Running

Cinq tours durant, nous avons suivi les traces de ces traileurs un peu fous qui ont pris part à la nouvelle version du Trail de la Primavera.



La gestion est le mot-clé. Connaître ses limites, ses capacités et sa résistance. Là est le secret d’une course comme Le Dernier Homme Debout.

Un peu plus de 7 kilomètres et 280 mètres de dénivelé à parcourir en une heure. Run, eat, drink, repeat le plus longtemps possible en allant puiser dans ses dernières réserves. Le gagnant, Éric Brossard a parcouru dix-huit boucles soit 131 kilomètres et plus de 5.000 mètres de D +. Belgium Running s’est contenté de cinq boucles pour un total de 1.400 mètres de D + en 37 kilomètres.


Comprendre

Avec un mercure en dessous de zéro degré et un vent qui vient rougir les visages avant la course, le départ s’est fait le plus tard possible. Personne n’osait pointer le nez sur la ligne avant les derniers instants.

Pour le premier tour, la consigne est de profiter du paysage et de prendre des repères sur un terrain inconnu. Même les locaux devaient y aller en tâtonnant vu que nous empruntions des passages uniquement ouverts pour l’occasion.

Premier constat : il y a seulement deux côtes. Une première qui, de par sa longueur, pousse à s’épargner même s’il est possible de courir dans les premiers mètres. Et une seconde où certains s’aident de cordes pour franchir les obstacles tant elle est pentue.

© dr


Répéter

Le premier break est très long (70 minutes étaient autorisées pour la première boucle). Le rédémarrarage est dur, nous avons fait sauter le Buff et une couche et ça se sent dans les premières foulées. Il fait caillant et les vêtements imbibés de sueur ne font qu’accroître cette sensation.

Le deuxième tour est peut-être le plus agréable. Le terrain commence à être connu et les traces ne sont pas encore trop boueuses alors que les branches qui gênaient le passage ont été arrachées. De quoi mettre un peu plus les gaz sans trop se fatiguer.

La gestion du chrono est très compliquée. Le parcours est tellement accidenté qu’il est difficile de savoir où on en est et si l’on peut lever le pied pour se reposer un peu. Puis, impossible sans avoir déjà couru sur un tel type d’événement, de savoir s’il vaut mieux courir à son rythme et se reposer quinze minutes ou s’il faut davantage ralentir durant la course et ne prendre que cinq minutes pour souffler.

© dr


Se battre

Chaque tour fait mal à la tête. Peut-être car on sait à quoi s’attendre, qu’on est conscient que la première difficulté en cache une seconde encore plus difficile.

Les concurrents sont de moins en moins nombreux et les embouteillages ont totalement disparu après trois tours. Le plaisir est là mais la fatigue aussi.

Par sa répétition, le dénivelé ne semble pas si important sauf qu’on a déjà dépassé les 800 mètres après trois boucles. Les jambes commencent rapidement à peser.

Nous avions prévu de faire cinq boucles et une sixième aurait été difficile à ajouter. Le fait de pouvoir faire des pauses à chaque boucle est un soulagement mais est également trompeur. Chaque départ est comme une nouvelle course. Les kilomètres déjà parcourus ne disparaissent toutefois pas.

Le terrain en est le premier témoin. Plusieurs passages sont devenus plus glissants et la concentration part au fil des kilomètres. De quoi transformer la course en un challenge complètement fou. Ceux qui rêvaient des 24 heures de course ont d’ailleurs vite déchanté.