Rugby

Retour à la réalité. Après un succès séduisant en ouverture des tests de novembre face aux Samoa, le XV de France s'est pris les pieds dans le tapis d'un adversaire bien mieux armé, l'Australie, vainqueur (23-25) au Stade de France samedi soir.

On attendait ce rendez-vous face aux vice-champions du monde pour juger de la réelle valeur de ces Bleus, lancés dans la première saison complète à leur tête de Guy Novès, enfin assis sur une préparation digne de ce nom.

Il ne fallait donc pas s'emballer après la large victoire samedi dernier à Toulouse face aux Samoa (52-8), ponctuée de sept essais et de plusieurs actions d'envergure, qui suivait un succès prometteur en Argentine en juin (27-0).

Les Wallabies, bien plus tranchants en attaque, pénibles dans les regroupements et organisés en défense que les guerriers du Pacifique, ont montré le chemin que le XV de France devait encore accomplir.

Et samedi prochain, ce sont les All Blacks, double champions du monde en titre et bourreaux des Bleus lors de la dernière Coupe du monde (62-13 en quarts de finale), qui se présenteront à Saint-Denis.

Malgré un baroud d'honneur dans les vingt dernières minutes qui a enflammé le Stade de France, ils ont donc chuté face à des Australiens pourtant remaniés, privés de plusieurs cadres au repos (Folau, Hooper, Kepu) ou sur le banc (Moore).

Le Stade de France y a pourtant cru, quand un essai de Wesley Fofana (67) a ramené à deux points les Bleus, devenus beaucoup plus fringants grâce à l'apport du banc. S'en sont suivi plusieurs longues séquences, dont une dernière dans les 22 mètres australiens, où ils ont conservé le ballon sans réussir à réellement s'approcher de l'en-but.

Finalement, ils ont décidé d'éjecter le ballon pour Camille Lopez, placé en position de drop. Manqué par l'ouvreur de Clermont, qui avait remplacé Jean-Marc Doussain, pour sa première sélection depuis mars 2015.

Doussain avait lui été titularisé en remplacement de François Trinh-Duc, tombé pour la patrie samedi dernier. Et si le Toulousain n'a pas démérité, inscrivant même un essai (55), le jeu a paru moins fluide avec lui.

Ballons perdus

La faute, aussi, aux Wallabies bien plus agressifs en défense, ce qui a fait perdre aux Bleus un nombre considérable de ballons, dans le jeu courant (en-avants) ou les regroupements.

Dont trois qui ont au final ont pesé lourd dans la balance, dans les 22 mètres adverses: un en-avant de Uini Atonio (39) et un ballon gardé au sol (77) à une dizaine de mètres de la ligne alors que le XV de France n'était mené que 23 à 25. Juste avant le drop manqué de Lopez.

Les joueurs de Guy Novès pourront aussi regretter les points qu'ils ont laissé échapper au pied: une pénalité de Scott Spedding (15) et deux transformations de Maxime Machenaud (18, 55).

Mais aussi les 19 plaquages manqués (81% de réussite), qui ont permis aux Australiens de marquer deux essais par Bernard Foley (35), qui a remplacé au pied levé à la dernière minute Quade Cooper, blessé, et Tevita Kuridrani (58).

Il y a cependant évidemment eu du positif: la conquête, parfaite, et notamment la mêlée, qui a mis celle des Wallabies au supplice.

Mais aussi le caractère démontré pour essayer de revenir dans la partie, et les intentions de jeu, symbolisées par ces 26 passes après-contact!

Les Bleus sont cependant encore en reconstruction, laquelle sera mise à l'épreuve des All Blacks samedi prochain. Contre qui il faudra gommer les scories vues samedi soir pour allier au style le résultat et tenter de faire basculer dans le vert ces tests de novembre.



L'Ecosse sur le fil

L'Ecosse, en battant l'Argentine sur une pénalité marquée à la dernière minute samedi à Edimbourg (19-16), a cette fois connu une fin de match heureuse, une semaine après sa défaite sur le fil face à l'Australie (22-23).


L'Italie surprend l'Afrique du Sud pour une grande première

L'Afrique du Sud, décidément bien mal en point, a été battue par l'Italie pour la première fois de son histoire samedi à Florence (20-18).

Pour l'Italie, entraînée depuis cet été par l'Irlandais Conor O'Shea, il s'agit d'une victoire historique puisque les Azzurri n'avaient jamais battu l'un des trois géants de l'hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Australie, Afrique du Sud).

Les Springboks ont désormais perdu six de leurs sept derniers matches et cette tournée d'hiver vire pour eux au fiasco après une défaite 37-21 face à l'Angleterre, contre laquelle ils ne s'étaient plus inclinés depuis 2006.

