Running À effort constant, vos pulsations cardiaques finiront toujours par augmenter sur la durée. Explication d’un phénomène mieux connu sous le nom de dérive cardiaque

Tentez l’expérience, muni de votre montre cardio. Courez à une vitesse constante d’endurance, par exemple dix kilomètres/heure. Durant 5, 10, 20, 30 minutes ou plus, selon votre niveau, vous constaterez que votre cœur bat à une vitesse régulière avant de commencer à grimper doucement mais sûrement dans les tours. Ce constat se reproduit, plus rapidement, quand vous voulez maintenir un rythme plus soutenu sur la durée. Il s’agit là d’un phénomène connu des sportifs d’endurance sous le nom de dérive cardiaque, que l’on peut résumer, en quelques mots simples, comme étant la hausse de la fréquence cardiaque sur la durée pour un effort de même intensité.

Cela peut paraître technique comme concept mais il s’agit en fait d’un excellent indicateur de votre état de forme, ou plutôt de votre endurance. Une endurance qui, faut-il le rappeler, est le socle indispensable sur lequel un coureur peut venir construire la performance. Plus votre endurance est bonne, plus vous pourrez maintenir une allure dans le temps avec une fréquence cardiaque équivalente. Au contraire, si votre cœur se met à grimper rapidement sans que vous n’accélériez, cela nuira inévitablement à votre capacité à tenir un effort sur la durée et, donc, à vos performances. Il s’agit alors de se poser les bonnes questions quant à sa pratique et de retourner aux bases en favorisant un travail d’endurance fondamental. Quitte à avoir cette impression, désagréable pour certains, de se traîner sur les routes et chemins.

L’endurance vous mènera loin

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce phénomène de dérive cardiaque. Tout d’abord, en cas de fortes chaleurs, comme ces derniers jours, la hausse de la température corporelle ou la déshydration favorise l’augmentation des pulsations. De façon plus générale, c’est la fatigue d’un corps non habitué à soutenir l’effort en question sur la durée qui en est la raison principale. "La pratique régulière de la course à pied augmente la vascularisation des muscles et des tissus", argumente Jacques Borlée. "Cela permet à l’oxygène de mieux circuler et aux muscles d’être mieux alimentés. Et au mieux un muscle est oxygéné, au plus il sera capable de performer. Le cœur sera d’autant moins sollicité."

Pour repousser cette inévitable dérive cardiaque dans le temps, il faut à la fois de l’entraînement et une bonne connaissance de ses capacités afin de bien cibler les zones d’endurance à laquelle travailler. "Si l’endurance est primordiale, la variation des allures l’est tout autant pour progresser", rappelle Jacque Borlée.

Se faire conseiller ou suivre un plan d’entraînement, comme ceux proposés sur l’application Belgium Running, doit vous permettre de travailler correctement. Indispensable pour ne pas se retrouver très rapidement à la dérive sur votre prochain 10 kilomètres. Et encore plus quand il s’agit d’un semi, voire d’un marathon…