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Champ. du Monde Taekwondo. La Montoise à la tête d'une délégation forte de sept compatriotes du 18 au 22 mai, à Pékin

BRUXELLES En la voyant, on a vraiment du mal à croire que cette fille charmante puisse pratiquer un sport de combat où les coups se donnent avec les pieds et se parent avec les mains. Mais les apparences sont parfois trompeuses. De fait, Laurence Rase sait visiblement ce qu'elle veut dans la vie. La preuve par son périple sportif, mais aussi par son parcours scolaire. Née le 4 avril 1977, à Mons, Laurence n'a pas hésité, à l'âge de 19 ans, à quitter la Cité du Doudou pour... Anvers où elle pensait pouvoir mieux concilier études et sport de haut niveau. "Je suis licenciée en Sciences politiques ! lance-t-elle d'emblée. Des études que j'ai commencées à Mons et poursuivies à Anvers où, une fois Sciences Po fini, j'ai enchaîné avec le Droit, dont j'ai suivi les deux candis à Anvers avant de déménager à Liège. Aujourd'hui, je suis en dernière année à l'ULG où je n'ai plus que deux examens à passer pour décrocher mon diplôme. En fait, mes pérégrinations scolaires ont été dictées par l'évolution de ma carrière sportive. J'ai débuté le taekwondo à 14 ans, dans la foulée de mon frère Alain et de ma soeur Margaret. Ma mère insistait pour que ses deux filles sachent se défendre. Le taekwondo, qui signifie pieds-poings-esprit, est plus qu'un sport de combat. C'est un art martial avec ce que l'acception comporte, c'est-à-dire où les notions de self-défense et de self-contrôle sont primordiales. Et il faut croire que je l'avais dans le sang puisque, après à peine deux ans de pratique, je prenais déjà part à des compétitions sur le plan international..."

C'est au Rigam , à Mons, que Laurence a débuté avant de plier bagages pour Anvers, pendant cinq ans, et, aujourd'hui, se retrouver au Hannut Educ Sport , l'un des plus gros clubs francophones, sinon belges. "C'est là que je m'entraîne le plus souvent. Je suis très casanière. Je ne quitte donc la Belgique que lorsque j'y suis vraiment contrainte. Mais je ne pars jamais très loin. Mes stages à l'étranger ? Tout au plus ont-ils lieu aux Pays-Bas ou en Espagne. La Corée du Sud ? J'ai assez donné ! En fait, je me suis constitué une cellule qui veille à ma santé physique et mentale. Il y a Eric Calu, mon entraîneur; Eric Lambert, mon préparateur physique; Hélène Streel, ma kiné; Philippe Godin, mon préparateur mental. A ne pas négliger car, en taekwondo, si on frappe avec les pieds, on gagne avec la tête ! Et puis, il y a également le Dr Stevens..."

En se qualifiant pour les Jeux d'Athènes, après avoir craint le pire en raison d'une fracture du quatrième métacarpien de la main droite, Laurence a accompli un rêve, elle qui avait manqué les Jeux de Sydney suite à une erreur administrative. "Au tournoi de qualification mondiale, j'avais été inscrite en -49 kg alors que je combats en +67 kg ! se souvient-elle. Par après, je n'étais pas parvenue à me classer en ordre utile lors du tournoi de qualification européen... Ma chance était passée ! J'ai donc tout misé sur Athènes 2004, mais le rendez-vous olympique n'a pas répondu à mon attente."

Discipline sportive pratiquée dans plus de 150 pays de par le monde, le taekwondo, sport national en Corée du Sud comme le judo l'est au Japon, comprend huit catégories de poids, tant chez les hommes que chez les femmes, réduites à quatre lors des Jeux Olympiques afin de limiter le nombre de participants. A raison de seize taekwondokas par catégorie, ils seront 128, l'an prochain, à Pékin.

Championne d'Europe en titre

En attendant, il faudra se qualifier pour les Jeux, non pas à l'occasion des Championnats du Monde qui ont lieu cette semaine, mais lors des deux tournois de qualification, en septembre, à Manchester (mondial), et, en janvier, à Istanbul (européen).

Médaillée de bronze au Mondial 2005, à Madrid, et... championne d'Europe l'an dernier, à Bonn, Laurence a aligné les podiums cette année, décrochant l'or aux Etats-Unis, le bronze aux Payx-Bas et l'argent au récent Open de Belgique. Autant de bons résultats qui lui permettent d'envisager l'avenir avec optimiste, elle qui est encore aujourd'hui notre meilleure ambassadrice de la discipline...

Seule Belge en 2004, aux Jeux d'Athènes, Laurence Rase est accompagnée de six compatriotes (tous francophones), cette semaine, à Pékin. Aucun doute, ce sport a de l'avenir en Belgique ! Et il le doit vraiment à une fille pas comme les autres.



© La Dernière Heure 2007