Running Markus Jürgens est l’un des meilleurs spécialistes au monde du retrorunning, dont il détient le record du monde sur marathon. L’Allemand nous présente sa discipline tout sauf fantaisiste


Par chance, peut-être avez-vous déjà croisé au détour d’un chemin ou sur le bord d’une route de campagne un adepte du retrorunning ? Reste que les probabilités de voir chez nous un des pratiquants de la course à pied en reculant sont plutôt minces. Encore très largement peu connue et considérée comme folklorique en Belgique, cette pratique attire pourtant de plus en plus de runners à travers la planète.

Pourquoi courir en marche arrière ? Et comment procéder ? Avec quelles conséquences ? Les interrogations affluent à l’évocation de cette pratique. Autant soumettre ces questions à Markus Jürgens. À 31 ans, cet Allemand qui travaille à l’institut de l’économie du Sport de l’université de Münster, dans l’ouest de son pays, a viré de bord au début de l’année 2014, devant ce qui s’appelle dans la langue de Goethe un "rückwärtsläufer" ou littéralement un coureur à l’envers.

Pour Belgium Running, cet amateur de sport d’endurance, qui peut se targuer d’avoir déjà bouclé un double Ironman, a pris le temps de nous expliquer ce basculement né de nombreuses discussions avec l’un des précurseurs en la matière, Achim Aretz. "À force d’en parler, je me suis dit que j’allais essayer. J’ai commencé doucement à accumuler les entraînements jusqu’à ce que je puisse faire mon premier 5 kilomètres en compétition. Achim m’avait dit qu’en août de cette année-là se déroulaient les Championnats du Monde de retrorunning et m’a proposé d’y participer. J’ai continué à m’entraîner et j’ai disputé ces Mondiaux sur le semi. Que j’ai gagné…"

Pourquoi avoir abandonné le running classique ?

"Disons que je m’ennuyais un peu. Je ne sais pas exactement combien de marathons normaux j’ai pu faire. J’ai un record à 2 h 56 mais le retrorunning s’est présenté comme une nouvelle expérience. C’est vraiment cela, j’ai découvert quelque chose de nouveau. Tout était nouveau en fait dans cette discipline pour moi."

Comment faites-vous pour vous repérer ?

"Quand je m’entraîne ici, à Munster, j’ai mes parcours que je connais très bien. C’est tout plat, donc je peux bien m’orienter en regardant sur les côtés avec les poteaux, l’herbe. Je me retourne quand même tous les 100, 150 mètres pour voir où j’en suis, sinon, le reste du temps je cours à l’aveugle.