Rugby Les Anglais réussiront-ils à faire face à la cascade de blessés et de suspendus ?

Dans la très longue épopée du Tournoi des Six Nations, variant selon le format de l’épreuve depuis 1882 en Tournoi britannique des quatre nations en passant par l’édition étendue à la France de 1910 à 1931 et de 1947 à 1999 pour en arriver, in fine, au format actuel avec l’admission de l’Italie depuis 2000, aucune nation n’a réussi l’exploit historique de remporter, seule, à trois reprises, l’annuelle et multiséculaire compétition de l’hémisphère Nord.

Une édition 2018 agencée pour offrir une finale entre le XV de la Rose et celui du Trèfle, le 17 mars à Twickenham lors de la cinquième et dernière journée. Si, ce samedi, la France ouvrira l’ère Jacques Brunel par la réception compliquée de l’Irlande (un sérieux outsider) et que le pays de Galles, décimé par les absences, ouvrira le bal quelques heures plus tôt en accueillant une Écosse ambitieuse, Eddie Jones, le mentor d’une Angleterre favorite du Tournoi et qui vise un triplé historique, ne se pose pas trop de questions quant aux chances de son groupe d’accéder au graal malgré la cascade de blessures et suspensions.

Car l’Australien préféré des sujets de Sa Majesté voit plus loin que le Tournoi en ayant dans le viseur la Coupe du Monde 2019. Ces nombreuses défections, c’est la chance des jeunes, affirme-t-il à l’envi depuis plus d’un an. "Le XV de la Rose a besoin de profondeur, jusqu’à quatre ou cinq joueurs par position, si elle veut devenir championne du monde au Japon." Le truculent Eddie Jones aime rappeler le cas de Stephen Donald, quatrième demi d’ouverture des All Blacks rappelé en urgence pendant le Mondial 2011 après les forfaits de Carter, Slade et Cruden, pour offrir, contre la France, le titre sur pénalité.

Et des Stephen Donald , la Rose en aura bien besoin d’une kyrielle pour pallier l’absence d’au moins quinze joueurs avant de débuter le Tournoi dimanche à Rome. "Nous sommes prêts. Toutes ces blessures créent des opportunités. Nous allons montrer à quel point nous sommes bons", a positivé Jones, faisant confiance à la jeunesse. Car en effet, derrière les titulaires, une nouvelle génération, en partie formée chez le champion d’Angleterre en titre Exeter, pousse pour devenir la première équipe à remporter trois Tournois de suite.

© AFP