Running

Dominique Jamin (35 ans - Grivegnée - abandon au 67e), Céline Dispas (42 ans - Vaux-sous-Chêvremont - finisher) et Dennis Dierens (47 ans - Liège - finisher) ont tous les trois participé à la TDS, l'une des courses individuelles proposées dans le cadre du sommet mondial du trail

Des dizaines de Belges ont participé à l'UTMB la semaine dernière ou, du moins, à l'une de ses déclinaisons. Ce fut ainsi le cas des Liégeois Dominique Jamin, Céline Dispas et Dennis Dierens, qui se sont tous alignés, avec des fortunes diverses, sur la TDS et ses 125 km pour 6.700 m de D+. Rencontre.


Pourquoi aller à l'UTMB ?

Dominique: "Pour le défi. Mon premier défi, c'était le marathon. Ensuite, je suis passé à Olne Spa Olne et puis, je me suis pris au jeu et je me suis laissé embarquer dans cette belle aventure..."

Céline: "J'ai fait le tour des joggings avant de passer au trail, puis à l'ultra trail que j'ai apprécié. J'ai gagné le Hérou en 2017 et je me suis dit que l'UTMB serait un nouveau challenge de taille."

Dennis: "Après avoir abandonné en 2017, je voulais ma revanche et j'y suis arrivé. Cette année, nous nous sommes motivés l'un l'autre."


Le souvenir qui restera à jamais gravé dans ta mémoire ?

Dominique: "L'aspect titanesque de la montagne. C'est énorme, gigantesque. On a beau le savoir, on a beau s'y préparer, quand on est en face, sur place, c'est inimaginable."

Céline: "La pluie glaciale à deux heures du matin, lorsque l'on est trempés jusqu'au os, qu'on est déjà tombé 15 fois... Faut du mental, c'est évident. Et l'arrivée n'en est que plus belle !"

Dennis: "L'arrivée à Chamonix, sans aucun doute. On est applaudis pas des milliers de personnes et l'émotion est au maximum. Passer la ligne après 28h18 d'effort en tenant la main de Céline qui est aussi ma compagne, c'est un moment fort."

© dr


Des moments de doute ?

Dominique: "J'ai glissé et je me suis blessé. J'ai dû arrêter, je ne savais plus bouger. J'étais dans les bois, seul au monde. Avant cet incident, je pensais vraiment arriver au bout. Cet arrêt est encore plus dur psychologiquement que physiquement. Tout au long de la course, je voyais la ligne d'arrivée mais hélas, ce n'est pas pour cette fois-ci. La montagne a eu raison de moi. Il faut rester humble face à elle."

Céline: "Oui, quand j'ai eu cette douche froide, au sens propre et figuré, à 2.400 m. Je me suis dit que si je m'arrêtais, j'allais encore aggraver ma situation. Je me suis relevée et peu à peu, je me suis réchauffée."

Dennis: "Pas pour ma part mais pour un ami qui avait du mal. Je suis resté avec lui au risque de compromettre ma course. Mon ami a baissé pavillon et j'ai rattrapé le reste de l'équipe de départ à mon rythme."

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Vous remettez le couvert en 2019 ?

Dominique: "Bien sûr. Je vais faire OSO et m'inscrire au tirage au sort. Je vais tirer les leçons de ce demi échec et c'est clair, je ferai tout pour être au départ. J'ai aussi une revanche à prendre."

Céline: "Clairement, mais sur le 170 km pour le véritable UTMB ! J'ai les points pour y aller et je ne voudrais pour rien au monde rater cela. Je suis chaud-boulette, comme on dit à Liège."

Dennis: "Moi aussi, sur l'UTMB. Il me manque un point et je devrai donc faire une grosse course pour l'obtenir."


Un mot pour résumer cette épreuve ?

Dominique: "Titanesque"

Céline: "Waow

Dennis: "Enrichissant"


>>> À l'arrivée

  • Dominique: abandon au km 67, après 15h00 de course
  • Dennis et Céline: finisher après 28h18.

Finisher d’un premier UTMB dantesque

Nicolas Gevenois participait à son premier UTMB, dans sa version TDS (120 km)

Nicolas Gevenois, 38 ans, en a bavé à l’UTMB, mais il l’a fait ! Celui qui, il y a quelques semaines encore, vivait à Nobressart (Attert), avant d’émigrer à Liège, où sa famille est toujours domiciliée, a couru sur les traces des ducs de Savoie, mieux connues sous le nom de la TDS. Après s’être élancé aux petites heures jeudi passé à Courmayeur, il a rejoint Chamonix 119 km et 7.250 m de dénivelé positif plus loin, trente-deux heures plus tard. Mais avant cela, durant tout ce temps, il aura donc fallu bien du courage à Nicolas Genevois et à son ami.

"Le départ était prévu à 6 heures mais, la veille, nous avons reçu un SMS annonçant qu’il était postposé à 8 heures vu les risques d’orage", explique l’ancien Nobressartois. Pour une première, le petit novice de l’UTMB, qui avant cela n’avait jamais couru plus de 100 km, et encore, en Belgique, était déjà servi avant même de faire son baptême du feu sur la grand’messe du trail. "Avec un ami, Bernard Demoulin, nous avions décidé de courir en binôme et sommes restés ensemble toute la course. Nous avons chacun eu un coup de mou à un moment ou à un autre, mais nous avons chaque fois pu nous requinquer l’un l’autre."

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La belle entraide des deux potes leur aura sans aucun doute été un fameux adjudant pour rallier Chamonix. D’autant que les caprices du ciel semblaient bien décidés à leur coller à la semelle. "Durant toute la nuit de mercredi à jeudi, jusqu’à 4 heures, nous avons eu de la purée de pois, du vent, de la pluie, un gros orage, c’était épouvantable", raconte Nicolas Gevenois. "En plus, Bernard a cassé un de ses bâtons. Mais il ne faisait pas trop froid et nous avions notre équipement obligatoire, une veste contre la pluie, une deuxième couche, un pantalon imperméable, des gants ou encore un bonnet."

Nos amis auront aussi pu compter sur le réconfort de leurs proches. "Ils pouvaient venir sur deux postes d’assistance, où nous avons fait des pauses pour nous changer et récupérer", sourit le kinésithérapeute. Après un deuxième orage et une dernière tuerie, le col du Tricot, long de 2 km à peine mais affichant un dénivelé positif de 800 m, Nicolas pouvait enfin savourer son premier statut de finisher sur la TDS !