Omnisports Fatiguée après sa prestation d’Abou Dhabi, Charline Van Snick a décroché le bronze.

Sa médaille de bronze autour du cou et son bouquet de fleurs à la main, Charline Van Snick affichait un large sourire à sa descente du podium, ce vendredi, à La Haye. Et pour cause… La Liégeoise revenait de loin après une défaite, d’emblée, face à l’Espagnole Lopez Sheriff, n°83 mondial ! "Ce fut horrible ! À l’échauffement déjà, je me sentais fatiguée. Et, là, dès les premières secondes, j’ai senti que je n’étais pas dedans. J’ai encaissé une première pénalité parce que je ne parvenais pas à la contenir. Puis, j’ai quand même marqué. Mais elle est revenue à la charge. Après une deuxième pénalité pour sortie intempestive du tatami, j’en ai pris une troisième, encore pour prise de garde interdite, et j’étais irrémédiablement éliminée…"

Après avoir été exemptée du premier tour en tant que tête de série n°1, Charline recevait, néanmoins, une deuxième chance, en repêchages, face à la Portugaise Freitas. Et elle entamait ce face-à-face par une… pénalité pour passivité ! "Je n’étais pas mieux, mais je m’en suis sortie parce que j’ai compensé ma fatigue par ma technique, notamment au sol, avec une immobilisation en fin de combat. Une fois en finale pour le bronze, je n’ai vraiment plus voulu lâcher cette médaille !"

Opposée à la Polonaise Perenc, Charline est pourtant passée par toutes les émotions pendant de combat, digne d’un film d’Alfred Hitchock. Menant d’u waza-ari après un peu moins d’une minute, notre compatriote semblait se diriger tout droit vers le podium quand la Polonaise lui rendit la monnaie de sa pièce à… trois secondes de la fin. Prolongation ! "Je me suis dit : ‘Merde, alors !’ Mais je savais que je pouvais l’avoir. Quand nous nous sommes encore retrouvées au sol, je n’ai pas laissé passer ma chance et je l’ai immobilisée."

Heureuse fin de journée, mal commencée en raison de la fatigue. "Cette médaille, j’ai été la chercher avec les tripes parce que les bras et les jambes n’en pouvaient plus. J’ai subi le contrecoup de ma victoire à Abou Dhabi où, quelque part, j’ai atteint un premier objectif en gagnant ce Grand Chelem . Et puis, cette saison, que j’ai commencée avec une entorse du péroné, a été très longue. Beaucoup de compétitions, sans compter les dures préparations de l’ Euro et du Mondial. Mais j’en suis satisfaite parce que j’ai prouvé que je n’étais pas finie."

Huitième mondiale avant ce Grand Prix de La Haye, Charline devrait vraisemblablement intégrer le Top 5 des -52 kg, sa nouvelle catégorie. "Si ce n’est déjà ce lundi, ce devrait être après Tokyo, début décembre, même si je ne m’y alignerai pas… Les calculs sont un peu compliqués, mais un Top 5 mondial serait vraiment chouette comme cadeau de Noël."

Un cadeau que Charline se serait offert à force de volonté car elle ne lâche jamais rien. Qui aurait, en effet, osé parier sur un tel bilan à l’aube de cette saison, si ce n’est elle ? Et ça promet également pour l’année 2018…