Omnisports

Le président du CIO a toujours assumé

BRUXELLES Ce sont des Jeux "vraiment exceptionnels" que ceux qu'a organisés Pékin, selon les termes de Jacques Rogge, président d'un CIO qui a toujours assumé d'avoir choisi la Chine en dépit des critiques liées aux droits de l'Homme. Au - delà de sa première place finale avec 51 médailles d'or, au-delà des exploits sportifs, la puissante Chine a montré pendant la quinzaine un remarquable sens de l'organisation, plébiscité par les premiers acteurs des Jeux, les sportifs eux-mêmes.

Cérémonie d'ouverture prodigieuse, infrastructures vraiment impeccables, ville respirable et fonctionnelle, transports réglés comme des horloges... Rien n'a manqué ou failli.

Pékin, pourtant, n'avait pas la tâche facile. Quatre mois avant l'ouverture des Jeux dans le grandiose Nid d'oiseau devant les puissants du monde qui avaient accepté le risque politique de serrer la main des dirigeants chinois, était née une polémique qui ne s'apaisa qu'à la clôture des festivités. Concomitante avec le relais mondial de la Flamme olympique, au printemps, la répression au Tibet avait enflammé les mêmes esprits qui, sept ans plus tôt, s'étaient émus de l'attribution de ces Jeux à une dictature.

Accroché au principe de neutralité politique, pilier de sa charte, le CIO refusait de s'engager alors que la Flamme vivait des étapes parfois chaotiques, comme en avril, à Paris. "Ce n'est pas au CIO de régler les problèmes du monde !" soutenait Jacques Rogge. "Ni de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine..." reprenait-il, quatre mois plus tard, alors que les Jeux de Pékin s'ouvraient dans une atmosphère obscurcie cette fois par la censure partielle d'Internet. Sur un plan plus olympique, la toute puissance chinoise soulevait les suspicions : pourquoi un pays qui truque sa cérémonie d'ouverture ne falsifierait-il pas l'âge de ses gymnastes, ne doperait-il pas ses sportifs ?

Si les autorités avouèrent avoir retouché la version télé de la cérémonie, elles nièrent avoir engagé des gymnastes de 14 ans. Sans parler des rumeurs de dopage qui ne furent étayées par aucun contrôle positif. Considérant les incidents comme autant d'anecdotes sur le chemin de la libéralisation du régime, le CIO se félicite des progrès rapides d'une nation volontariste.



© La Dernière Heure 2008