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Ces derniers jours, son nom et son portrait avaient disparu de l'affiche du gala de Charleroi programmé ce samedi 16 décembre. 

Alex Miskirtchian, battu aux points par le Mexicain Juan Ocura le 21 octobre dernier à Andenne (une défaite qui pourrait se transformer en no contest s'il se confirme que son adversaire a été contrôlé positif), avait besoin de réfléchir à son avenir sur les rings. Son choix est désormais arrêté : sa carrière ne reprendra pas.

Une décision certes toujours difficile à prendre mais que l'on sentait un peu venir après deux années difficiles marquées par une expérience américaine ayant tourné court et par un échec dans la conquête du titre IBF Intercontinental en Roumanie. Passé en super-plumes, le papa de deux enfants a tenté ces derniers mois de relancer sa carrière, proclamant son ambition d'atteindre à nouveau les sommets européens. Mais différents facteurs, dont la perte annoncée de son contrat à l'Adeps, l'ont aujourd'hui conforté dans la conviction que le moment était venu de raccrocher les gants. Avec un beau palmarès de 28 victoires, 6 défaites et 1 nul.

"Il faut prendre cette décision un jour ou l'autre, même si ce n'est pas facile", nous confie-t-il. "Je n'ai plus le feu sacré et c'est lié, je pense, au fait que j'ai fait le tour de la question dans ce milieu de la boxe. A part Stéphane Jamoye, que je respecte, qui d'autre peut se vanter d'avoir disputé un championnat du monde ? Franchement, je n'ai plus rien à prouver ! Et je suis en paix avec ma décision. Place aux jeunes ! On va voir ce qu'ils ont dans le ventre..."

Arrivé en Belgique à l'âge de 15 ans en tant que réfugié politique, le natif de Tbilissi, en Géorgie, est passé professionnel en 2005. Alex Miskirtchian a conquis la ceinture de champion de Belgique en 2009 et c'est au cours de la même année qu'il a percé sur la scène internationale en décrochant le titre de l'Union européenne face à Osman Aktas. Entraîné par son ami Arman Soukasyan, il enchaînera avec la conquête de la ceinture WBC International en 2010 mais le véritable détonateur de la carrière de ce guerrier des rings restera sa victoire en France sur Sofiane Takoucht, le champion d'Europe de la catégorie, en septembre 2011. Un coup de maître qui lui permettra de défendre la ceinture EBU à deux reprises, face à Philippe Frenois à Charleroi ( victoire aux points) et face à Andreas Evensen en Norvège (K.-O. technique). Après un nouveau succès face à Takoucht, la chance mondiale tant attendue se présentera enfin le 31 mai 2014, date à laquelle Alex Miskirtchian – quatrième Belge de l'après-guerre à atteindre ce niveau - disputera à Macao le championnat du monde IBF. Ce jour-là, le Dinantais passera à un souffle de l'exploit après avoir mis au sol le Russe Evgeny Gradovich dans la 6e reprise. Le point d'orgue d'une carrière riche en moments forts et qui s'achève donc aujourd'hui.

Récompensé du Gant d'Or à deux reprises, Alex Miskirtchian rejoint de l'autre côté des cordes Stéphane Jamoye, autre boxeur belge marquant de ces dix dernières années qui a raccroché au mois d'octobre, et Ermano Fegatilli, qui fut sacré champion d'Europe en même qu'eux. C'est une sacrée page de la boxe belge qui se tourne...

"Je tiens à remercier mon manager Alain Vanackère et mes amis Arman et Rudy, qui m'ont toujours soutenu au cours de ma carrière", souligne Alex Miskirtchian. "Et bien entendu ma maman, ma femme et mes enfants, qui ont connu les moments de gloire comme les périodes beaucoup plus difficiles, ainsi que mes amis proches. Maintenant, c'est une nouvelle vie qui commence pour moi..."