Running Belgium Running s’est glissé au cœur du marathon le plus mythique de la planète. Et n’est pas près d’oublier cette expérience


Qui n’a pas entendu un jour parler du marathon de New York ? Pour tous les coureurs, et sans conteste pour tous les marathoniens, l’épreuve est souvent l’objectif d’une carrière… Nous avons eu la chance et le bonheur de connaître le Graal ce dimanche en nous glissant au cœur de cette mythique épreuve !

Un déplacement à New York qui avait été programmé dès la fin de l’année dernière. Car ici les places sont chères, à tous niveaux. Mais autant l’écrire de suite : le New York marathon n’a pas de prix, tout simplement car il n’existe nul autre événement pareil mais aussi car cette énorme machine est tellement bien rodée que le marathonien a tout pour s’y sentir parfaitement bien !

Une chaleur humaine indescriptible

Au pays de la démesure, nous avons été agréablement étonnés par l’ambiance chaleureuse régnant à Big Apple. Les participants sont choyés dès les inscriptions. Tout est pensé, tout est fait pour que vous soyez placé dans les meilleures conditions. Pour accueillir près de 60.000 participants, c’est bien normal me direz-vous. Les organisateurs, le New York Road Runners, ne lésinent sur aucun moyen. Les bénévoles sont aux petits soins, les forces de l’ordre jouent le jeu et les habitants vous voient comme des héros !

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Le Jour J

Le marathon de New York, derrière ces images qui font le tour des médias, c’est une très longue et épuisante journée à assumer. Un lever dès 4h30 pour prendre la navette qui vous emmène au ferry. Tous les participants doivent passer par ce check-point pour rejoindre le départ, lui aussi mythique, à Staten Island. Dingue ! Une bonne heure de file, debout, est nécessaire avant de prendre le bus qui vous emmène au village de départ. Là, c’est grandiose. Après le très fluide mais efficace contrôle de sécurité, nous avons rejoint notre village. Pour nous c’était l’orange, mais deux autres zones étaient prévues pour accueillir comme il se doit les participants. Là, il y règne une ambiance incroyable. Tout est fait pour vous faire patienter dans les meilleures conditions. Des bonnets offerts, tout comme le petit-déjeuner avec un large choix, des produits énergétiques sont distribués en veux-tu en voilà, quelque 4.000 toilettes sont là pour éviter les files que l’on peut rencontrer presque partout ailleurs, les postes médicaux sont omniprésents, le speaker parle plus de 6 langues… Un événement qu’il faut vivre pour le comprendre!

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L’Heure H

Quatre vagues de départs sont proposées avec, à chaque fois, trois zones de couleurs et cinq vagues… C’est qu’il faut bien cela pour permettre aux 60.000 participants de s’élancer sur l’immense pont Verrazano-Narrows d’où débute le marathon. La machine est bien huilée, tout se déroule parfaitement, à vrai dire, nous n’avons pas ressenti la cohue que l’on peut retrouver sur certains joggings… régionaux ! Avant de nous élancer, une petite action humanitaire s’impose. Les vêtements qui nous ont permis de rester au chaud avant la course peuvent être placés dans des containers et seront distribués aux personnes dans le besoin. Chapeau !



Porté par la foule

À peine le pont franchi, une marée humaine borde le parcours, les encouragements fusent, les pancartes d’encouragement sont légion, tout est fait pour que le coureur soit porté vers l’arrivée. Et contrairement à d’autres grands rendez-vous à travers le monde, ici cela continue durant… 42 kilomètres. Les orchestres en tout genre se succèdent. Gospel, rock, fanfares, cornemuse, tambours, nous avons eu droit à tout ce qui est possible d’entendre. Quel plaisir ! Impossible de rester insensible, les émotions vous envahissent, à en avoir la chair de poule. Et ce n’est pas la fine bruine qui nous a accompagnés tout au long du tracé, bien vallonné, qui aura raison de la ferveur populaire. La horde de runners a déferlé sur les quartiers de Big Apple : Queens, Brooklyn, Harlem, Bronx, Manhattan, avant de rejoindre Central park. New York, nous avons adoré, et ce n’est même pas le fameux mur à deux miles du terme qui nous a empêchés de savourer cette journée inoubliable

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345 Belges plongés dans une marée humaine

De nombreux Belges avaient spécialement fait le déplacement de l’autre côté de l’Atlantique pour s’aligner au départ du New York Marathon. Si Koen Naert a réussi l’exploit d’accrocher la 8e place en 2 h 13 min 21, 345 compatriotes ont, au total, pris le départ. Parmi eux, le Bruxellois Edgar Makanga, un vrai addict au running depuis quelques années, qui rêvait de ce rendez-vous. Et il s’en souviendra… éternellement ! "J’ai vécu une ambiance indescriptible, carrément assourdissante, glissait-il après la course. C’est très difficile de trouver les mots. Sur mon lit de mort, je pense que je me souviendrai encore de cette journée du 5 novembre 2017. Durant les 42,195 km, j’ai eu l’impression de vivre une étape de montagne du Tour de France, mais dans la peau d’un acteur, tant les spectateurs se sont montrés aussi enthousiastes que fanatiques. Une véritable marée humaine de 2,5 millions de personnes de part et d’autre de la chaussée, rendant parfois certains passages étroits."

Pour le Nivellois Vincent Grek, médecin qui ne conçoit pas non plus son existence sans ses runnings, c’est l’émotion qui a pris le dessus. Au diable le chrono envisagé, place au plaisir de l’instant présent. "Le départ, avec des mots inspirants et tolérants après l’attentat de la semaine, était prenant !" Ensuite ? Le bonheur ! "Les gens tendaient les mains pour obtenir un contact avec les coureurs. À chaque quartier, un speaker nous accueillait avec des encouragements. Impossible pour moi de ne pas aller au contact des spectateurs ! C’était un échange incroyable. Il devait y avoir des millions de personnes ! Mon Dieu, quel bonheur !"

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