Kévin Borlée : “Je ne cherche pas à écrire l’histoire”

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Kevin Borlée estime qu’il n’y a rien de plus beau qu’une médaille olympique


TALLAHASSEE Depuis des mois, Kevin Borlée se contente d’observer avec détachement l’évolution de ses rivaux. Après avoir zappé toute la saison indoor , le médaillé de bronze des Mondiaux 2011 et champion d’Europe 2010 va reprendre le collier ce week-end avec son frère et leurs copains du 4x400m.

Kevin, comment vous sentez-vous ?

“J’ai une incroyable envie de courir. Le temps devient très long. On voit que tous les autres ont déjà repris, alors, on veut s’y mettre nous aussi. Mais je reste lucide, il y a un plan de marche à respecter. On n’a pas envie de brûler les étapes. Et, que je sache, ça ne m’a pas trop mal réussi ces dernières années. On a pu s’entraîner de manière très poussée. Donc, je crois que je suis bien mais il faut pouvoir se tester en compétition. Car, là, je manque de repères et c’est normal. Le début de saison va donc permettre de se jauger et de voir ce qu’il faut ajuster.”

Certains ont déjà claqué de gros chronos. Que cela vous inspire-t-il ?

“Pas grand-chose. Rooney a déjà couru en 44.92. C’est très rapide mais c’est aussi très tôt dans la saison. Je pense simplement que lui vise avant tout l’Euro et qu’il veut enchaîner les courses après avoir accumulé les blessures l’an dernier.”

Il n’empêche, entre l’Anglais qui frappe fort d’entrée de jeu et le Costaricain Brenes qui gagne les Mondiaux en salle, cela annonce de nouveaux rivaux.

“Ce n’est pas une surprise. Chaque année olympique, des coureurs explosent ou reviennent au premier plan. Et puis, il y a une telle densité sur 400 m que l’on peut s’attendre à de très gros chronos avant les Jeux.  Mais il faudra voir combien garderont la forme jusqu’à Londres. Brenes, par exemple, il est là depuis le début de l’année. Je suis curieux de voir s’il tiendra le coup sur la durée.”

Y a-t-il un ou plusieurs favoris pour le titre olympique ?

“Pour moi, LaShawn Merritt est le grand favori. Il aura à cœur de défendre son titre olympique. À Daegu, il aurait dû gagner s’il n’avait pas fait une erreur dans les dix derniers mètres. Et il revenait seulement de suspension. Maintenant, il peut faire une saison complète. Quant à Kirani James, je ne m’inquiète pas de ses Mondiaux indoor ratés, il sera là. En revanche, je ne suis pas convaincu que Jeremy Wariner va pouvoir revenir sur le devant de la scène. C’est un grand champion mais les sélections américaines seront sans pitié.”

L’an dernier, votre papa nous avait dit que Jonathan et vous visiez les deux premières places...

“Mais quand on prend part à une course, c’est toujours dans le but de la gagner, non ? Jonathan et moi n’allons pas dire ‘On va gagner’ mais c’est pour cela que l’on court. Si on peut aller tous les deux en finale, comme à Daegu, ce sera idéal. À ce stade-là, ce sera très ouvert.”

Avez-vous conscience que si vous décrochez une médaille olympique, après l’or européen et l’argent mondial, vous entrerez dans l’histoire ?

“Je n’ai jamais fait attention à tout ça. Je ne cours pas pour marquer l’histoire mais pour aller le plus vite possible. Bien sûr, si une médaille olympique vient couronner ma saison, je serai aux anges. Rien n’a pas plus de valeur pour un athlète. Cela fait quatre ans que nous travaillons dur pour cela et c’est notre but. Reste que si je finis quatrième en battant le record de Belgique, je ne pourrai pas faire la fine bouche.”



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