Omnisports Charline Van Snick a tout mis en place pour réussir son défi en -52 kg.

En l’absence de Dirk Van Tichelt, blessé à la cheville, Charline Van Snick est la judoka la plus expérimentée de la délégation belge lors de ces Championnats d’Europe, une compétition qui a souvent souri à la Liégeoise de 26 ans, cinq fois médaillée en six participations.

Dès 2010, Charline s’est, en effet, parée de bronze avant de connaître un jour sans, en 2011, à Istanbul, où elle fut éliminée d’emblée (!), puis, après l’impasse forcée de 2014 (suite à son contrôle positif), de ravir deux fois l’argent et, surtout, d’être sacrée ces deux dernières années. En -48 kg...

Car, depuis les Jeux de Rio, celle qui fut également médaillée de bronze olympique en 2012 a décidé de monter en -52 kg, une catégorie qu’elle apprivoise lentement, mais sûrement. Blessée au genou en début de saison, Charline a enchaîné trois compétitions dès qu’elle a reçu le feu vert du médecin. Avec plus ou moins de succès : troisième à Bakou, première à Casablanca, cinquième à Tbilissi. Autant de résultats qui l’ont rendue confiante… Alors, en forme ?

"Bien sûr ! Je suis carrément prête ! J’ai bien récupéré de mon triptyque Bakou- Casa -Tbilissi et mon régime s’est bien passé. Les derniers jours avant une compétition, je ne dois plus me priver de tout comme avant. C’était devenu intenable, à la fois physiquement et mentalement. Je me sens bien ! De là à décrocher une médaille… Je sais que je suis souvent montée sur le podium aux Championnats d’Europe, mais ces statistiques ne veulent vraiment rien dire, surtout depuis que je suis en -52 kg."

Arrivée à Varsovie, ce mercredi, presque en dernière minute, la Parisienne d’adoption refuse toute pression particulière. "Je donnerai le meilleur de moi-même et on verra où ça me mènera ! Les trois rendez-vous que j’ai enchaînés avant l’ Euro ont été très intéressants. Et si je ne suis pas montée sur le podium à Tbilissi, j’en retiens quand même que j’ai failli battre la Brésilienne Miranda, n° 2 mondial. Je l’avais immobilisée mais, avec sa main, elle est parvenue à tenir ma jambe pliée, ce qui m’a empêché de la garder au sol. C’est un peu technique, mais c’est réellement le genre de détail sur lequel nous avons beaucoup travaillé avec mon entraîneur, Dimitri Dragin."

Si elle a débarqué si tard dans la capitale polonaise, c’est parce que Charline se sent particulièrement bien à Paris où elle vit avec son mari, Anthony, et s’entraîne avec son coach, Dimitri, ancien judoka, lui aussi monté des -60 aux -66 kg.

"Après les Jeux de Rio, j’ai senti que j’avais besoin de changement au niveau de mon encadrement. Dimitri est expérimenté. Avec lui, mon judo a évolué vers plus de mobilité, d’explosivité. Je suis plus active sur le tatami que par le passé, tout en gardant mes points forts comme le travail au sol. Nous nous sommes bien adaptés, mais il ne faut pas brûler les étapes."

Varsovie en est une. Importante ? "Écoutez, je sais qu’on attend beaucoup de moi. J’espère répondre à cette attente. Mais aussi et surtout, à la mienne. J’ai tout mis en place pour réussir ce nouveau défi en -52 kg. On verra ce que je vaux maintenant !"