Running L’ancien attaquant du Sporting d’Anderlecht n’hésite pas à enfiler ses chaussures dès qu’il le peut et à accompagner l’association Tous à Bord

Nicolas Frutos n’a pas pu faire la fête avec le Sporting d’Anderlecht ce dimanche après le Topper, mais l’occasion n’est que partie remise pour l’ancien goleador des Mauves. Cela ne l’aura cependant pas empêché de s’adonner à son nouveau hobby : la course à pied.

Aujourd’hui membre à part entière du staff du RSCA, où il occupe la fonction de T3, l’Argentin a, en effet, succombé lui aussi au charme de cette discipline qui n’en finit plus de faire des adeptes. Tout comme Anthony Vanden Borre ou encore Stéphane Stassin, c’est sous l’impulsion de Jean-François Lenvain, un vrai boulimique du running et des longs efforts en solitaire, que Nicolas Frutos a été enrôlé dans l’armée de l’association Tous à bord du responsable de la cellule sociale du Sporting bruxellois et qui permet à des personnes souffrant de handicap de participer à de telles organisations.

"Je n’avais jamais couru dans la vie, je n’aimais d’ailleurs pas trop ça", souffle Nicolas Frutos. "Mais, depuis un an, je me suis lancé dans cette aventure avec Jean-François Lenvain. C’est génial parce que grâce à ce sport, Jean-François m’a emmené sur plusieurs courses, dans des endroits que je ne connaissais pas. Ça me permet de découvrir de nouveaux villages ! En plus, c’est pour la bonne cause, donc c’est très bien !"

À chacune de ses apparitions avec le maillot de Tous à bord, l’ancien attaquant, aujourd’hui âgé de 36 ans, ne passe pas inaperçu et se prête volontiers au jeu du selfie. Bien que souvent contraint à ronger son frein en raison de blessures récurrentes durant sa carrière de footballeur, Nicolas Frutos n’est donc pas resté inactif après sa retraite sportive. Pas question toutefois de parler de drogue lorsqu’il évoque ce virus de la course à pied.

"Non effectivement, je ne suis pas accroc. Je cours de temps en temps. Ça fait du bien pour la santé évidemment, mais je ne suis pas un fanatique. Avec les blessures que j’ai connues, je dois également être prudent et prendre le temps pour bien récupérer, surtout au niveau du tendon d’Achille, mon gros point noir. Mais une course comme l’Ekiden de Soignies, à laquelle j’ai pris part dernièrement, de temps en temps, ce n’est pas un problème", continue l’ancien attaquant qui reconnaît toutefois avoir besoin de sa dose quotidienne de sport… comme au temps de ses années de footballeur. "Je m’entraîne tous les jours. Entre 45 minutes et une heure. Je cours par contre deux fois par semaine, mais ça dépend encore une fois de mon tendon d’Achille. Si ça ne va pas, je m’entraîne sur le vélo ou je pratique la boxe. J’aime bien pratiquer plusieurs sports."

Une autre ambiance que dans le milieu du foot

On peut se demander ce qui pousse les footballeurs à se lancer dans un tel défi. Nicolas Frutos a d’ailleurs participé au 20 kilomètres de Bruxelles l’année dernière et, même si dans son chef on ne parle pas de chrono mais plus d’une occasion de faire passer le message de Tous à bord, il faut pouvoir enfiler les bornes. "Dans tous les sports, nous évoluons dans un monde extraordinaire, de santé, de bonheur. On réalise des choses pour soi-même dans une ambiance saine. Mais à la course à pied, cette ambiance est même parfois plus simple que celle de mise dans le monde d’un footballeur professionnel. À l’Ekiden, par exemple, on est dans un contexte de collectif puisqu’il s’agit de course de relais, mais c’est gai. Dans la vie, on apprend tous les jours."

On a compris que, pour l’Argentin, la course à pied est devenue un complément appréciable dans un planning déjà bien chargé. Pas question donc de se fixer l’objectif de cinquante dossards en quelques années comme les buts qu’il a empilés avec la vareuse du Sporting d’Anderlecht entre 2006 et 2010.

"La seule ambition que je nourris aujourd’hui est de tenir le plus longtemps possible une condition sportive et athlétique", ajoute Frutos. "Je veux garder de bonnes sensations. En tant qu’entraîneur, on reste des exemples pour ceux qui se préparent à devenir footballeurs pro et il est important de véhiculer une bonne image sportive envers eux. Je ne suis plus footballeur, mais je dois montrer que je reste en mouvement."

Lors de notre entretien, voici dix jours, il espérait en tout cas pouvoir accompagner ses potes de Tous à bord lors des prochains 20 kilomètres de Bruxelles, le 28 mai. "Cela ne dépend pas de moi, mais bien du boulot. L’agenda me le permettra-t-il ? En tout cas, je suis prêt si j’ai l’occasion de les faire de nouveau."


"Foot et course à pied sont impossibles à comparer"

Chaque sport possède ses propres spécificités et contraintes. Affirmer qu’une discipline forme de meilleurs sportifs ou des athlètes plus complets que d’autres, c’est hors de question pour Nicolas Frutos. Pourtant, en passant régulièrement du football à la course à pied, il est bien placé pour avoir un avis pertinent. "On ne peut pas comparer ces deux sports tant on est dans des domaines différents", soutient le T3 du Sporting d’Anderlecht. "Pour les coureurs à pied, on parle surtout d’endurance. Le footballeur, quant à lui, est plus dans un travail musculaire avec des fractions plus intensives. L’esprit est également différent et il est aussi impossible de les comparer parce que tout dépend du niveau de professionnalisme de chacun."

Le sourire que Nicolas Frutos affiche à chaque fois qu’il enfile la vareuse de Tous à Bord est en tout cas une satisfaction supplémentaire pour Jean-François Lenvain, qui est devenu une sorte de coach de coachs (Stassin, qui vient de prendre part au marathon de Paris, fait partie du staff des espoirs anderlechtois). "C’est une sorte d’école de running avec Tous à Bord . On dépasse donc également le cap de l’handicap. Avant Tous à Bord , Stassin et Frutos n’avaient jamais mis un dossard. J’aime particulièrement ce nouveau rôle" , sourit Jean-François Lenvain.