Running Zatopek Magazine vous propose une série de conseils pour mieux courir. À lire avec une bonne dose de second degré

Dans le langage de la presse, un marronnier désigne un sujet qui revient à échéance très régulière. Par exemple, la perte de poids dans les magazines féminins. Les lecteurs du dernier numéro de Zatopek pourront découvrir eux aussi un bel exemple de marronnier avec un article qui dispense des conseils pour courir plus vite. Mais un marronnier pas comme les autres.

Dans ce numéro, un article intitulé Incroyable mais vra i dévoile une série de dix conseils pour courir plus vite avec cette particularité qu’il s’agit de conseils parfaitement idiots. Voyez plutôt : 1. Matez des films pornographiques 2. Faites-vous couper un testicule 3. Arrêtez de vous laver les dents 4. Ne crachez plus non plus par terre 5. Retenez votre respiration 6. Scotchez-vous la bouche avant d’aller dormir 7. Apprenez des fables de La Fontaine 8. Ne vous coupez plus les cheveux 9. Gardez vos cheveux bancs 10. Parfumez-vous à la menthe

Et pourtant, cela marche !

Ce catalogue absurde pourrait sortir du cerveau d’un entraîneur fou. Pourtant, non. Les recommandations reposent à chaque fois sur des travaux scientifiques ou en tout cas des hypothèses qui font le lien entre l’intensité des efforts en endurance et les conditions de leur exécution. Prenons le premier conseil, celui qui incite à mater des films pornos avant la compétition. Figurez-vous qu’il repose sur le travail de chercheurs britanniques qui avaient recruté pour cela une bande de jeunes rugbymen répartis en deux groupes. Les uns étaient placés dans des cabines où on leur projetait des scènes érotiques. Pour les autres, c’était pareil, sauf que l’écran restait blanc. Suite à cela, les taux de testostérone déterminés sur base de tests salivaires se sont révélés, sans réelle surprise, supérieurs chez les sujets du premier groupe. Restait à savoir si cette variation pouvait occasionner une différence au niveau des performances physiques. Pour le savoir, tout ce beau monde s’est rendu dans une salle de muscu pour quelques exercices à puissance maximale. On s’est alors aperçu que les joueurs qui avaient visionné des films de cul soulevaient des charges plus lourdes. Est-ce que cela marche aussi pour d’autres types d’efforts, comme les sports d’endurance où le défi consiste plutôt à ne pas se désunir et à résister à la souffrance ? C’est tout à fait possible. Cependant, la démonstration reste à faire. Des volontaires ?

A lire absolument

Dans l’article, on trouve des explications similaires pour les neuf autres conseils. Attention tout de même. Cette énumération a pour but de faire sourire et de s’imprégner au passage de l’extraordinaire diversité des travaux menés en sciences du sport. Ils ne sont pas à prendre au pied de la lettre. À commencer par le second. Toute l’équipe du supplément running de La DH s’en voudrait terriblement d’être à l’origine d’une épidémie d’ablation testiculaire. À lire donc. Mais à ne pas imiter !

D’après un dossier réalisé par François Buton et Gilles Goetghebuer

Référence Changes in salivary testosterone concentrations and subsequent voluntary squat performance following the presentation of short video clips, dans Hormones and Behavior, janvier 2012.