Rugby

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L'Irlande arrête l'Angleterre: pas de Grand Chelem, pas de record

L'Irlande l'a encore fait: le XV du Trèfle a privé l'Angleterre d'un deuxième Grand Chelem consécutif samedi lors de la dernière journée du Tournoi (13-9), mettant aussi un terme à la série de 18 victoires de l'Angleterre, comme il l'avait fait face aux All Blacks.

Comme en novembre à Chicago face à la Nouvelle-Zélande (40-29), les Irlandais font chuter l'équipe du moment!

Une victoire à Dublin et les hommes d'Eddie Jones auraient effacé le record des All Blacks, qu'ils avaient égalé en s'adjugeant le Tournoi contre l'Ecosse avec la manière samedi dernier (61-21).

Une victoire et le XV de la Rose devenait la première nation à réussir deux Grands Chelems de suite depuis le passage de la compétition à six participants en 2000.

Mais sous la pluie dublinoise, au lendemain de la Saint Patrick chère à la Verte Erin, les Anglais se sont heurtés à la furia irlandaise, pour la première défaite de Jones à la tête du XV de la Rose.

A vrai dire, ils ont même paru sans solution en première période, tant le XV du Trèfle a dominé avec 74% d'occupation et 76% de possession.

Si les Anglais ont pu continuer d'espérer, ils l'ont dû à une certaine maladresse irlandaise. Malgré la domination, Sexton n'a eu qu'une pénalité à se mettre sur le pied (3-0, 11e) et seul Henderson a réussi à marquer un essai (10-3, 24e).

Petit à petit, malgré les impacts et l'intensité irlandaise, l'Angleterre a refait son retard grâce à la botte de Farrell (13-9, 67e). Mais à Dublin, sous la pluie, ces Irlandais-là, tombeurs de géants, étaient trop disciplinés, malins. Imbattables.

Objectif 2019

Reste que malgré la défaite, l'Angleterre a remporté son deuxième Tournoi de suite. Et Jones et ses hommes, malgré la déception, peuvent se retourner et admirer le chemin accompli.

Une partie de son travail est fait: l'Angleterre peut désormais croire en ses chances de victoire lors de la Coupe du monde 2019.

Car l'Australien a transformé le XV de la Rose depuis son arrivée fin 2015, dans les remous du désastre de la Coupe du monde à domicile. Les Anglais étaient alors meurtris après avoir été sortis de "leur" Mondial dès la phase de poules, une première pour un pays organisateur.

Tout n'était pas à jeter dans cette équipe, construite sur un groupe de jeunes, deux fois champions du monde des moins de 20 ans en 2013 et 2014. Mako et Billy Vunipola, Joe Launchbury et Joe Marler devant; Owen Farrell, George Ford, Jonathan Joseph, Jonny May, Jack Nowell, Anthony Watson derrière, tous arrivent désormais au pic de leur carrière.

Jones a d'emblée imposé son style, en installant Dylan Hartley, l'enfant terrible du rugby anglais comme capitaine. L'Australien veut des gagnants prêts à tout, des leaders au mental sans faille, quitte quelques fois à déborder, pas des gentils garçons.

Puis il a introduit quelques petits changements, parfois insolites, dans la préparation, dans le but avoué de ne rien laisser au hasard pour remporter la Coupe du monde 2019.

Il a par exemple encouragé les joueurs à sortir entre eux boire des bières, dans la limite du raisonnable, pour créer un esprit d'équipe. Il a banni la monotonie des entraînements pour moins d'ennui et introduit des sports de combat dans la préparation pour modifier les attitudes au contact.

La méthode a replacé les Anglais sur la carte ovale et fonctionné à merveille pendant 18 matches. Et fait d'eux, au moins sur le plan comptable, l'égal des All Blacks, doubles champions du monde en titre.

Dans les autres matches, le XV de France a battu le pays de Galles à Paris, 20 à 18 après une rencontre qui a duré 100 minutes, alors qu'à Edimbourg, l'Ecosse n'a fait qu'une bouchée (29-0) d'une équipe d'Italie, une nouvelle fois dernière du Tournoi.


La France s'impose face au pays de Galles après 100 minutes de jeu (20-18)

Renversant! Après vingt minutes de temps additionnel - du jamais vu - et une fin de match irrespirable, le XV de France a fait plier le pays de Galles (20-18) pour conclure dans la souffrance mais en beauté le Tournoi des six nations, samedi au Stade de France.

Les quelque 78.000 spectateurs, et les millions de téléspectateurs, se souviendront sans doute dans quelques années encore de cette fin de match folle.

Vingt minutes d'arrêts de jeu, des mêlées à n'en plus finir, des fautes à répétition des Gallois qui ont changé plusieurs fois de piliers, un imbroglio après le carton jaune de Samson Lee, un Stade de France incandescent, des bancs debout... et au bout du bout, l'essai en force du talonneur remplaçant Camille Chat pour libérer l'enceinte de Saint-Denis.

Pour permettre aux Bleus de terminer la compétition avec un bilan positif, avec trois victoires, après celles acquises face à l'Ecosse (22-16) et en Italie (40-18). Pour deux défaites, en Angleterre (16-19) et Irlande (9-19).

