Running

Le Bruxellois François Stockmans, à 50 ans, ne semble pas prêt de s’arrêter

Le 31 octobre 1987, le Bruxellois François Stockmans participait à son tout premier marathon. C’était à Etten-Leur, aux Pays-Bas. "À la base, j’étais parti là-bas pour participer au semi-marathon avec un copain. Et puis, une fois sur place, je me suis dit : ‘pourquoi ne pas essayer le marathon ?’ Ce jour-là, j’ai découvert une distance qui me convenait", débute-t-il.

Une première qu’il a plutôt bien gérée et qui fut le début d’une longue histoire d’amour avec la distance mythique. "Je l’ai bouclé en 3h31 sans aucune préparation. Je dois reconnaître que les trois derniers kilomètres ont été difficiles mais les sensations ont été très bonnes."

Ce marathon fut donc le premier d’une longue série puisqu’aujourd’hui, François Stockmans en compte… 119 à son actif. Un chiffre impressionnant qui témoigne surtout d’une véritable passion. C’est elle qui fait avancer l’homme chaque jour et l’encourage à continuer sur une distance sur laquelle il s’épanouit sans cesse et pour laquelle il se prépare au quotidien. "Ces 42,195 km me conviennent, c’est la distance sur laquelle je me retrouve vraiment bien. Depuis toujours, j’apprécie l’endurance. Je me rappelle d’ailleurs que pendant dix ans, j’ai tourné à un volume moyen de 120 km par semaine."

Aujourd’hui, le marathonien fou continue d’entretenir la machine avec des sorties quotidiennes, lui qui a aussi réalisé quelques belles performances tout au long de sa carrière. "L’une de mes fiertés est d’avoir réalisé 55 marathons sous les 2h45. C’est une sorte de récompense pour ma régularité aux entraînements."

Sa meilleure perf remonte à 1992. "J’avais réalisé 2h35 à Rotterdam. Mais c’est déjà loin tout ça. Aujourd’hui, je tourne aux alentours de 3h. Cela s’explique par un entraînement différent, l’âge qui avance (NdlR : 50 ans) et un genou parfois récalcitrant."

Il aurait dû s’arrêter à 100

Mais le plaisir est toujours le même et la série en cours devrait se poursuivre des années encore. Une série qui aurait pourtant dû prendre fin bien plus tôt. "Quand je suis arrivé à 85, un ami, Ivan Rosenbaum, m’a lancé le défi d’aller jusqu’à 100. Mais quand je suis arrivé à 100, je ne voyais aucune raison d’arrêter puisque je me sentais encore très bien. Le marathon, c’est un réel moment d’évasion pour moi. Une discipline qui demande de la rigueur dans la préparation mais surtout dans la gestion de l’effort."

C’est d’ailleurs cette gestion qui fait avancer le marathonien. "On se prépare toujours minutieusement mais cette discipline conserve une certaine part d’incertitude. On ne sait jamais comment va se dérouler une course, comment notre corps va réagir. C’est un truc qui m’excite. Et puis dans un marathon, on est seul face à soi-même, il n’y a pas moyen de tricher."

Le 120e en octobre à Toulouse

Malgré ses 119 marathons déjà bouclés et 30 ans d’expérience sur la distance, François Stockmans parle toujours avec la même passion, le même plaisir, comme il l’a fait lors de notre rencontre ce dimanche lors des 10 Km de l’ULB auxquels il a pris part. "Le plaisir est différent mais il est toujours bien présent. Je suis moins stressé car je n’ai plus d’objectifs de résultats mais l’excitation est toujours bien là une fois sur la ligne de départ."

François Stockmans a d’ailleurs d’ores et déjà programmé son 120e marathon : ce sera à Toulouse, le 22 octobre prochain. "Je vise les 2h50." Avant d’envisager un jour la fin de cette course folle ? "Tant que mon corps suivra et que le plaisir sera toujours présent je continuerai. Je l’ai toujours dit, je m’arrêterai le jour où je ne prendrai plus de plaisir. Mais c’est loin d’être le cas."

Avec un conseil pour ceux qui voudraient suivre vos traces ? "Il faut avant tout écouter son corps, ne pas vouloir faire des choses pour lesquelles on n’est pas prêt."