Running André laschewski a parcouru plus de 320 km en quatre étapes, soit 48 heures de course

C’est un défi complètement fou que s’est lancé André Laschewski il y a quelques mois : relier la tour Eiffel à l’Atomium à la seule force de ses jambes. Après une intense préparation, l’Allemand résidant à Bruxelles depuis une dizaine d’années s’est donc élancé le 5 septembre de la capitale française pour quatre journées de douleur mais de bonheur.

André, vous êtes donc parvenu à effacer ces 320 km entre Paris et Bruxelles. Pourquoi un tel défi ?

"J’ai été choqué par les attentats qui ont frappé ces deux villes. Je vis à Bruxelles et j’aime cet endroit. Nous avons la chance de pouvoir vivre dans une ville magnifique, et ce n’est pas la haine destructive qui va faire avancer les choses. C’est plutôt la passion et l’amour qui vont gommer les problèmes. J’ai utilisé ma passion pour la course pour faire passer ce message symbolique. Et puis, je l’ai fait pour les deux associations que je soutiens : Infirmières de rue et le CIRÉ."

Comment s’est déroulée cette course en solitaire ?

"C’était vraiment très difficile. Surtout vendredi, le dernier jour, où je devais partir de Maubeuge, en France, pour rejoindre Bruxelles, soit 84 km. J’avais les jambes très lourdes après les trois premiers jours de course. Je ne savais plus du tout courir, donc je marchais. Lorsque je suis arrivé sur le canal vers Bruxelles, c’est devenu vraiment insupportable. Je suis arrivé à Hal vers 22 h et j’ai dû renoncer pour les derniers kilomètres parce que j’étais complètement dans le gaz. Je n’avançais plus, je faisais du 2 km/h. Je me suis même mis à pleurer tellement je n’en pouvais plus. Mes deux accompagnateurs en voiture ont décidé de m’arrêter et de me ramener à Bruxelles en voiture. Je pense que j’ai été trop vite le second jour. J’ai usé mes forces à ce moment-là parce que je n’avais pas prévu de marcher autant le dernier jour."

Samedi, vous avez quand même clôturé votre effort en beauté avec une arrivée sous l’Atomium.

"Oui, j’ai repris la route samedi matin entouré d’une quinzaine d’amis et de partenaires pour faire les deux derniers kilomètres vers l’Atomium. Une fois arrivé, j’ai été reçu par les organisateurs de l’Ecotrail, qui m’ont tendu le micro pour que je puisse donner le départ officiel de la longue distance (80 km) de cette course. J’ai fait le décompte symboliquement dans les trois langues du pays pour lancer les traileurs . J’avais ma fille dans les bras et ma femme à mes côtés, c’était très émouvant."

Vous avez pourtant failli ne pas prendre le départ.

"J’ai pris la décision de partir seulement dix jours avant le jour J. La faute à mon crowdfunding manqué pendant le mois de juillet. Je n’ai pas reçu le budget que je souhaitais, et ça m’avait complètement démotivé. Mais ma femme m’a encouragé et j’ai quand même tenté le coup."

C’est une expérience à rééditer ?

"Il faut voir si je retrouve l’énergie pour le faire (rire) . Après une pause de réflexion, pourquoi ne pas retenter ce genre de défi un jour ? Avec mes deux accompagnants, nous allons bien analyser les erreurs que nous avons commises, notamment en termes de communication, où ça a été compliqué de se faire connaître, et donc que les associations reçoivent plus de dons. Parce que nous ne sommes pas des experts en communication, et c’est la première fois que je faisais une telle chose. Il faudra aussi mieux gérer l’effort sur les quatre jours."