Running Depuis 2001, la date du 11 septembre évoque inévitablement la menace terroriste qui plane désormais sur toutes les activités humaines.

Dix-sept ans ont passé depuis l’attaque des terroristes d’Al Qaïda sur la ville de New York. Et l’émotion reste très vive. Tout le monde a encore en tête l’image de ces avions percutant les tours. Puis l’incendie, le saut dans le vide de ces personnes prisonnières des flammes, le fracas immense qui a accompagné l’effondrement des édifices. Le silence enfin et cette poussière qui, en quelques minutes, a recouvert la ville et donné l’impression de figurer dans un film d’horreur tourné en noir et blanc.

Passé la phase d’effroi, on se souvient aussi du sentiment de peur qui s’est lentement infiltré dans les consciences, des déclarations va-t-en guerre des dirigeants politiques, des promesses et surtout du souhait non exaucé de ne plus jamais revivre ça. Car d’autres drames ont suivi : Londres, Bruxelles, Madrid, Paris… Le terrorisme est devenu une réalité avec laquelle nous avons appris à vivre. À notre corps défendant !


Boston et les autres

Pendant des années, le sport a été relativement épargné des intentions meurtrières des extrémistes de tout poil. Puis ce fut Boston. Lors du marathon en 2013, deux bombes artisanales explosèrent à proximité de l’arrivée, faisant trois morts et 263 blessés. Gros traumatisme au sein de la communauté des coureurs ! On s’est demandé à l’époque si les grandes épreuves populaires pourraient survivre à ce genre de menaces. La réponse est oui ! Certes, les autorités ont dû prendre parfois la décision d’annuler tel ou tel événement. Mais dans l’ensemble, les grandes manifestations ont bien tenu le coup. Et Boston n’a pas connu de réplique finalement. Pas de cette ampleur en tout cas.

Pour les besoins de cet article, nous avons fouillé les archives pour lister toutes les attaques perpétrées dans des circonstances similaires. Nous en avons trouvé trois.

La première date du 6 avril 2008 lors du marathon de Weliweriya, à une vingtaine de kilomètres de Jayawardenapura, la capitale sri-lankaise. Ce jour-là, un kamikaze déguisé en coureur s’est fait sauter dans la foule, tuant le ministre sri-lankais des Transports, Jeyaraj Fernandopulle, ainsi que 13 autres personnes. Parmi les victimes figurait notamment le marathonien sri-lankais Kuruppu Arachchige Karunaratne, ancien vainqueur des Jeux asiatiques en 1991 et 1993. D’après les forces de police, l’attentat serait l’œuvre des Tigres de libération de l’Eelam Tamoul (LTTE), un groupement luttant pour l’autonomie du Nord-est du Sri-Lanka.


Une divine providence

Les deux autres tentatives d’attentat eurent moins d’impact. La première date de septembre 2016. Elle eut lieu lors d’une course appelée Seaside Heights 5K organisée chaque année dans l’État du New Jersey aux USA. Deux bombes placées dans des poubelles avaient explosé à un bon kilomètre du départ, faisant une dizaine de blessés. Le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Compte tenu des files d’attente aux inscriptions, le départ avait été différé d’une demi-heure. Sans quoi l’explosion aurait eu lieu au passage de milliers de participants et aurait sûrement fait plus de victimes. "En tant qu’organisateur, vous détestez avoir du retard, a expliqué Frank Costello. Dans ce cas-ci, je pense que Dieu veillait sur nous."


Bien joué, la police !

Plus récemment, le 8 avril dernier, une autre catastrophe semble avoir été évitée de justesse à l’occasion du semi-marathon de Berlin. Juste avant la course, la police avait annoncé en effet l’arrestation de six personnes qui, semble-t-il, s’apprêtaient à passer à l’action. Peu d’information a filtré mais selon le quotidien Die Welt, le principal suspect serait un proche du Tunisien Anis Amri (*), auteur en décembre 2016 de l’attentat au camion-bélier sur le marché de Noël berlinois qui avait causé la mort de douze personnes. La course a finalement été maintenue pour le bonheur des 36.000 participants qui se sont élancés sans rien savoir du drame qui venait d’être déjoué.



* Anus Amri a finalement été tué l’année passée lors d’un contrôle routier à Milan.