L'Italie a elle enfin battu l'une des références du jeu, une semaine après avoir pourtant été balayée par la Nouvelle-Zélande à Rome (68-10). Les Azzurri avaient perdu leurs 12 précédentes rencontres contre l'Afrique du Sud.

"Je suis très fier de cette équipe, ils méritent tout ça. C'est un super groupe. Tout le monde dit que le rugby italien va mal mais j'avais confiance. Je suis très heureux pour eux, mais ce n'est que le début, il y a encore beaucoup à faire", a déclaré O'Shea sur la chaîne italienne DMax.


L'Angleterre écrase comme prévu les îles Fidji

L'Angleterre a remporté samedi sa 12e victoire consécutive en écrasant les îles Fidji (58-15) à Twickenham, et n'a plus que deux chocs à tenir face à l'Argentine et l'Australie pour boucler l'année 2016 invaincue.

La sélection d'Eddie Jones, qui n'a plus perdu depuis son humiliante élimination en phase de poules de la Coupe du monde par l'Australie (13-33), en octobre 2015 dans ce même temple du rugby anglais qu'est Twickenham, a passé neuf essais aux Océaniens, sans traîner.

Au bout de trois minutes, elle en avait déjà inscrit un par Joseph. Après un quart d'heure de jeu, elle avait déjà passé la ligne d'en-but trois fois (Daly à la 8e, le Fidjien d'origine Rokoduguni à la 12e). Et à la demi-heure de jeu, elle menait 31-0 après deux essais supplémentaires d'Harrison (19e) et Launchbury (26e).

Profitant d'un logique relâchement, les Fidjiens réagissaient avec trois essais en un quart d'heure, deux avant la pause (Nadolo, 31e et Nakarawa, 40e) et un au retour des vestiaires (Talebula, 44e) pour revenir à 34-15.

Dans cette rencontre en trois temps, le dernier acte sera anglais avec quatre essais de plus, par Goode (50e), Joseph (56e), Rokoduguni (65e) et Launchbury (70e).


Les All Blacks lavent l'affront face à l'Irlande

On ne bat pas les All Blacks deux fois. Les Néo-Zélandais se sont vengés samedi à Dublin (21-9) de la défaite historique que leur avaient infligés les Irlandais il y a deux semaines à Chicago (29-40).

La dernière fois qu'ils avaient été battus deux fois, c'était face à l'Afrique du Sud en 2009. Qui sait quand sera la prochaine ?

Car malgré leur débauche d'énergie et la fureur de l'Aviva Stadium, les Irlandais n'ont pu rééditer leur exploit face aux hommes en noir qui affronteront le XV de France samedi prochain.

Ce sont pourtant eux qui avaient fait redescendre sur terre les Néo-Zélandais, stoppés le 5 novembre au Soldier Field de Chicago dans leur série historique de 18 succès consécutifs.

Redevenus humains après cette défaite sur les bords du lac Michigan, les double champions du monde en titre ont cette fois renoué avec leur légende même s'ils ont été bousculés durant une grande partie de la rencontre et ne se sont pas montrés particulièrement brillants.

Secoués par le défi physique et l'intensité imposés par les Irlandais, trop souvent poussés à la faute, les Blacks, qui ont écopé de deux cartons jaunes (Aaron Smith, 18e et Malakai Fekitoa, 49e), ont tenu bon. Il faut dire qu'ils avaient retrouvé leurs deuxièmes lignes, Brodie Retallick et Sam Whitelock, blessés à Chicago et intraitables samedi en défense et dans les regroupements.

Après un haka empreint de revanche, les doubles champions du monde ont immédiatement monopolisé le ballon, inscrivant leur premier essai par Fekitoa au bout de trois minutes, après un renversement au pied de Beauden Barrett, tout juste élu meilleur joueur de l'année.

Avant de remettre cela dix minutes plus tard (14e) par Barrett, qui a transpercé la défense irlandaise.

Malgré la perte rapide de leur ouvreur Jonathan Sexton (18e) et de leur centre Robbie Henshaw (11e) dans une rencontre marquée par le combat, les Irlandais ont ferraillé, revenant à cinq points des Blacks sur deux pénalités de Paddy Jackson (25e, 58e).

Mais sans jamais renverser les Blacks qui ont eux inscrit un troisième essai sur un ballon de récupération par Fekitoa (66e) après un mouvement de grande classe marqué par une chistera de Barrett et une passe après contact de Perenara.

Les Irlandais avaient attendu 111 ans avant de surclasser les Blacks pour la première fois. Il devront encore attendre pour le faire une deuxième fois.