Rugby Guillaume Ajac se méfie des Brésiliens que les Diables Noirs défient samedi au Heysel.

Il n’y a pas que le football au pays de Pelé ! Dans la banlieue de Rio de Janeiro, il n’est pas rare de dénicher, sur une colline, une favela où l’ovale se taille une place à l’ombre du ballon rond.

En guise de terrain, on est loin du pré anglais mais la passion est réelle. Parfois, entre les sifflements des balles des narcotrafiquants ou des bandes rivales, de jeunes gamins donnent le tournis au ballon en le faisant vriller comme des professionnels des nations ancestrales de l’ovalie au point que certains d’entre eux s’identifient aux All Blacks en adaptant la Samba au Haka. Avec 16.000 licenciés dans un pays de plus de 200 millions d’âmes, le rugby en est encore aux balbutiements mais il se développe dans une ferveur non feinte en prônant les valeurs du rugby même si les stars du football brésilien font évidemment rêver tous les ados.

Samedi, les hommes de Guillaumes Ajac ne défieront pas encore ces jeunes pousses brésiliennes mais bien leurs aînés qui ne doivent être en aucun cas sous-estimés.

"C’était compliqué pour eux la semaine dernière face aux Allemands, décalage horaire et changement de conditions climatiques obligent. Comme tous les Brésiliens, ils ont le ballon dans le sang et, par conséquent, aiment produire du jeu. Ce deuxième test ne sera plus du même acabit."

Et pour ce test face aux Brésil, la majorité des cadres a répondu présent à l’appel du staff.

"Nous sommes ravis de nous retrouver dans l’optique du Rugby Europe Championship en février et mars. L’aventure de la dernière campagne et le gros match contre le Portugal ont posé les bases d’une fondation solide entre les joueurs au niveau de l’état d’esprit et de la volonté de réussir de belles choses avec l’équipe nationale. Avec notamment les cadres, évoluant à l’étranger, qui s’investissent dans le projet à l’image de notre capitaine Jens Torfs."

Des cadors qui seront bien nécessaires face aux Brésiliens. "C’est une belle équipe qui a battu le Portugal l’année dernière. Ils ne sont pas loin de pouvoir figurer dans l’antichambre du Six Nations."

Seul regret, le test face au Brésil sera le seul rendez-vous avant l’échéance du Rugby Europe Championship. "Nous étions preneurs de trois ou quatre tests mais les impondérables financiers firent en sorte que nous devons nous contenter de ce seul rendez-vous automnal pendant la fenêtre internationale."

Un rugby à... la sauce Brasil

Avec une 30e place au dernier classement de World Rugby, le Brésil se situe clairement dans le giron des nations comme la Belgique ou le Portugal. Les Tupis sont en tournée sur le Vieux Continent pour une série de trois tests. Sans doute surpris par la froidure de nos contrées, ils ne purent rivaliser d’entrée avec les Allemands samedi dernier et s’inclinèrent 45-12, affichant des lacunes dans nombre de secteurs, surtout au niveau des réceptions en touche mais attention, comme en football, ils aiment produire du jeu de mouvement. 

Les Brésiliens devraient déjà afficher un visage plus séduisant samedi face aux Diables Noirs avant de défier l’Espagne dans huit jours. Le Brésil ne compte pas d’expatriés dans ses rangs même si certains ont évolué quelques mois dans les divisions fédérales en France. Avec un demi d’ouverture originaire de Nouvelle-Zélande ou un trois-quart avec des gènes sud-africains, les Tupis aiment le jeu ouvert.

T. W.