Running Le 15 mai est la Journée Internationale des familles. L’occasion de mettre à l’honneur l’un des fondements de notre société. Mais aussi de parler de sport. Car le sport, c’est souvent une histoire de famille !


Regardez notre photo. De prime abord, rien ne justifie l’émoi qu’elle a suscité lorsqu’il y a quelques semaines elle a été postée sur Internet. On voit trois enfants sur le podium d’un cross organisé en janvier dernier par le Comité d’athlétisme des Alpes-Maritimes. Rien d’extraordinaire, donc.

Mais tout change évidemment à la lecture des identités de ces jeunes lauréates. Sur la plus haute marche se trouve Saskia Diagana, la fille de l’ancien champion du monde du 400 mètres haies Stéphane Diagana et d’Odile Lesage, championne d’épreuve combinée et notamment ex-recordwoman du monde du pentathlon. Quant à sa dauphine, elle s’appelle Isla Lough. Elle n’est autre que la fille de Paula Radcliffe, l’athlète britannique, toujours détentrice du record du monde féminin sur marathon. Quant à son père, il s’appelle Gary Lough qui a lui aussi mené une carrière sportive à haut niveau. Dans les années 90, il comptait parmi les meilleurs demi-fondeurs d’Angleterre. Sans préjuger de leur avenir, c’est assez amusant de voir des enfants marcher ainsi sur les traces de leurs prestigieux parents.

Et les quelques spectateurs de cette compétition régionale n’étaient pas au bout de leur surprise. À la longueur, ils assistèrent à un bond à 6,12 mètres d’une jeune concurrente appelée Larissa Iapichino. La demoiselle de 15 ans n’est autre que la fille de Gianni Iapichino, l’un des meilleurs perchistes italiens des années 90 et de Fiona May qui a décroché deux titres de championne du monde et deux médailles olympiques en argent à la longueur. Décidément, les chiens ne font pas des chats.

Portrait de famille

Certes, on observe que des dynasties se forment dans beaucoup de domaines d’activités. Ainsi, il n’est pas rare de voir des enfants marcher dans les pas de leurs parents. Ils se consacrent aux mêmes études, reprennent l’entreprise familiale et suivent ainsi des parcours tout tracés. Mais dans le sport où les passe-droits sont inexistants, on s’étonne tout de même qu’elles surviennent en si grand nombre. Car les exemples foisonnent.

En Belgique, nous avons celui - fameux ! - de la famille Borlée. Les trois frères, Dylan, Kevin et Jonathan forment l’ossature de l’équipe belge du relais 4x400 mètres maintes fois médaillé dans les grandes compétitions internationales, tandis que leur grande sœur Olivia était membre du relais 4x100 mètres, médaillé d’or aux Jeux olympiques de Pékin après la disqualification de l’équipe russe pour dopage. Toute cette fratrie possède une ascendance athlétique puisqu’à la fois le père Jacques Borlée et la mère Edith de Martelaere avaient fait carrière dans le sprint au début des années 80 et comptent l’un et l’autre une kyrielle de titres de champion de Belgique et même d’Europe pour le papa.

Dans le genre amusant, citons encore l’histoire d’Irina Lenskiy et de sa fille Olga qui formaient la moitié du relais 4x100 m israélien prévu aux championnats d’Europe de Barcelone en 2010.

Une affaire de gènes

Ce genre d’histoire intéresse évidemment au plus haut point les chercheurs en génétique; du moins ceux qui rêvent d’identifier les fameux gènes du sport. Très régulièrement, on voit paraître des articles qui évoquent de nouvelles découvertes dans ce domaine. Mais les choses sont toujours beaucoup plus compliquées que ce que l’on croit ! À ce stade, on a déjà identifié quelque 150 gènes corrélés de près ou de loin avec la performance athlétique : ACE, ACTN, PEPCK et consort. La formule magique se trouve probablement dans une combinaison de ces différents allèles mais nous sommes encore très loin de pouvoir prédire aujourd’hui une carrière athlétique sur la base d’une simple analyse du génome.

C’est tout juste si l’on peut parler de prédispositions. Et même là, il faut rester prudent. Car un tas de paramètres nous échappent encore. Notamment tout ce qui est du ressort de la psychologie. Or cela compte formidablement dans le sport. On peut être génétiquement programmé pour faire un champion de course ou de saut et préférer la peinture ou la musique. Or, on est loin, très loin de maîtriser les gènes de la vocation !