Charleroi Le club ne veut plus se contenter d’une demi-saison

Ces dernières années, les Moncellois ont cru à plusieurs reprises pouvoir décrocher le précieux sésame, au sein de la division. Mais, à chaque fois, ils ont connu un sérieux passage à vide, pour paraphraser Nicolas Rey. Alors pourquoi cette saison serait-elle la bonne ? Sur papier, Monceau possède la meilleure équipe. Il suffit de demander à la Raal ce qu’elle en pense… "Pourquoi vous jouez en P1 et pas en D2 amateurs ?" ont lancé plusieurs Loups à Keevin Terwagne et consorts.

D’ailleurs, c’est plutôt paradoxal. Clairement, cette équipe dominerait plus facilement la D3 amateurs que la P1. Damien Miceli, le dernier arrivé, l’expliquait lui-même : "C’est parfois plus facile de jouer à l’échelon national qu’à l’échelon provincial. Il ne faut pas croire que la P1 va être une partie de plaisir."

Le gaucher a raison. Mais, là où Fred Vandamme, le directeur sportif, est malin, c’est qu’il a conservé de vrais joueurs de P1, dans le noyau. Dans les matches difficiles, les Kossianov, Marchand, Matteotti et autres seront très précieux ! "Ils savent quand il faut mettre un coup, récupérer un ballon, calmer le jeu", explique Keevin Terwagne. "C’est précieux !"

En fait, le groupe de Monceau est vraiment bien balancé, à une exception, le secteur offensif. Clairement, si Melvin Kruys est en forme, rien ne peut arriver au groupe. Cet attaquant est fait pour la P1. Solide, rapide, technique, puissant, il peut facilement planter 25 buts, s’il est bien alimenté. Seulement voilà, il faudra que les blessures lui lâchent la grappe. Sinon, les Moncellois n’ont pas énormément de solutions. Ils ont de bons joueurs offensifs, mais ce ne sont pas des tueurs comme le bulldozer.

Les premiers matches de Monceau constitueront un bon indicateur. Clairement, défensivement, c’est du costaud. Terwagne (ex-Châtelet), Steens (ex-Châtelet), Gnakpa (ex-Olympic), Befahy (ex-Heppignies), cela pourrait faire rêver toutes les équipes de D2 amateurs. C’est la saison où jamais pour un club qui se structure bien. S’il retrouve son stade et parvient à attirer du public, il a tout pour devenir la quatrième formation de la région, derrière le Sporting, Châtelet et l’Olympic. "Il ne suffira pas de paraître, il faudra mouiller son maillot", conclut Damien Miceli.

Soignies rejette le rôle de favori

La RUSGTH est ambitieuse tandis que Pont-à-Celles peut y croire. Pour sa première saison à Buzet , Roch Gerard a décroché la sixième place. Cette année, il est certain que le noyau visera le tour final. “On a conservé notre groupe” , lance Rocco Antenucci, le milieu de terrain. “On y a ajouté quelques bons renforts comme Delwarte. L’ambiance est bonne. Les jeunes ont gagné en maturité. Il y a un véritable équilibre.”

La RUSGTH aborde le prochain exercice avec des ambitions revues à la hausse. “Il faut bien entendu que la mayonnaise prenne mais a priori, Monceau sera bien l’ogre de la série”, confie Gianni Palermo, le manager des Borains. “Quant à nous, en tant qu’outsider, je dirais oui et non. C’est vrai que sur papier, nous avons une belle équipe avec des joueurs régionaux qui ont des choses à prouver, y compris à eux-mêmes. D’un autre côté, on sait comment est la P1 et l’an passé, avec une très belle équipe, on a dû se battre pour ne pas descendre. Si on finit dans le Top 5, on aura réussi notre saison.”

Fort de ses dix ans d’expérience en P1, l’homme dévoile son Top 5  : “Nous, je l’espère. Il y a aussi Monceau. C’est fort de partout. Je vois bien Gosselies, Antoing, Péruwelz, Tertre et sans doute un montant.”

Équipe solide en P1 et présente depuis de longues années, Soignies rejette le statut de favori. “Je ne sais pas trop si c’est exagéré mais en tout cas, je préfère qu’on soit catalogué parmi les outsiders”, explique Julien Gordillo qui a repris la succession de Stéphane Monnier lors de la défunte saison quelques mois seulement après que celui-ci a repris le relais de Gordillo. “Tout dépendra de l’envol que nous prendrons en ce début de saison. Notre noyau est plus étoffé que l’an dernier, mais on y retrouve également beaucoup de jeunesse. Il y a un bon mix. Nous n’allons pas crier haut et fort que nous sommes favoris, c’est certain. D’autant que tout dépendra du début de championnat. Je suis en tout cas satisfait pour l’instant de la préparation. Les gars sont dans une progression régulière.”

“À Neufvilles, on est impatient”

Contrairement à Anderlues, pour Neufvilles, la première journée de P1 ce week-end qui les verra affronter le Pac Buzet sera une toute première pour les Carriers. Neufvilles n’avait en effet jamais atteint ce niveau provincial. À quelques heures de se lancer dans le grand bain, on ne sent pas encore le stress monter. “Non, pas forcément”, confie Grégory Gorez, le coach. “Par contre, on est impatient, on a hâte que cela commence pour enfin se jauger par rapport aux autres équipes.” Pour ne pas se sentir largués rapidement, les Neufvillois ont fait venir 2-3 gars expérimentés à la P1 mais sans avoir fait de grosses folies. “Ce qu’on peut attendre de nous, c’est de nous sauver le plus rapidement possible et de pouvoir jouer les trouble-fête de temps en temps face aux grosses cylindrées. On a toujours fait bonne figure en P2, il n’y a pas de raisons que ce soit différent en P1.” Alors que le club tournait autour de cette montée pendant des années, Neufville a en effet réussi à atteindre son rêve. Et ils attendent le derby contre Soignies Sport avec impatience. “Même si on sera heureux de jouer contre toutes les équipes de la série, c’est vrai que le derby contre Soignies sera différent.” De son côté, Anderlues sera attendu au tournant après avoir été presque imbattable en P2C la saison dernière.