Elles sont oubliées, dans l'immédiat, après cette victoire totalement irréelle. Laquelle, au passage, a égayé une semaine tourmentée pour le rugby français après les remous du projet de fusion entre le Racing 92 et le Stade Français.

En fusion, le Stade de France l'a donc été pour assister à la première victoire des Bleus face au XV du Poireau depuis la demi-finale de la Coupe du monde 2011 (9-8).

Un succès qui leur permet au passage de terminer sur le podium du Tournoi pour la première fois depuis 2011, et de rester dans le deuxième chapeau le 10 mai lors du tirage au sort de la Coupe du monde au Japon. Et d'ainsi tirer a priori un groupe moins compliqué.

Résilience

Ils semblaient pourtant se diriger vers une sixième défaite de suite face aux Dragons rouges lorsque le buteur et arrière gallois Leigh Halfpenny a porté l'avance de son équipe à cinq points, après une nouvelle pénalité à moins de dix minutes de la fin (71).

Encore plus lorsque Noa Nakaitaci, par ailleurs très en jambes, a commis un en-avant sur ce que l'on pensait être la dernière attaque française, trois minutes plus tard.

Mais face à des Gallois sur les rotules, à bout de souffle, ils n'ont pas abdiqué, revenant dans leur camp, dynamisés notamment par l'entrée en jeu au poste de demi de mêlée d'Antoine Dupont, pour sa deuxième sélection à l'âge de 20 ans.

Le XV de France a donc fait preuve d'une incroyable force de résilience, de caractère. Mais aussi, jusqu'à cette fin de match, des mêmes défauts affichés pendant la compétition: un manque de patience, de maîtrise et de lucidité.

Entame de feu

En tête de dix points après un excellent début de rencontre, concrétisé par un essai de Rémi Lamerat (7) et une pénalité de Camille Lopez (15), il a ainsi laisser progressivement les Gallois revenir dans le match puis passer en tête.

Certes, le carton jaune dont a écopé Virimi Vakatawa (19), pour un en-avant volontaire à proximité de sa ligne, alors que Wayne Barnes avait simplement sifflé une pénalité sur la même situation quelques minutes plus tôt en faveur des Bleus, ne les a pas aidés.

Mais ils ont été ensuite incapables de mettre la main sur le ballon de la 15e à la 30e minute, par de nombreuses scories (en-avant, ballons perdus par manque de soutien etc.).

Il y a aussi eu cette séquence juste après le repos, durant laquelle ils se sont précipité pour jouer vite à la main une pénalité (45) à cinq mètres de la ligne galloise, alors qu'ils auraient pu prendre les trois points pour repasser en tête (9-10).

En-avant gallois, puis pénalité pour le XV de France en mêlée, qui choisit de nouveau la mêlée au lieu de tenter les trois points. Résultat: pénalité pour le pays de Galles.

Cela aurait pu être le tournant du match. Il n'en a rien été, par la victoire et surtout l'incroyable scenario qui y a mené.

L'Ecosse l'emporte avec le bonus face à l'Italie (29-0)

L'Écosse a dit au revoir à son sélectionneur Vern Cotter, remplacé par Greg Townsend dès juin, en remportant sa toute première victoire avec bonus offensif face à l'Italie (29-0) samedi à Murrayfield.

Ces cinq points de plus au classement pourraient offrir la 2e place à l'Ecosse, son meilleur classement depuis son dernier titre en 1999, l'ultime Tournoi à cinq nations. Une autre époque.

Mais pour cela, il faudrait que le pays de Galles s'impose en France (15h45) et que l'Angleterre s'impose en Irlande (18h00).

Avec trois succès (Irlande, Galles, Italie) pour deux revers (France, Angleterre), c'est en tout cas le premier bilan positif depuis 2006 pour le XV du Chardon. Une belle récompense pour le Néo-Zélandais Cotter, en poste depuis juin 2014 mais poussé vers la sortie en fin de saison afin de laisser la place à un Ecossais, Townsend.

L'ancien entraîneur de Clermont, qui va retrouver le Top 14 dès cet été à la tête de Montpellier, aura redressé en trois ans une sélection en pleine déliquescence dans les années 2000. A son actif, un quart de finale de Coupe du monde 2015 perdu d'un rien face à l'Australie (34-35).

Son dernier match avec les Calédoniens ne restera pas dans la légende: après un essai de Finn Russell, qui échappait à deux défenseurs italiens (28e), et un deuxième moins glorieux de Matt Scott (38e), placé idéalement sur un ballon rabattu par Stuart Hogg, les favoris ont peiné pour inscrire quatre essais, synonymes de bonus offensif.

Grâce à une excellente défense autant qu'à la naïveté italienne, ils n'ont pas encaissé d'essai en début de seconde période malgré le carton jaune infligé à John Barclay (49e) sur un gros temps fort adverse.

L'orage passé, Tim Wisser a rapproché la Calédonie de son tout premier bonus (62e) avant que Tommy Seymour ne tire Murrayfield de son sommeil avec le quatrième essai (73e).

L'Italie, qui s'était imposée à Edimbourg en 2015 (19-22), termine son Tournoi avec la cuillère de bois et un bilan catastrophique: cinq défaites, dont trois à Rome, et 26 essais encaissés.