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Rétro 2008 - Première nation avec 100 médailles, dont 51 d'or...

BRUXELLES La Chine a abordé ses Jeux de Pékin avec d'énormes ambitions pour les terminer sur un bilan grandiose, première nation au tableau des médailles, malgré les déficits dans les disciplines reines comme l'athlétisme et les critiques concernant la préparation de ses sportifs. Pour la première fois depuis son retour aux Jeux, en 1984, à Los Angeles, la Chine a donc surpassé les États-Unis au nombre de titres, en dépit des pronostics de très nombreux experts.

Avec 100 médailles, dont 51 d'or contre 36 aux États-Unis qui affichent un total de 110 podiums, la suprématie chinoise est précieuse pour des autorités en quête de reconnaissance. Comme elle le fut autrefois pour l'URSS, ancêtre de la Russie, déchue de son statut de meilleur rival des Américains.

Au soir de la clôture , le PC et le gouvernement ont ainsi adressé un message aux héros : "La mère patrie et le peuple sont vraiment fiers de vous qui avez remporté une immense gloire pour votre pays et votre peuple." Sans surprise, les Chinois ont brillé dans leurs disciplines de prédilection comme le tennis de table (4 titres sur 4 !), le badminton, l'haltérophilie et le plongeon.

Mais c'est dans des sports moins coutumiers pour eux que les Chinois ont opéré la différence : le beach-volley, l'escrime, le tir à l'arc, la voile ainsi que la... natation avec un doublé de parfaites inconnues sur 200 m papillon féminin qui a suscité quelques commentaires dans un sport où le pays ne brillait guère jusqu'alors.

Sans parler de la gymnastique où la Chine a raflé la bagatelle de neuf des quatorze médailles d'or au milieu d'accusations de falsification sur l'âge d'une gymnaste doublement titrée, celle-ci étant prétendument âgée de 16 ans alors qu'elle en aurait 14. L'unique regret du pays hôte fut à la hauteur de ses espoirs : énorme. Seul Chinois à endosser le statut de favori en athlétisme, Liu Xiang n'a pas pu défendre ses chances sur 110 m haies, blessé avant la course et contraint, alors, au forfait.

Ce fut le seul bémol sportif à un bilan sidérant. Pour en arriver là, les Chinois avaient travaillé dur depuis l'attribution des Jeux, sept ans plus tôt, afin de créer une élite sportive dans presque toutes les disciplines. Quitte à soulever des soupçons sur l'usage de méthodes controversées, tels l'embrigadement précoce d'enfants champions entraînés à la dure et le recours au dopage... La Chine doit apprendre à vivre avec ces doutes.



© La Dernière Heure 2008