Running Le coureur de la province de Liège a terminé à la 19e place au général, signant un excellent chrono pour un natif du plat pays

Olivier Remacle (30 ans) s’est orienté vers le trail il y a quelques années. Les succès se sont succédé et notre homme est parti à Chamonix ce week-end pour défendre nos couleurs au mythique Marathon du Mont Blanc. Il y a terminé à la 19e place, premier Belge, au milieu d’une foule de spécialistes des courses en altitude.

"Je suis arrivé sur place le vendredi, confiant et motivé comme jamais, et je peux vous dire que jusqu’à dimanche, l’attente fut longue et stressante. J’ai eu droit à un dossard dans le box élite, ce qui est déjà un avantage non négligeable pour la gestion du départ. Ce départ fut d’ailleurs un moment inoubliable. Une ambiance de feu, un public explosif et, surtout, être aux côtés de Kilian Jornet, le célèbre Espagnol qui a accumulé tous les records de courses de montagne, ça ne s’oublie pas."

Et d’ajouter : "Dès les premières foulées, je me suis senti en forme et j’ai suivi le groupe de tête sans me mettre dans le rouge. Au 17e kilomètre, en bas du Col des Posettes, j’étais 11e. Il fallait garder à l’esprit que je ne pouvais pas rivaliser avec les vrais montagnards dans la côte suivante qui offrait 1.200 m de D + sur les 6 km à gravir. La descente qui suivait était d’ailleurs impressionnante et je me suis retrouvé en bas à la 17e place, au km 29. C’est là que j’ai eu mon coup de mou, dû entre autres au froid qu’il y avait en haut des cols. Et comme souvent, le final s’est joué au mental…"

Le Marathon du Mont Blanc , c’est aussi la foule sur le parcours, un public qui porte, qui aide, qui motive. "Des images à retenir ? Sans conteste, c’est ce public nombreux, du début à la fin, qui encourage tous les coureurs. Un autre moment fort restera aussi l’arrivée où tu rends fier ta famille et tes amis, tous ceux qui sont venus pour t’encourager. Tu te dis à ce moment-là que ton travail et tes sacrifices ont payé et sont enfin récompensés."

Le seul bémol pour Oli fut cette météo maussade qui ne lui a pas permis de profiter pleinement des magnifiques paysages que peut offrir le Mont Blanc.


David Bertrand: "Frustré mais pas dégoûté"

© D. R.

David Bertrand, journaliste sportif à la RTBF, a pour habitude de suivre les plus grands sportifs de la planète. Cette fois, lors des 80 kilomètres du Mont Blanc, il avait décidé que l’acteur, ce serait lui. Une expérience à la fois incroyable mais également cruelle pour celui qui s’est fait découper son dossard, signe d’une obligation d’arrêter son effort avant la fin de l’épreuve.

"J’ai mal géré ma course, je n’étais pas au bout de mon effort mais malheureusement j’ai été arrêté", explique-t-il. Cette épreuve, qu’il prenait avant tout comme un challenge, il l’avait pourtant préparée. "J’avais calculé des moyennes de temps et j’étais parvenu à prendre pas mal d’avance. Mais j’ai enchaîné la malchance. J’ai eu de l’attente au ravitaillement, des bouchons sur un single et, l’un dans l’autre, j’ai rapidement pris du retard", poursuit-il.

Un peu frustré mais pas pour autant désabusé, David Bertrand reviendra avec davantage de préparation. "Le peloton n’était pas assez étiré et nous avons perdu du temps bêtement, c’est dommage ! Je ne suis pas pour autant dégoûté, c’est une super région et je venais pour prendre du plaisir. Je reviendrai profiter de cette ambiance exceptionnelle une fois que j’aurai encore acquis un peu plus d’expérience."

© D. R.


Sur le podium à 70 ans!

Joseph Dortu a fini 2e V4 pour sa 5e participation. Il était logiquement très ému sur le podium. Sportif accompli et papa de deux autres spécialistes du trail, il a comme beaucoup commencé par le football et est dans le monde de la course à pied depuis les années 70.

Ce week-end, à Chamonix, pour la première fois, il est monté sur le podium devant une foule impressionnante, après un bel exploit : finir deuxième au général en V4 ! Ce succès, il le doit à sa motivation et sa combativité. "À 70 ans, je voulais une fois encore me lancer ce défi. Dans cette course, on se bat contre soi-même. Cette année, je m’étais mieux entraîné, en mettant en avant les phases de récupération. En V3, j’avais déjà fait de bons temps et signé de bonnes places (26e, 29e). Ici, ce podium, c’est vraiment une surprise, ce n’était pas du tout l’objectif de départ. J’ai eu de bonnes jambes tout au long de l’épreuve et je n’ai eu aucun moment de découragement. J’ai une fois encore profité de l’ambiance, des paysages… C’est une course magnifique."

Et quand Youp (son surnom depuis des années) évoque le meilleur souvenir de cette édition, on sent une vive émotion dans la voix… "À deux cents mètres de l’arrivée, mon fils François m’a rejoint et m’a dit de tenir le coup, qu’il y avait une belle surprise pour moi à l’arrivée ! Et cette surprise, c’était ce fameux podium !" En 2018, Youp se contentera, cette fois, du cross de 23 km, plus adapté à son âge.