Running Courir, c’est bien, savoir après quoi on court, c’est encore mieux. Et même indispensable pour progresser ou tenir sur la durée

Avoir un objectif permet d’avancer. En course à pied, cela permet même de courir. Lentement d’abord, puis plus vite si là est votre motivation.

Avant même de chausser ses baskets ou de penser à un plan d’entraînement, il est donc indispensable de pouvoir répondre à la question "pourquoi je cours ?" La réponse doit être personnelle et peut prendre la forme d’une épreuve dans le calendrier lors de laquelle on souhaite performer mais peut aussi être, plus simplement, réussir à courir 5 kilomètres, s’échapper du stress du quotidien, voir des amis ou encore perdre quelques kilos…

"Chaque être humain, que ce soit dans le cadre de l’entreprise ou de sa pratique sportive, doit toujours avoir un objectif en vue", soutient le psychologue du sport Jef Brouwers, conseillé notamment de la famille Borlée. "Cet objectif doit être défini en rapport avec la qualité de vie que l’on souhaite avoir. Celui-ci donne en effet un sens à la vie. Sans objectif, la vie devient un non-sens et on se retrouve perpétuellement dans le doute. Il en va de même pour la course à pied qui n’a aucun intérêt aux yeux de celui qui n’y a pas d’objectif. Au-delà de ça, définir un objectif est indispensable afin de pouvoir réaliser quelque chose, se surpasser. Cela permet de regarder vers l’avant et amène le succès, et donc la joie car l’être humain se nourrit de succès. Et, in fine, de définir d’autres ambitions, par la suite, parfois plus ambitieuses ou orientées vers la performance."

Ne pas viser trop haut

L’amateur de course à pied, flatté de constater par exemple qu’il a perdu quelques kilos après plusieurs semaines de pratique alors qu’il avait pour objectif de maigrir, aura d’autant plus envie de continuer que celui qui a juste suivi son camarade, parce que le running est à la mode. Après ces premiers kilos envolés suivront d’autres objectifs, et ainsi de suite. Tandis que le coureur sans objectif aura vite fait de rejoindre son canapé.

Le danger existe cependant de fixer des objectifs trop ambitieux et, donc, de se brûler. La règle est donc de définir un but qui correspond à ses possibilités ou à son potentiel du moment. "En cas de doute, il faut pouvoir oser demander un avis extérieur plutôt que de viser à côté, c’est même indispensable" , poursuit Jef Brouwers. "Rien ne sert en effet de vouloir aller trop vite et de se retrouver face à un constat d’échec, qui a l’effet inverse du succès sur l’être humain. On ne fait pas du sport pour être effrayé par ce qui nous attend. Il faut donc viser juste, ni trop haut ni trop bas avant, par la suite, de se montrer plus ambitieux."

La notion d’échéance est également importante. Si vous débutez et que vous savez que vous êtes du genre à ne pas tenir vos engagements sur la durée, rien ne sert de vous projeter deux années plus tard. Voyez d’abord à court terme, c’est-à-dire à un horizon distant de quelques semaines. "Il faut d’abord aller chercher des petites victoires, avant des grandes." Car une fois l’objectif atteint et le temps de la satisfaction passé, il sera important de rapidement réfléchir à un nouvel objectif, en fonction du nouveau potentiel.