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Médaillée de bronze aux Mondiaux, Nina Derwael termine sa saison en grande pompe.

À 17 ans, Nina Derwael est devenue samedi soir la première Belge à remporter une médaille à un Championnat du Monde de gymnastique artistique. Tous les supporters belges l’espéraient, ses coachs la savaient capable et elle, elle en rêvait !

"Je suis tellement contente", s’est-elle empressée de dire après sa compétition. "Je rêvais d’une telle victoire depuis que je suis petite. Ce que je ressens est difficilement descriptible."

Passée en deuxième position lors de la finale aux barres asymétriques, la Belge a dû attendre la prestation des six gymnastes suivantes avant de savoir si elle faisait partie du trio mondial. "Devoir attendre que toutes les filles passent après moi a été terrible", a reconnu Nina Derwael au micro de Sporza. Même si la plus haute marche du podium n’était pas loin, la Limbourgeoise peut rester très fière de sa performance : avec 15,033 pts, elle a battu son record personnel… et est entrée dans l’Histoire de la gymnastique devenant la première Belge à décrocher une médaille mondiale. Auparavant, seul Donna-Donny Truyens avait réussi à se qualifier à une finale par agrès, en 2010 et avait terminé à la 7e place du Top 8.

Mais la gymnaste de 17 ans ne cache pas que son objectif le plus important reste les Jeux de Tokyo, en 2020.

"On peut clairement espérer un podium aux JO avec Nina", avait d’ailleurs reconnu l’entraîneur, Marjorie Heuls, au lendemain du Championnat d’Europe, en avril dernier. Après la prestation de ce week-end, Nina Derwael confirme que son rêve et celui de tous les supporters belges est loin d’être utopique… même si la route est encore longue !

Pourtant avec les coachs Marjorie Heuls et Yves Kieffer, tout semble possible. N’oublions pas qu’ils ont emmené la Française Émilie Le Pennec à l’or olympique en 2004… Treize ans plus tard, de l’autre côté de la frontière, le couple signe une nouvelle victoire à son actif avec un dernier objectif : emmener une équipe belge à Tokyo. "Après, ce sera fini pour moi, a annoncé Yves Kieffer. Huit cycles olympiques c’est pas mal… mais c’est usant."


Le Derwael dans le code international

En plus de marquer de son empreinte l’Histoire de la gymnastique belge, Nina Derwael va également laisser une trace de son aventure gymnique dans le code international FIG. En effet, la série aux barres asymétriques de notre compatriote est remarquée depuis plusieurs mois grâce à son élément fétiche (stalder suivi de Tkatchev demi-tour et d’un Ezhova pour les connaisseurs), un enchaînement qui n’avait encore jamais été réalisé et qui n’était donc pas reconnu en tant que tel dans le code gymnique international. Après l’avoir magnifiquement presté à ces Mondiaux, cet élément portera désormais le nom de la Belge ainsi que celui de la Britannique Georgia-Mae Fenton, puisqu’elles sont les deux premières à présenter ce mouvement sur la scène mondiale et à l’avoir parfaitement exécuté. Le Derwael-Fenton sera officiellement dans le code après le 1er février 2018.


Une gymnaste au caractère bien trempé

Derrière son joli sourire, Nina Derwael a son petit caractère.

Motivée, déterminée et souriante, Nina Derwael est un des piliers de l’équipe belge. Gymnaste depuis ses 3 ans, la championne des barres n’a cessé de travailler pour atteindre ses objectifs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a plutôt bien fait cela !

Après un titre européen, en avril dernier, à son agrès de prédilection, elle ajoute à son palmarès une médaille de bronze aux Mondiaux.

Mais derrière ce sourire souvent présent sur les photos ou lors des interviews se cache un caractère assez fort !

"C’est sûr, Nina a son caractère, reconnaît, sans hésiter, son entraîneur Marjorie Heuls. Dans l’équipe, c’est celle qui a peut-être le caractère le plus fort. Elle sait ce qu’elle veut, mais elle peut s’énerver quand elle ne réussit pas un exercice ou que les choses ne se passent pas comme elle veut. Elle a un objectif, mais parfois elle l’oublie."

Avec 32 heures d’entraînement par semaine dans la même salle, il n’est pas toujours facile de garder le sourire.

"Il est déjà arrivé que des entraînements se passent mal, continue la coach française. Nina est déjà partie de l’entraînement en râlant, voire en pleurs. Mais ce qui est bien, c’est que le lendemain, c’est oublié. Elle revient avec le sourire, motivée et sait exactement pourquoi l’entraînement de la veille n’a pas été. On discute, on lui rappelle son objectif, et elle se remotive."

Mature et consciente de ses prouesses tout au long de sa saison, Nina Derwael réussit à concilier gloire, médias et entraînements. "Pour le moment, elle gère très bien ce qui lui arrive, continue Marjorie Heuls. Elle est très mature pour cela. Après, il y a aussi un travail quand même derrière. On discute avec la famille, on parle avec Nina, on s’assure que tout va bien et qu’elle garde la tête sur les épaules."

Mais il ne serait pas faux de penser que ces dernières heures, la jeune Limbourgeoise devait être sur un petit nuage…