Omnisports Au bord des larmes, Charline Van Snick ne comprenait pas l’arbitrage vidéo.

Assise sur une chaise, à la sortie de la Laszlo Papp Arena, avec son long anorak, sa bouteille d’eau et son accréditation à ses pieds, Charline Van Snick est au bord des larmes. Face à elle, son entraîneur, Dimitri Dragin, tente de la consoler, tout en tant lui reprochant d’avoir changé de tactique en cours de combat, perdu, face à l’Israélienne Cohen.

Le regard dans le vide, la Liégeoise entend, mais n’écoute pas. Dans sa tête, défilent les images de ce troisième tour face à une adversaire qu’elle avait battue, en mars, à Bakou. Et, surtout, le moment où les arbitres préposés à la vidéo ont accordé l’avantage, finalement décisif, à sa rivale alors que le marquoir indiquait encore 42 secondes de combat. "À chaud, je ne comprends pas pourquoi les arbitres la créditent d’un mouvement que j’ai moi-même initié ! Franchement, elle ne m’a jamais mise en péril. Au contraire, j’ai l’impression d’avoir encaissé deux pénalités imméritées…"

Aucun doute : Charline en a gros sur le cœur, car elle se sentait bien. "Je me suis bien préparée et j’ai mieux géré ce Mondial que l’ Euro , fin avril, à Varsovie. Mais, au décompte final, le résultat est le même. Je passe un tour, mais je suis quand même éliminée. Et pourtant, j’étais confiante. Je savais comment m’y prendre face à Pupp et à Cohen. Mais tous ces efforts pour ça, c’est dur à encaisser."

Après avoir attendu plus de deux heures pour, enfin, monter sur le tatami puisqu’elle était exemptée du premier tour, Charline a enchaîné deux combats en 43 minutes. "Mais j’y étais préparée ! Si j’avais pu, j’en aurais disputé un troisième dans la foulée."

Malheureusement, c’est depuis les tribunes que Charline a assisté à la victoire de Cohen sur la Kosovare Krasniqi, preuve que l’Israélienne n’est pas n° 3 mondial par hasard. En attendant, la tristesse n’avait pas quitté la Liégeoise qui fêtera ses 27 ans samedi. "J’avais envie de montrer que je suis toujours là parce que, depuis que je suis en -52 kg, je ne bénéficie plus du même soutien. Je me sens seule… Je ne parle pas de mon staff qui croit en moi, mais d’un cercle plus élargi. Alors, oui, je suis triste parce que je suis persuadée que je pouvais obtenir un meilleur résultat ici. Vous savez, ce n’est pas comme si j’avais été jetée . J’étais aussi forte que l’Israélienne, mais un détail a causé ma perte."

Mieux préparée que pour l’Euro où elle était arrivée fatiguée, Charline doit encore trouver sa place dans sa nouvelle catégorie et ça prend peut-être plus de temps qu’elle ne le pensait. "J’apprends des victoires comme des défaites, mais ce revers est très cruel, croyez-moi !"

Avec, bien sûr, celle d’Anthony, son mari, toujours très présent à ses côtés, seule l’affection des siens, dès son retour en Belgique, pourra lui apporter ce réconfort dont elle a besoin pour repartir de l’avant !