Brabant Wallon

Entretien avec Frédéric Davister après l'officialisation de l'arrivée du clan de Jason Denayer. Lequel veut rejoindre la D1 amateurs à court terme tout en conservant un ancrage local 

Walhain, club de D2 amateurs, semble bien loin des fastes de la vie d’un Diable Rouge. C’est pourtant au sein de ce club que le clan de Jason Denayer a décidé de s’investir. L’oncle de l’actuel défenseur de Galatasaray sera en effet le successeur de Frédéric Davister à la présidence de Walhain. Il arrive avec plusieurs administrateurs, mais pas officiellement Jason Denayer qui, dans les statuts, ne peut faire partie de la structure d’un club érigé en ASBL tout en étant un joueur professionnel en activité. À l’instar de Vincent Kompagny au BX Brussels, il suivra cependant la progression de Walhain d’un œil attentif et s’est d’ailleurs déplacé au stade des Boscailles lors des discussions de reprise.

© moisse

Le Wallonia Walhain demeure une exception dans le paysage footballistique. Cette petite commune du Brabant wallon où résident quelque 7.000 âmes a longtemps flirté avec la D2 lors des années Francis Sprimont et parvient aujourd’hui à se maintenir en D2 amateurs dans une région qui ne vit pas au rythme du ballon rond. Le président en place depuis 2009 souhaitait passer la main depuis plusieurs mois. "C’est un soulagement pour moi que le club de Walhain puisse continuer ses activités", souffle Frédéric Davister. "Et avec des gens du coin puisque je devrais rester comme administrateur, à l’instar d’autres membres du comité actuel."

Frédéric Davister n’est donc plus le président de Walhain. Le Gembloutois, en poste depuis 2009, peut laisser la place au projet du clan de Jason Denayer. Il gardera cependant encore un pied et une partie de son coeur au Wallonia. Entretien.


Frédéric Davister, quels sentiments vous animent au moment de boucler ce long dossier de reprise du Wallonia Walhain ?

"D’abord du soulagement. Soulagement qu’un club de foot de bon niveau puisse subsister à Walhain, et toujours avec des gens du coin. Si je faisais un pas de côté, je devrais rester administrateur, comme d’autres membres du comité actuel. Je suis soulagé aussi car j’étais fatigué. La fin de saison 2016-2017 fut particulièrement compliquée. Je venais au stade avec des pieds de plomb. J’ai un peu repris goût au foot cette année, avec un chouette groupe. Mais il était temps pour moi de passer à autre chose."

Walhain, c’est une grande part de votre vie…

"C’est une longue page qui se tourne, en effet. J’ai vécu neuf ans de présidence ici, mais aussi quatre ans de vice-présidence. Et mes liens avec le club remontent à bien longtemps avant cela. Gamin, j’étais déjà là tous les dimanches. Et j’ai fait tous les petits boulots ici avant de m’investir dans le comité. Le lien est très fort, c’est pourquoi je serai toujours là si je peux aider ou conseiller. Mais tout seul, ce n’était plus possible. Sans oublier que j’ai une vie bien remplie à côté. Nous développons encore nos activités à la boucherie à Thorembais alors que j’ai envie de m’investir également dans la vie politique à Gembloux, où je me présenterai sur une liste aux prochaines élections."

Vous avez toujours martelé haut et fort, malgré les critiques, que Walhain ne serait jamais ridicule tant que vous seriez président. Vous avez tenu parole !

"Cette saison encore, on nous prédisait le pire. Nous avons fait taire beaucoup de monde, et ça reste une belle fierté. Nous avons toujours tenu notre rôle malgré un contexte parfois délicat dans un milieu du ballon rond loin d’être facile. J’ai rencontré beaucoup de monde grâce au foot et j’ai fait de belles connaissances. Mais de vrais amis, je n’en garderai pas."

Ce Walhain familial, petit club de village dans le bon sens du terme, va-t-il pouvoir survivre avec l’arrivée du clan de Jason Denayer ?

"Je ne pense pas que l’ADN de Walhain change. Ce n’est en tout cas pas le but des repreneurs. Ils veulent de la continuité pour ce club qui est, j’aime à le rappeler, tout de même le deuxième club de la province du Brabant wallon. Mais il ne m’appartient plus de m’épancher sur le futur du club. Les nouveaux dirigeants communiqueront plus par eux-mêmes dans les jours à venir."