Running Débutée en juin à New York, la Self-Transcendence 3.100 Miles, soit 4.989 km, vient enfin de se terminer

Dimanche 17 juin. Tout paraît normal dans un quartier somme toute banal du Queens, à New York. Enfin, sauf pour les dix heureux élus, cinq hommes et cinq femmes, âgés de 37 à 64 ans, invités à prendre part à la Self Transcendence.

S’ils sont pressés de prendre le départ, il leur faudra patienter, patienter et encore patienter, et surtout tourner, tourner et tourner, pendant des dizaines de jours avant d’en voir le bout.

Reconnue officiellement comme étant la course la plus longue du monde, la 22e Self-Transcendence ne s’est achevée qu’il y a quelques jours, au terme des 3.100 miles, traduisez 4.989 kilomètres, de l’épreuve américaine. Les participants avaient jusqu’au 7 août pour prendre leur pied sur la distance. Six d’entre eux l’ont bouclée, à commencer par Vasu Duzhiy, 52 ans, vainqueur de l’épreuve new-yorkaise en 44 jours, 16 minutes, 3 minutes et 53 secondes.

Près de 6.000 tours à parcourir

Ce quinquagénaire russe apprécie visiblement le parcours, puisqu’il s’était déjà imposé deux fois dans le Queens. Et pourtant, ce dernier, qui ceinture un bloc d’immeubles, est tout au plus long de 883 mètres. Qu’il a donc fallu parcourir près de 6.000 fois !

Le très sérieux quotidien The New York Times a été jusqu’à rebaptiser la Self-Transcendence 3100 Mile Race, The Mount Everest of ultramarathons. Le Sri Shinmon Marathon Team, l’organisateur, a toutefois eu un minimum de pitié pour ses participants, en fermant chaque jour le circuit de minuit à 6 h du matin afin de permettre aux organismes de se régénérer autant que faire se peut.

"La course est un jeu du suprême, chaque participant y joue simplement un rôle, déclare Vasu Duzhiy, le vainqueur. Tous les finishers sont considérés comme des gagnants. Que tu sois premier, second ou dernier, il n’y a aucune différence. J’espère qu’en courant ici, on peut donner des idées à d’autres personnes d’essayer des nouvelles choses et aller au contact de leurs limites, faire quelque chose de leur vie et devenir un meilleur citoyen du monde."

Alors, si des vacances sportives vous tentent, rendez-vous dans le Queens en 2019…


En chiffres

  • 5 649 Le nombre de tours de 883 m à parcourir pour pouvoir prétendre au titre de finisher de la Self-Transcendence.
  • 4 989 Le nombre de kilomètres de la Self-Transcendence, soit 3.100 miles.
  • 97 La barrière horaire étant de 52 jours, les coureurs doivent avaler 97,82 km en moyenne par jour pour terminer dans le délai imparti.
  • 40 Le record de la Self-Transcendence est détenu par le Finlandais Ashprihanal Aalto qui, en 2015, a mis 40 jours, 9 heures et 6 minutes pour parcourir les 3.100 miles. Le record féminin appartient à la Slovaque Kaneenika Janakova, avec un temps de 48 jours, 14 heures et 24 minutes en 2017.
  • 8 Le nombre de victoires d’Ashprihanal Aalto, l’homme de tous les records dans le Queens.

Un peu d’histoire

La Self-Transcendence 3.100 miles a vu le jour en 1997 sous l’impulsion de Sri Chinmoy, un leader spirituel indien, arrivé à New York quelques années plus tôt. En créant la course à pied la plus longue du monde, son fondateur voulait mettre en avant le potentiel illimité qui réside en chaque être humain, et nous inspirer à dépasser nos limites tant physiques que mentales. Ultramarathonien lui-même, mais aussi sprinter, avec un chrono sur 100 mètres de 11,7 secondes pieds nus sur une piste cendrée, et décathlonien, Sri Chinmoy a aussi excellé en football, volley, tennis ou encore haltérophilie, avant sa mort à l’âge de 76 ans en 2007.