Rugby

Les Saracens, tenants du titre et invaincus depuis deux ans, ont dû batailler jusqu'au bout mais ont fini par s'imposer en finale de Coupe d'Europe face à Clermont 28-17 samedi à Edimbourg.

Les Londoniens, également champions d'Angleterre en titre, peuvent encore réaliser le doublé Coupe d'Europe-championnat. En revanche pour l'ASM, habituée des défaites en finale - la troisième en cinq ans en Coupe d'Europe après 2013 et 2015 - c'est encore une fin cruelle.

Les Clermontois ne sont pas passés loin, même s'ils ont toujours été menés. Paradoxalement, les Anglais, qui prennent d'ordinaire le pas sur leurs adversaires après la pause, ont ralenti le rythme au retour des vestiaires, sans doute usés par leurs efforts offensifs souvent stoppés par des Clermontois courageux.

Ils repartent tout de même victorieux et deviennent la 4e équipe à réaliser le doublé après Leicester, le Leinster et Toulon. Les "Sarries" entrent surtout dans l'histoire en devenant la première équipe à aligner 18 matches sans défaite dans la compétition, un record.

Un des leurs a également battu un autre sacré record: l'insaisissable Chris Ashton, qui en ouvrant le score est devenu le meilleur marqueur de la Coupe d'Europe (37 essais), dépassant le Toulonnais Vincent Clerc (0-5, 14e).

Les Clermontois, acculés depuis l'entame, ont encaissé un second essai après un gros temps fort des Saracens, conclu par le redoutable George Kruis. Le deuxième ligne a bénéficié du travail de sape du demi de mêlée Richard Wigglesworth, venu semer la panique dans le rideau clermontois (0-12, 23e).

La pénalité de l'espoir

Mais Clermont a du coeur et peut compter sur ses leaders. Alors que les Anglais avaient fait le trou, Morgan Parra, profitant de la solidité de sa mêlée, a pris son temps pour choisir Aurélien Rougerie.

Debout sur la ligne, celui-ci résistait au plaquage et Lamerat lui arrachait le ballon des mains pour aplatir (7-12, 28e).

C'est ensuite Scott Spedding qui sonna la révolte. A la récupération, l'arrière enchaîne les crochets, remonte une moitié de terrain. Le décalage qui s'ensuit profite à Yato, qui s'échappe côté gauche et offre un boulevard à Nick Abendanon, auteur du deuxième essai (14-15, 51e).

Comme l'avait prédit l'entraîneur des "Sarries" Mark McCall, la finale allait être serrée jusqu'au bout. C'est aussi ce qu'a dû se dire Parra en répondant par pénalités interposées à Farrell (17-18, 60e), maintenant ainsi l'écart à un point.

Plusieurs fois, l'ASM a tenu bon au plus près de sa ligne, mais les Saracens sont patients et vont faire la différence dans les dix dernières minutes par leur arrière Goode, dans le bon intervalle sur l'extérieur pour marquer (25-17, 72e).

A la 75e minute de jeu, Camille Lopez, face aux perches, a dans ses pieds la pénalité de l'espoir. Mais son tir passe à gauche et dans la foulée, les Anglais obtiennent une pénalité qu'Owen Farrell ne manque pas de transformer (28-17, 78e).

Après ce nouvel échec majeur, Azéma devra trouver les mots pour que Clermont, qui disputera dans deux semaines les demi-finales du championnat de France à Marseille, ne connaisse pas une nouvelle fin de saison noire.