Running

Pour une fois, voici une nouvelle discipline qui ne vient pas d’Amérique du Nord. Elle est née en Scandinavie où elle connaît un succès fou


Avec ce nouveau sport, tout est dit dans le nom. Ou presque. Il s’agit en effet de parcourir une distance donnée en alternant la pratique de la natation ("swim") avec celle de la course à pied ("run").

Les passionnés de trail s’y retrouveront. Ceux de la nage en eau libre également. On passe en effet d’un élément à l’autre. Parfois à de très nombreuses reprises ! Lors de l’épreuve vedette de cette toute jeune discipline, qui a lieu chaque premier lundi de septembre dans l’archipel de Stockholm au cœur de la mer Baltique, les transitions terre-eau sont au nombre de 44 ! Cette course s’appelle l’Otillö (en un mot), ce qui est bien trouvé puisque l’expression "ö till ö" signifie "d’île en île" en suédois. Son tracé est assez fou : il comprend 65 kilomètres de course et 10 kilomètres de nage en eau vive (lacs, mer et rivières) à travers les 26 îles du parcours. Autant dire que le challenge est compliqué ! D’autant plus que ces épreuves se font obligatoirement en duo. Pas toujours facile de garder son binôme en ligne de mire, surtout en eau vive. Les entrées et sorties de l’eau sont aussi des moments délicats. Car n’imaginez pas qu’on emprunte chaque fois des plages de sable fin. Non ! Il faut sauter de pierre en pierre. Le sol est glissant. L’eau, franchement glaciale. Difficile dans ces conditions de réguler sa température corporelle.

"C’est comme si on jouait sans arrêt avec le bouton on/off. Par moments, le corps ne sait plus du tout où il en est", explique dans le dernier numéro du magazine Zatopek François-Xavier Li, ancien marin devenu enseignant-chercheur en sciences du sport à Birmingham, et grand adepte des efforts extrêmes.

Bref, on est loin de la promenade de santé ! Mais le plaisir, lui, est bien présent !


Tout a commencé avec un pari !

L’histoire du swimrun vaut la peine d’être racontée. Elle commence au début des années 2000, dans un bistrot sur l’île d’Utö au large de Stockholm. À la fin d’une soirée bien arrosée, quatre copains se lancent un pari : rejoindre Sandhamn, une autre petite île située 75 kilomètres plus au nord, par la grâce de leurs propres ressources physiques. La dernière équipe arrivée paiera l’hôtel et le dîner aux autres. À l’aide de cartes et d’une boussole, ils avancent à travers les îles et traversent à la nage les bras de mer qui les séparent. Il leur faudra 29 heures pour accomplir "l’exploit" ! Aujourd’hui, on va presque quatre fois plus vite. L’année passée, le record de l’épreuve a été battu en 7 heures 58 minutes et 6 secondes.


Du côté de chez Waimes

Actuellement le swimrun connaît une phase d’engouement extraordinaire. Le nombre de courses explose littéralement. Le nombre de participants également. Voyez plutôt : alors qu’en 2006, lors de la première édition officielle de l’Otillö, à peine onze équipes s’étaient inscrites, en 2017, elles étaient 148 ! De nouvelles épreuves voient le jour presque chaque mois. Cette année, plus de 410 courses étaient organisées dans 24 pays (*), avec près de 10.000 participants ! La Belgique a quant à elle vu naître son premier swimrun en 2017, à Waimes, en province de Liège (**). La deuxième édition aura lieu le samedi 1er septembre. L’épreuve-phare emmènera les participants sur un parcours de 34 kilomètres comprenant 3,2 kilomètres de natation en onze sections de 150 à 450 mètres. Les duos passeront par le Lac de Robertville, le château Reinhardstein et le lac de Butgenbach. D’autres épreuves sont prévues : un circuit "sprint" de 15 kilomètres et une distance découverte de 6 kilomètres. Avis aux amateurs !