Running

Le Luxembourgeois n'a pas raté une seule des huit éditions depuis la création de la mythique épreuve en 2010. Et il les a toutes bouclées.

Les chiffres du Tor des Géants, véritable monument de l’ultra-trail, sont vertigineux. Un parcours long de 330 kilomètres pour quelque 24.000 mètres de dénivelé positif. La traversée d’un parc naturel, d’un parc national, mais aussi de 25 cols à plus de 2.000 mètres d’altitude, de 30 lacs, et un sommet à 3.300 mètres d’altitude.

Deuxième Belge et un des cinq représentants de la province de Luxembourg à franchir la ligne d’arrivée à Courmayer, Claude Lambin est l’un des habitués de cette classique de l’ultra. Et pour cause, depuis la création de l’épreuve en 2010, le résident de Bellefontaine a été de toutes les éditions. Soit huit participations, qu’il a à chaque fois menées à bien.


Il fait partir des neuf "sénateurs" rescapés

"Nous étions encore onze au départ de cette édition à avoir le titre de Sénateur , comme disent les Italiens au sujet de ceux qui sont présents depuis la première édition et qui ont chaque fois été finishers. Deux ont abandonné cette année, nous ne sommes donc plus que neuf…"

Tout a commencé en suivant ses filles sur les pistes d’athlétisme. Pour joindre l’utile à l’agréable, Claude Lambin a démarré la course à pied sur les pistes en tartan.

"Je suis passé ensuite par les Allures Libres de Gaume, avant d’entendre parler du trail", explique le Gaumais. "Je me suis rendu en 2006 à la Bouillonnante avant de faire l’UTMB en 2008 et d’être au départ du Tor des Géants pour la première édition en 2010, année de la création de l’épreuve. Depuis, je n’en ai pas raté une. À cette époque, nous étions 350 au départ. Aujourd’hui, c’est bien différent. Il y a un tirage au sort avec un quota d’inscrits pour chaque pays. Des 51 Belges enregistrés, seuls 17 ont été repris."

Claude Lambin a évidemment son passe-droit pour être au départ. Mais à l’exception d’une petite ristourne sur le droit d’inscription, aucune autre faveur pour les Sénateurs. "Ils vont peut-être attendre que l’on ne soit plus que trois ou quatre pour faire quelque chose" , lâche-t-il avec un soupçon d’ironie. "Mais ce n’est pas ça qui m’empêchera de revenir. Pourtant, à l’arrivée, je me dis parfois que je n’en serai plus l’année suivante. Mais rapidement, le positif me revient à l’esprit. Vous ne pouvez pas imaginer les paysages que l’on peut découvrir tout au long de ces 330 kilomètres."

À n’en pas douter , ce Tor des Géants n’est pas un trail comme les autres. Tous les participants, finishers ou non, vous le confirmeront.

© D. R.

"Je peux m'arrêter un quart d'heure pour discuter avec un berger"

Claude Lambin, qui ira au moins jusqu’à dix participations, souligne l’accueil hors norme des Valdôtains

Le mental est prépondérant dans les efforts d’endurance extrême, comme peut l’être le Tor des Géants. Durant 108 heures, Claude Lambin a vécu son expérience seul.

"C’est un choix. Je suis quelqu’un de plutôt solitaire au départ. Et j’ai besoin de cette liberté. Je me souviens une année avoir répondu à mon téléphone, pensant qu’il s’agissait de ma femme… et c’était un représentant ! J’en ai eu les jambes coupées. Maintenant, je ferme mon GSM."

Seul, le Gaumais ne l’est en fait pas réellement car il y a d’autres concurrents. Mais si le départ se fait en groupe et que l’on ressent à ce moment-là un petit esprit de compétition, il n’en est plus question par la suite.

"Certains aiment marcher avec d’autres participants, ce n’est pas mon cas. Mais je peux décider de m’arrêter un quart d’heure pour discuter avec un berger croisé dans un alpage. D’ailleurs, chaque année, je retrouve un habitant qui m’a vendu un fromage alors que j’étais en promenade avec ma femme. Il m’attend pour me saluer et c’est toujours un plaisir de vivre ces retrouvailles."

Ce n’est pas la seule anecdote que le Luxembourgeois pourrait raconter au sujet de ses huit participations au Tor. Ainsi, il se souvient aussi d’une rencontre particulière lors d’une arrivée à Courmayer. "J’ai vu une petite dame, les cheveux blancs, elle devait avoir plus de 80 ans. Elle est venue me trouver et elle m’a tendu un petit papier et un bic. Elle voulait que je mette mon nom dessus. Mon premier autographe. Mais visiblement, c’était quelque chose d’important pour elle. Il faut dire aussi que l’accueil dans la région est incroyable. Si on a envie d’y retourner, c’est pour la course, ses paysages mais aussi pour ses habitants."

En 2018 , Claude Lambin nous l’a promis, il sera au départ de la neuvième édition du Tor. "Dans la foulée, je pousserai au moins jusqu’à la dixième. Puis, pourquoi ne pas tenter l’aventure dans la catégorie V3." Sans doute dans l’espoir secret d’inscrire son nom au palmarès de cette mythique épreuve.