anticiper ce dimanche. J'avoue que je nourrissais quelques craintes car je savais que contre les livreurs de Kerksken, j'allais être sollicité. Je me suis dit que c'était une lutte comme les autres et que je devais la jouer sans me poser de questions.»

Très entouré et congratulé, Nicolas Becq est redevenu le «King». Animé d'un sentiment de revanche? «Honnêtement, aucun. J'aimerais souligner que si nous avons gagné, c'est parce que nous avons formé un bloc à six. Et c'est comme ça que nous devons continuer à jouer pour remporter le plus de victoires possible. Personnellement, je suis évidemment très heureux de ma prestation, mais tout le reste est oublié, à commencer par cette période de transferts.»

Si, foncièrement, cette victoire ne changea rien en terme mathématique, elle donnera un adjuvant moral à Thieulain. «Tout le monde disait que Kerksken n'était prenable qu'en sept jeux. Nous avons réussi à prouver le contraire. A nous d'en profiter. Nous gommons quelque peu notre mauvais début de saison, mais notre objectif est de retrouver cette deuxième place au classement qui est la nôtre depuis deux saisons maintenant. Maintenant, ce serait bien d'aller à Baasrode pour également effacer ce 5-13 d'il y a un mois.»

Un Samuel Brassart admiratif

En face, Samuel Brassart ne se cachait pas derrière de vaines excuses pour expliquer cette défaite. Au contraire... Le Gant d'Or en titre admettait que cette défaite était la suite logique des dernières prestations d'un niveau moindre. «C'est vrai que nous jouons actuellement plus en dents de scie, même s'il ne faut pas oublier qu'on a très peu abandonné de points au premier tour. Thieulain mérite amplement sa victoire aujourd'hui. Le potentiel, ils l'ont. Nicolas Becq a fait une lutte exceptionnelle, de bout en bout. Mais quand je vois qu'en ayant moins bien joué, on arrive à prendre dix jeux, c'est encourageant. Les spectateurs ont vu une belle lutte. C'est l'essentiel. On a vu quelques beaux coups; c'est important pour la balle pelote.»

On perçoit un peu de fatigue dans le chef de certains, alors que Benjamin Dochier arbore une genouillère. «Il a un petit soucis au genou. On a encore quelques luttes en juin puis ce sera plus light sur juillet et en août en championnat. Comme toujours, on sait qu'il faut être prêt en septembre pour les playoffs. L'on se soignera pour s'y présenter au top.»

On ne s'inquiète donc pas après cette défaite. «Moi, je ne m'inquiète pas mais c'est sûr qu'on devra hausser notre niveau de jeu au moment voulu. Pour le reste, ce revers ne change rien à la situation. Et il n'aurait rien changé non plus si nous avions gagné.»