Running

Nombreux sont ceux qui jurent qu’ils vont se mettre à courir au passage de l’an neuf. Si beaucoup ne tiennent pas parole, cette promesse fait partie d’un processus essentiel


Le mois de janvier est celui des bonnes résolutions. Se mettre à faire du sport et, en particulier, à courir est l’une des promesses que l’on entend le plus souvent au moment du passage à l’an neuf. Certains s’y tiennent et viennent garnir les rangs toujours plus fournis des amateurs de course à pied. D’autres s’y essayent quelques semaines avant d’abandonner, sans oublier ceux pour qui ce n’était là que des paroles en l’air.

Au final, la majeure partie de ces bonnes résolutions sera donc sans suite sur le long terme. Faut-il pour autant les accueillir avec un sourire moqueur ? Non. Au contraire, elles font même partie d’un processus indispensable à l’équilibre de chaque personne. Se fixer un objectif à court, moyen ou long terme est en effet la première chose à faire, en course à pied comme dans la vie de tous les jours, pour avancer. Cet objectif doit pouvoir répondre à la question "pourquoi je veux faire ça ?", en l’occurrence me mettre à courir, dans le cas qui nous occupe.

Ne pas vouloir faire comme les autres

Attention, la réponse à cette question doit absolument être personnelle. Affirmer vouloir se mettre à la course à pied parce que ses camarades du nouvel an ont clamé la même chose sous l’effet d’une soirée un peu trop arrosée a donc très peu de chances d’avoir une suite concrète, du moins sur le long terme. Il faut croire en ses résolutions, peu importe la réponse à ce "pourquoi", qui peut d’ailleurs prendre de multiples formes. Comme l’envie de performer, de veiller à sa santé, de vouloir perdre quelques kilos, de découvrir d’autres régions ou encore de s’échapper du stress du quotidien.

"Il est en effet très important pour chaque personne d’avoir à tout moment de sa vie un objectif en vue, que ce soit dans le cadre de son travail, de sa pratique sportive ou autre situation", nous confiait à ce sujet le psychologue du sport Jef Brouwers, conseillé notamment de la famille Borlée. Et la nouvelle année, symbole par excellence d’un nouveau départ, est l’occasion idéale pour beaucoup de tourner la page sur un objectif accompli ou non et de s’en fixer un nouveau. "Sans objectif, la vie devient un non-sens et on se retrouve perpétuellement dans le doute. Il en va de même pour la course à pied qui n’a aucun intérêt aux yeux de celui qui n’y a pas d’objectif. Au-delà de ça, définir un objectif est indispensable afin de pouvoir réaliser quelque chose, se surpasser. Cela permet de regarder vers l’avant et amène le succès, et donc la joie car l’être humain se nourrit de succès. Et, in fine, cela permet de définir d’autres ambitions par la suite, parfois plus ambitieuses ou orientées vers la performance."

Étape après étape

Il n’est en effet pas rare de croiser un coureur qui, après avoir chaussé ses baskets pour la première fois peu après le réveillon, est devenu accro. Cela peut, par exemple, être le cas d’une personne flattée de constater qu’elle a perdu quelques kilos après plusieurs semaines de pratique alors qu’elle avait pour objectif de maigrir. Cela lui donnera très certainement l’envie de continuer et de se fixer de nouveaux objectifs.

Pour mener à bien ses résolutions, il faut cependant faire attention à ne pas se fixer des objectifs trop ambitieux, voire irréalistes. C’est le meilleur moyen de ne pas pouvoir les tenir. La règle est de définir un but qui correspond à ses possibilités ou à son potentiel du moment. "Rien ne sert en effet de vouloir aller trop vite et de se retrouver face à un constat d’échec, qui a l’effet inverse du succès sur l’être humain. On ne fait pas du sport pour être effrayé par ce qui nous attend. Il faut donc viser juste, ni trop haut ni trop bas avant, par la suite, de se montrer plus ambitieux", ponctue, à ce sujet, Jef Brouwers.