Rugby

Le sans-faute se poursuit pour l'Angleterre qui s'est adjugée pour la première fois une série de test-matches en Australie grâce à sa victoire (23-7) samedi à Melbourne frappée du sceau du pragmatisme et du courage défensif.

On ne finit donc plus d'admirer le redressement du XV de la Rose qui, huit mois après son élimination dès la phase de poules de sa Coupe du monde, renverse tout sur son passage.

Sous la férule du nouveau sélectionneur Eddie Jones, la confiance s'est réinstallée dans le camp anglais. Et après un Grand Chelem dans le Tournoi des six nations, une victoire fin mai en match amical contre le pays de Galles, les partenaires de Dylan Hartley viennent de rafler deux succès contre les Wallabies. Un triomphe historique avant même l'épilogue de la série samedi prochain à Sydney.

En ajoutant une victoire sans enjeu contre l'Uruguay en Coupe du monde, l'Angleterre surfe même sur une série de 9 succès inédite depuis la période 2003-2004.

Au-delà des chiffres, le contenu impressionne. Car au terme d'une saison éprouvante à tous les niveaux, ce XV de la Rose aurait pu courber l'échine Down Under où l'histoire ne lui a jamais été favorable (5 succès en 19 matches désormais).

A l'inverse, les Anglais ont fait voeu de jouer dur, de montrer leurs muscles dans le feu du combat.

Une semaine après avoir répondu dans le jeu (39-28) à Brisbane, les Anglais ont cette fois abandonné complètement la maîtrise de la partie à leurs adversaires.

La stérilité australienne

Les statistiques laissent pantois: avec 71% de possession, 74% d'occupation, les Australiens se sont fait quatre fois plus de passes que les Anglais qui, eux, ont quatre fois plus plaqué!

En résumé, les vagues australiennes se sont fracassées à tous les coins du terrain sur la défense anglaise, seulement prise à défaut sur un imparable ballon porté à la fin de la première période aplati par le capitaine des Wallabies Stephen Moore (36).

Dans cette partie électrique, marquée par des accrochages y compris jusque dans le couloir des vestiaires, les hommes d'Eddie Jones ont donc usé toutes leurs forces pour décourager des Australiens bien trop maladroits, à l'image des 22 ballons perdus donc une quinzaine d'en-avants.

Pour se détacher, les Anglais ont profité eux aussi d'un ballon porté converti par le capitaine et talonneur Dylan Hartley (20) en première période et de deux pénalités d'Owen Farrell.

En tête 13-7 à cinq minutes de la fin, les Anglais n'étaient pas à l'abri d'un retour australien. Mais un contre assassin, bonifié par un coup de pied à suivre du talonneur remplaçant Jamie George, amenait un essai décisif de Farrell (76).

Un verdict froid comme une lame qui offrait à l'Angleterre sa plus large victoire en Australie. Et encore plus de certitudes sur ses hommes, son jeu, ses convictions.


L'Afrique du Sud renverse l'Irlande

Une semaine après avoir subi la première défaite de son histoire à domicile contre l'Irlande, l'Afrique du Sud a remis les pendules à l'heure face au XV du Trèfle grâce à une folle remontée dans les vingt dernières minutes, samedi à Johannesburg (32-26).

Voilà qui doit soulager le nouveau sélectionneur des Springboks Allister Coetzee, déjà sous pression après un historique revers la semaine dernière au Cap (20-26), pour son premier match.

Mais sa sélection, qui à égalisé un 1-1 dans la série avant le dernier match samedi prochain à Port Elizabeth, a éprouvé les pires difficultés possibles face à des Irlandais passés tout proches d'un authentique exploit à l'Ellis Park.

L'Afrique du Sud, menée à la mi-temps (3-19) après avoir accumulé les maladresses et les fautes, sur lesquelles a capitalisé l'ouvreur irlandais Paddy Jackson, accusait en effet un retard de 16 points (10-26) à un peu plus d'un quart d'heure de la fin après un essai de Jamie Heaslip (61).

Mais, avec l'entrée de ses remplaçants, elle s'est réveillée face à des Irlandais de plus en plus incapables de mettre la main sur le ballon et de sortir de leur camp, inscrivant trois essais en 13 minutes.

Le premier par le troisième ligne Warren Whiteley (64), entré en jeu à la mi-temps, le deuxième par le deuxième ligne Pieter-Steph du Toit (70), et le dernier, celui de la délivrance, grâce au centre Damian de Allende (76).

Allister Coetzee pouvait exulter et souffler avant une dernière pénalité de l'ouvreur Elton Jantjies (80) scellant définitivement le sort du match.