Autres sports Après près de dix ans d’absence, l’équipe nationale renaît enfin de ses cendres

Longtemps parent pauvre de la fédération belge de natation, la section water-polo n’a jamais suscité l’aura de son grand frère, pourtant très représentative sur la scène internationale, ne fût-ce que par le nombre de ses athlètes sélectionnés pour les JO ou les championnats d’Europe et du Monde. Mais les mentalités évoluent…

Après quelques atermoiements avec la nomination de l’Espagnol Gabriel Hernandez qui prit, in fine, en charge l’équipe nationale des U17 et l’équipe féminine, certains changements de responsabilités au niveau des cadres de la fédération provoquèrent une prise de conscience. Déjà pressenti quelques semaines plus tôt, la fédération a entériné le choix de Dan Balanov, entraîneur-joueur cette saison encore du Brussels, pour mettre sur pied une équipe nationale, histoire de suivre la trace de leurs illustres aînés. Dan Balanov nous trace le chemin parcouru en quelques mois.

"Les dirigeants, Wouter Georges et Mike Sarrazijn, m’ont contacté début février pour me proposer le poste et j’ai accepté le challenge. Les choses se sont mises en place progressivement avec une première sélection de 40 poloïstes pour enchaîner avec un groupe de 25 joueurs lors des premiers matches amicaux face à Douai, Mouscron et l’Angleterre en mars dernier. La participation au tournoi de Prague symbolise déjà le renouveau du water-polo. C’est une étape qui, je l’espère, trouvera son prolongement lors des deux années à venir. À terme, nous visons une participation aux qualifications pour les championnats d’Europe qui se déroulent tous les deux ans. Pour cette édition, c’est trop tard mais nous comptons bien être présents pour l’édition 2020 avec les qualifs en 2019."

Reste aux dirigeants à poursuivre le bel élan qu’ils ont initié et qui se retrouve parmi les joueurs qui ont hâte de porter à nouveau les couleurs nationales.

Pour ses retrouvailles avec le haut niveau, notre équipe nationale défiera, à Prague, l’Afrique du Sud, Singapour, le pays de Galles et l’Irlande. Du solide pour les hommes de Dan Balanov qui s’appuieront sur les anciens et trentenaires Thomas Delorge, Michael Deboever, Michael Callens, Sammy Claes pour entourer les jeunes pousses, gage du renouveau de l’équipe nationale...

Callens et Delorge, les anciens...

Le Mouscronnois Michael Callens et le Courtraisien Thomas Delorge étaient déjà de la partie en 2009 lors des derniers matches officiels de l’équipe nationale au tournoi de Limerick en Irlande. Le Hurlu s’en souvient comme si c’était hier. "C’est un excellent souvenir puisque nous avions remporté le tournoi. C’est donc avec pas mal d’émotion que nous retrouvons l’équipe nationale près de dix ans plus tard et hasard du destin, nous retrouverons les Irlandais sur notre route à Prague. Depuis deux mois, nous avons repris le chemin des entraînements avec nombre de jeunes joueurs que nous chapeauterons pendant nos cinq matches. Cela sera certainement de beaux moments sportifs, empreints aussi de convivialité. L’envie se lit sur tous les visages des poloïstes. Et de l’envie, il en faut quand on connaît les sacrifices que ce sport exige au quotidien." On retrouve le même état d’esprit chez Thomas Delorge. "Avec les anciens, nous nous mettrons au service du collectif pour recouvrer peu à peu nos sensations... dix ans plus tard."

Pour faire revivre un passé légendaire

Si la Belgique et son équipe nationale retrouveront enfin le chemin des piscines olympiques sur la scène internationale, il faut remonter aux calendes grecques pour trouver trace des exploits de nos poloïstes en dehors de nos frontières. En 2002, la Belgique participa aux championnats d’Europe B et y décrocha la sixième place. Cela fait donc plus de 15 ans que nos poloïstes sont absents de toutes compétitions officielles. Si aujourd’hui, le fossé est énorme avec les pays phares du water-polo mondial pour espérer une qualification pour les JO ou les Championnats du Monde, la Belgique fut longtemps la dernière équipe nationale (jeu de balle) à décrocher une médaille aux JO (1936) jusqu’à la médaille d’argent de nos hockeyeurs en 2016. Pour mémoire, l’équipe nationale décrocha six médailles aux JO (dont trois médailles d’argent en 1900, 1920 et 1924), toutes remportées dans la première moitié du vingtième siècle, ainsi que trois troisièmes places aux Championnats d’Europe.