Running Après trois jours et deux nuits, le Bruxellois Olivier est venu à bout des 250 km et 7.000 mètres de dénivelé positif du Legends Trail

Le Legends Trail a vécu, trois jours durant. Des 130 coureurs au départ, 54 ont vu l’arrivée. Cinquante-quatre participants qui ont parcouru 250 kilomètres et avalé au passage 7.000 mètres de dénivelé positif dans nos Ardennes pour devenir autant de Légendes .

Olivier Vandentempel, du RC Bruxelles, fait partie de ces insomniaques à avoir endossé ce statut, au même titre d’ailleurs que son équipière Paige Morrow, seule dame à l’arrivée sur les quatre au départ. Parti comme tous les autres participants vendredi sur le coup de 18 h de Mormont, dans la région d’Houffalize, le Bruxellois avait jusqu’à ce lundi à 8 h pour rentrer au bercail. Soit soixante-deux heures. Une boucle qu’il a bouclée… en à peine moins de temps que le délai imparti, à 7 h 39, après trois nuits et deux jours passés à progresser au fin fond de la nature. Et ce sans jamais fermé l’œil.

"Je n’ai pas dormi du tout", nous confiait Olivier Vandentempel quelques heures à peine après en avoir terminé avec cet effort d’endurance extrême. "Je ne sais pas dormir lorsque je fais une course, il y a trop d’adrénaline. J’ai tout au plus fait une pause d’une heure, voire un tout petit peu plus, à chacun des quatre check-point."

La troisième fois fut la bonne

Et sur des chemins non balisés. "Au départ, j’ai reçu des cartes et un fichier à télécharger", précise-t-il, encore groggy par l’effort. S’il ne s’est pas égaré, ce dernier n’en aura pas moins connu quelques difficultés lors de son épopée légendaire. "Il y avait beaucoup de verglas durant la première partie de la course, et en tombant, j’ai tapé mes côtes avec mon coude", détaille Olivier Vandentempel. "Cela m’a un peu gêné pour respirer pour le reste de la course. Puis, sur de tels ultras, il y a inévitablement des moments où tu es dans le creux. Il faut chaque fois être patient et se dire que cela va passer. J’ai aussi souffert du froid lors de la troisième nuit."

Mais aucun obstacle n’aura au final eu raison de sa détermination à vaincre. "J’avais déjà participé deux fois", souligne la nouvelle Légende. "Mais en 2016, j’étais mal préparé, et l’année passée, j’étais parti trop lentement et avais été arrêté après 160 km. Je m’étais juré qu’il s’agissait de ma dernière participation, et de la bonne."

Cette boucle aussi bouclée, le coureur du RC Bruxelles lorgne déjà plus loin. "Mes prochains objectifs sont le Tour des Géants en 2019, et la Diagonale des Fous en 2020." Quoi de plus naturel après tout que des courses légendaires pour une Légende ?


Les hallucinations de Frédérick Hardenne

Cela faisait quasi quarante-huit heures qu’il allongeait les bornes, les dizaines de bornes, les centaines de bornes. Et comme s’il n’en avait pas encore assez dans les guiboles, ou comme s’il venait seulement de prendre le départ, Frédérick Hardenne donna un dernier coup d’accélérateur dans l’énième et dernière difficulté du Legends Trail. Pas encore rassasié par le statut de Légende qu’il est allé chercher en 2017, il courait cette fois-ci à toute allure vers son record sur l’épreuve.

Bien lui en aura pris de jeter ses dernières forces sur le Legends Trail. Cet ultime effort a en effet permis au Beaurinois d’améliorer son chrono de l’année passée de six minuscules minutes, en 47 h 46. Une période durant laquelle il aura, de son propre aveu à l’arrivée, eu quelques hallucinations, comme cela peut arriver sur ce genre de distance. Mais au final, il écrit non seulement encore un peu plus sa légende d’ultra traileur mais il termine aussi à une magnifique 4e place, 2e Belge derrière Ivo Steyaert, vainqueur en un tout petit peu plus de 43 heures. Et cette double performance, elle est tout sauf une hallucination !