Une Belge sur le podium du désert de Gobi

Dorian de Meeûs Publié le - Mis à jour le

Omnisports

Sur les 168 participants venus du monde entier, la seule Belge en course décroche la 3ème place sur le podium féminin et la 16ème place au général

BRUXELLES L’ultra-marathon ‘Gobi March’ organisé par Racing The Planet compte parmi les 10 courses les plus difficiles et extrêmes de la planète. Il vient de s'achever après... 250km parcourus en 7 jours dans le désert de Gobi (Nord de la Chine & Mongolie).

Le trophée a été remporté par l'espagnol Vicente Garcia Beneito. Mais l'on retiendra aussi la très belle performance de la seule candidate belge parmi les 168 participants, dont 28 femmes.

Virginie Goethals, termine 3ème au classement féminin et 16ème au général.

Pour rappel, le but de la 'Gobi March' est d'accomplir quatre étapes de 40km, une de 80km et une de 10 km dans le désert de Gobi, reconnu pour ses conditions climatiques extrêmes, ses rochers, ses vastes plaines, ses montagnes et autres lits de rivières. Particularité de la course : chaque participant est responsable de son matériel et de son alimentation.

DH.be a contacté Virginie Goethals juste après la course.

Comment s’est passée cette course ?

Ce fut une expérience inoubliable dans un environnement à couper le souffle. La nature dans le désert de Gobi est très variée, allant de désert de gros cailloux avec l'Himalaya à l'arrière-plan, de canyons et de plaines de sel. Je me suis directement positionnée à l'avant de la course, mais j'ai eu du mal à garder cette position le 3e et 4e jour lors des étapes de haute montagne. La concurrence chez les femmes était rude, mais humaine. Par exemple, je n'ai pu maintenir une 2e position que jusqu'au km 65 de la longue marche. La Canadienne Stéphanie Case m'a rattrapée à ce moment-là, mais ne m'a pas dépassée et a suggéré de terminer cette étape côte à côte. J'en étais émue jusqu'aux larmes.

Sept nuits sous tente avec une alimentation réduite, vous n'avez jamais craqué?

Je redoutais de passer une semaine en autosuffisance avec 8 hommes sous tente, mais les conditions extrêmes de la course amènent les participants à être eux-mêmes à 100%. Cela forge des relations très vraies. Ainsi, un participant d'Arabie Saoudite n'hésitait pas à partager ses bons conseils avec tout le monde dans la tente, les 4 Indiens distribuaient généreusement leurs épices pour améliorer l'horrible nourriture liofilisée, et les 2 Australiens mettaient une ambiance positive avec des blagues bon enfant.

J'avais préparé cette course dans les détails avec une nutritionniste, mais ne manger que 2500 calories quand on court 40 km en moyenne par jour est un choc pour le corps, la faim me poursuivait en permanence, surtout la nuit.

J'ai eu très peur un jour quand, seule au milieu d'un désert de cailloux, un orage et une tempête de sable se sont approchés simultanément. Je me suis perdue, car je ne voyant plus les drapeaux du parcours à cause de la tempête de sable. Je me suis assise par terre, et j'ai attendu que cela passe, et les drapeaux du parcours me sont réapparus.

Que retiendrez-vous de cette expérience ? Vous a-t-elle convaincue de poursuivre dans les courses extrêmes ?

Les amitiés avec des gens des tous les pays du monde, au-delà des conflits actuels, est pour moi l'élément principal de cette course, et compense les moments parfois plus éprouvants. J'espère pouvoir traverser le désert de l'Atacama au Chili l'année prochaine avec Racing The Planet, la même organisation.

© La Dernière Heure 2012

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