Running Les chantiers bruxellois, la concurrence accrue, la société de performance et, déjà, la 40e édition, Carine Verstraeten, à la tête de l’organisation depuis 1980, se confie à la veille des 20 Km

Carine Verstraeten pourrait vous parler durant des heures des 20 km de Bruxelles, son bébé. Depuis 1980, elle est, avec l’équipe du Syndicat d’initiative-Bruxelles promotion, au four et au moulin pour la grand-messe du running belge. "L’enthousiasme est toujours le même et c’est ça qui est magnifique. L’esprit a la faculté d’oublier l’énergie que cela demande chaque année. Mais cela nous permet chaque fois de repartir avec une énorme envie…"

Carine Verstraeten, l’engouement pour la course à pied, en Belgique et ailleurs dans le monde, ne cesse de croître. Les 20 km, organisation historique dans le paysage belge, bénéficient-ils de cet engouement ou, au contraire, sont-ils victimes d’une concurrence sans cesse plus grande ?

"Je suis de celles qui pensent que c’est génial qu’il y ait des courses partout et tout le temps. Cela donne le goût du sport et du dépassement de soi au plus grand nombre. Il y a aujourd’hui, par exemple, une multitude de courses qui se positionnent comme étant une excellente préparation pour les 20 km. Après, de façon plus globale, il est difficile d’affirmer que cela nous est bénéfique ou pas. Nous tentons, à notre niveau, de travailler au mieux pour offrir un événement de qualité et différent de ce qui existe par ailleurs, à un prix qui reste démocratique vu tout ce que cela implique en amont."

© Belga

Que sont, pour vous, des 20 km réussis ?

"Avant tout, une édition sans accident ni incident. C’est pour ça que, en 2005, nous avions lancé la campagne Run for Zéro . Dans une société de performance, il est important que chacun puisse avoir conscience de ses limites et du fait qu’il ne faut pas jouer avec sa santé. Nous ne sommes pas égaux en matière de performance et il faut pouvoir être à l’écoute de son corps. La réussite des 20 km, c’est la fête qu’on vit tous ensemble. Et la fête, c’est d’abord d’en être. À nous, du côté de l’organisation, de dérouler le tapis rouge aux participants, du premier au dernier."

Aujourd’hui, la moitié du peloton court au sein d’un collectif, que ce soit une marque, une association ou une entreprise. Que vous inspire ce constat ?

"J’en suis ravie et ce sont des chiffres extraordinaires. Quand nous avons débuté, en 1980, il y avait déjà cet esprit d’équipe. Mais c’était plutôt un rendez-vous entre copains. Voir tous ces gens qui se réunissent témoigne de l’âme qui anime notre événement. Et à nos yeux, il n’y a pas de petites ou de grosses équipes, de petites ou de grandes causes. Derrière chaque projet, il y a des bénévoles qui consacrent du temps pour réunir les coureurs. Cette synthèse d’efforts que nous parvenons à réunir autour des 20 km est magique."

Vous en êtes à la 39e édition. De l’extérieur, les éditions semblent se ressembler. Est-ce donc plus facile d’organiser les 20 km aujourd’hui qu’hier ?

"Ce n’est jamais facile (rires). Nous ne faisons jamais un copier-coller. Il est certain que la notoriété de l’événement nous aide. Mais les difficultés sont nombreuses, notamment en ce qui concerne les chantiers à Bruxelles. Ce parcours, il faut le gérer au niveau sécuritaire vu la masse de participants. C’est énormément de boulot mais la collaboration avec les communes et les zones de police nous permet, chaque année, d’y arriver."

Impatiente d’être en 2019, pour la 40e ?

"Oui, on y pense déjà. Être toujours là 40 ans après, c’est formidable. D’autant que l’équipe a toujours la flamme. On fêtera dignement ce cap. Mais, exceptionnellement, les 20 km 2019 n’auront pas lieu le dernier dimanche du mois de mai, qui sera un jour d’élection en Belgique. On a donc pris la décision d’avancer l’événement d’une semaine. La 40e édition aura lieu le dimanche 19 mai 2019."