Rugby

Ils se sont imposés en Moldavie. Champions d’Europe, ils retrouvent l’antichambre du Six Nations.

Le rugby est plus que jamais le sport de tous les rebondissements, de toutes les vibrations. Les Diables Noirs de Guillaume Ajac, après ceux de Richard McClintock ont ainsi porté très haut une grande idée de ce jeu. Les Belges ont réussi par leur rugby de défense, d’audace et de fierté à faire battre les cœurs et les mains sur un terrain perdu de Chisinau en Moldavie...

Sur le coup de 14 heures , par une après-midi grise et pluvieuse, les Diables Noirs se sont imposés 9-10 les sacrant champions d’Europe. Un succès décroché de justesse qui permet à la Belgique de réintégrer l’antichambre du Six Nations aux côtés des Géorgiens ou des Roumains… Comme le disait l’ancien demi de mêlée français Pierre Danos, le rugby, c’est comme le piano : il y a ceux qui le déménagent et ceux qui y jouent. Des mots que l’on confère souvent aux All Blacks. Tout au long de leur campagne européenne, les autres Blacks, les nôtres, n’ont eu de cesse de plaquages en poussées et percées de déplacer l’instrument et de jouer sur toute la portée.

Tout ne fut pas parfait à Chisinau mais qu’importe. Souvent dominée sur une pelouse qui n’avait de pelouse que le nom, la Belgique n’a jamais vraiment plié. Menée 9-3 quelques instants avant la sirène, c’est des mains de Gillian Benoy que vint la délivrance suivie de la transformation de Nicolas Meeus entre les perches (9-10). Les Moldaves n’eurent même pas le temps de relancer du jeu. L’arbitre valida le ticket des Diables en sifflant la fin des débats.

Sous pression, c’est pourtant aux nôtres qu’échut la première pénalité que Meeus manqua après moins de 10 minutes. Mais il ne manqua pas celle de la parité à la 27e après l’ouverture du score par les Moldaves. Bousculés comme prévu en mêlée, les hommes de Guillaume Ajac concédaient une nouvelle pénalité juste avant la pause (6-3) alors qu’ils étaient réduits à 14 sur la jaune de Florian Piron.

Avec l’énergie du désespoi r et à force d’abnégation, la Belgique empêchait les Moldaves de s’approcher de la ligne d’en-but. Seule une pénalité récompensa la fougue désordonnée des Moldaves à huit minutes du terme. La suite, vous la connaissez. Les Belges jetaient leurs dernières forces dans la bataille pour forcer le destin et ne pas reporter tous leurs espoirs sur le dernier match en Pologne. En posant du jeu avec la maîtrise retrouvée de l’ovale. Sur une touche à cinq mètres de l’en-but moldave, Gillian Benoy déposa le cuir au pied des poteaux… Deux ans après l’avoir quitté, la Belgique retrouvait l’élite du Vieux Continent…