JO - Team Belgium

Bart Swings est revenu de loin et a disputé un Mass Start magnifique pour aller chercher l’argent. Interview.

La nuit de vendredi à samedi a été la pire de la vie de Bart Swings. « Je n’arrivais plus à m’endormir à partir de 5 heurs du matin. » Celle du lendemain sera l’une des plus heureuse qu’il a jamais passée. « Et je pense que j’aurais ma médaille avec moi dans le lit », sourit le patineur.

Il n’arrivait pas à se rendre compte de ce qu’il se passait. « C’est incroyable », lance-t-il avant de souffler un grand coup les yeux encore pleins d’émotion.

Visiblement, vous n’avez pas encore réalisé...

« Non, je n’arrive pas à me rendre compte. J’ai attendu ça depuis si longtemps. Ces dix derniers jours ont été très longs. J’ai beaucoup discuté de tout ça avec Jelle (NdlR : Spruyt, son coach) au long de la semaine. On a fait différents scénarios, on imaginait comment ça pourrait se passer. »

Vous osiez penser à la médaille ?

« Elle m’a traversé l’esprit à de multiples reprises cette semaine mais j’essayais de ne pas y penser. Je savais que je devais faire mon truc, contrôler la course. »

Et vous l’avez fait à la perfection !

« Elle n’était pas très rapide et j’avais peur des gars les plus costauds au sprint. Je me suis senti super frais, j’étais parfait à l’entraînement et je sentais que ça pouvait le faire. J’étais en train de me demander quand ils allaient partir car ça me stressait. Ils ne l’ont pas fait. J’attendais pour pouvoir lancer mon sprint. Je me disais que si personne ne partait, j’allais l’avoir dans l’os. Je pars d’habitude à 500 mètres du finish, là j’ai tout lancé à 700 mètres, j’étais ultra-frais et je ne pouvais plus attendre. Je sais que j’ai un bon sprint et que je peux sprinter longtemps. Lee était juste plus fort que moi. Je suis presque parvenu à faire le jump à la fin mais il était au-dessus. J’ai fait au mieux. »

Qu’avez-vous ressenti en montant sur le podium ?

« Je n’y croyais pas et j’ai encore du mal. »

La course résume-t-elle vos qualités de patineur complet autant au niveau de la vitesse et de l’endurance que de l’intelligence ?

« Peut-être, même si, par exemple, je n’avais jamais tenté un départ à 700 mètres et voilà que ça me permet de prendre une médaille. Ce sont les JO, ça se passe différemment ici. »

Vous êtes arrivé en finale dans des conditions idéales...

« Je ne m’attendais pas à une demi-finale aussi facile. Le virage intérieur est souvent un problème pour moi mais j’ai vraiment bossé là-dessus ces dernières semaines. Ca a payé, j’ai vraiment géré ça à la perfection et ça m’a permis de me qualifier plus facilement que prévu. »

Il y avait des attentes énormes à votre sujet. Avez-vous ressenti cette pression ?

« Il y en avait. Et surtout vu la petite vitesse de la compétition, j’ai eu le temps de réfléchir à ce que je devais faire. J’ai décidé de faire confiance à mon instinct. »

Il y a 20 ans, Bart Velkamp, un Néerlandais naturalisé, était médaillé de bronze. La dernière médaille d’un athlète né en Belgique date de 1948. Vous rendez-vous compte que vous avez écrit l’histoire du sport belge aujourd’hui ?

« C’est une date importante oui. Et c’est aussi l’anniversaire de ma sœur. (rires) ça rend la journée une peu plus chouette. J’ai aussi eu mon anniversaire aux JO (NdlR : le 12 février) et on me demande toujours si je me fais un cadeau. Cette année, il est vraiment beau. Même s’il est arrivé 12 jours plus tard. »

C’est le plus beau cadeau de votre vie ?

« Bien sûr. Et il n’est pas que pour moi, mais pour tout ceux qui m’ont aidé et soutenu. C’est cliché, désolé, mais c’est vrai. J’ai toujours réussi à aller de l’avant malgré deux années difficiles. J’en suis récompensé. »

Cette année a été très compliquée pour vous. Ca rend la médaille encore plus belle ?

« Oui ca fait encore plus de bien. Ca prouve que j’avais raison de ne jamais douter de moi. J’ai toujours cru en mes capacités. Ca n’a pas toujours été facile mais ce n’est pas arrivé pour rien. »

C’est aussi une réponse à ceux qui pensaient que vous n’alliez pas réussir ?

« Oui un peu mais je patine pour moi, pas pour les critiques. Je comprends les doutes. J’aurais aimé être en croissance constante depuis Sotchi mais c’est le sport, ce n’est pas toujours facile. Ici, j’ai eu un peu de mal en début de saison mais je suis arrivé en forme dans les temps. »

Sauvez-vous un peu les Jeux des Belges ?

« J’étais occupé avec mes JO. Nous avions des opportunités dans d’autres sports mais parfois, les choses ne se mettent pas comme prévu. Comme pour Seppe Smits. J’ai eu la chance que tout se passe parfaitement pour moi. »