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Les Jeux olympiques (JO) d'hiver débutent dans une dizaine de jours à PyeongChang en Corée du Sud. Les préparatifs vont donc bon train dans les différentes délégations et l'agitation grandit, précisément dans la péninsule coréenne où l'on s’attelle à mettre sur pied une équipe de hockey sur glace binationale.

On sait depuis le début du mois que la Corée du Nord participera aux 23e olympiades d'hiver, organisées cette année chez le voisin du Sud. Plus précisément, l'accord comporte la mise sur pied d'une équipe féminine unifiée de hockey sur glace. Une annonce qui a surpris, mais qui constitue le fruit des efforts de Séoul pour se servir des JO dans le but d'apaiser les tensions sur la péninsule et qui se veut le catalyseur d'une reprise de dialogue entre les deux Etats, alors que les tensions avaient de nouveau atteint un climax au cours des derniers mois.

Pourtant, c'est bien à un problème de communication que se heurtent en ce moment les hockeyeuses coréennes, comme le rapporte ce lundi la presse du Sud.

Un lexique distinct en raison d'une évolution du langage différente

Actuellement occupée à s'entraîner en vue du début du tournoi qui débute le 10 février prochain, l'équipe unifiée, composée de 23 Sud-Coréennes et 12 Nord-Coréennes, qui ont franchi la semaine dernière la Zone démilitarisée, se heurte à des obstacles inattendus. En raison de sept décennies de séparation quasi totale depuis la guerre de Corée (1950-53), d'absence de contacts entre citoyens ordinaires du Nord et du Sud, la langue jadis commune a évolué différemment. Avec pour conséquence, un lexique sportif qui varie grandement de part et d'autre de la frontière.

Si les deux Corées partagent toujours le même système d'écriture, le Hangul, alphabet développé au 15e siècle pour remplacer les caractères chinois, le développement séparé des deux Corées s'est traduit par un développement distinct du langage. Dans le Sud capitaliste, les hockeyeurs ont adapté les sons de l'anglais pour les termes sportifs.

Le patinage, "skating" en anglais, est devenu "seu-ke-ee-ting" et le "t-push", technique défensive d'un gardien, s'est mué en "tee-pu-sh".

Au Nord, les sportifs ont, quant à eux, inventé leurs propres mots, le patinage étant qualifié de "apuro jee chee gee", tandis qu'un "t-push" est un "moonjeegee eedong", soit, littéralement, le "geste d'un gardien".

© AFP
 Une ébauche de vocabulaire commun aux joueuses et à l'entraîneuse canadienne

Pour surmonter d'éventuels problèmes de communication, les autorités sportives sud-coréennes ont dressé une liste de tout ce vocabulaire et l'ont distribuée aux joueuses avant leur premier entraînement qui s'est déroulé ce dimanche.

La liste comprend aussi la prononciation anglaise de termes nord-coréens, apparemment à l'intention de Sarah Murry, l'entraîneuse canadienne des Sud-Coréennes.

Il s'agit d'"aider les joueuses à comprendre", a déclaré au quotidien Chosun un responsable de l'Association coréenne de hockey sur glace (KIHA). "Mais les gens sont toujours en phase d'apprentissage, alors on entend un patchwork de mots des deux côtés durant l'entraînement."

Pour s'assurer de l'efficacité de cette solution, les hockeyeuses coréennes affronteront la Suède dimanche prochain en match de préparation, avant leur entrée dans la compétition prévue six jours plus tard.