Sport régional Avec quatre clubs en D3 amateurs, la région du Centre est plutôt bien lotie en la matière cette saison


Samedi soir, la Raal bouclera sa série de derbies avec la réception du Stade Brainois, après le déplacement à Binche et la réception de Manage.

Si pour le Tivoli, l’arrivée des voisins est toujours appréciable, pour les Binchois, les Manageois et les Brainois, ce genre de match a une saveur particulière dans une série qui les envoie parfois dans la province de Namur ou à Bruxelles, ce qui peut alors avoir une incidence sur la venue des supporters.

Au Sans Fond, lorsque la Raal était venue gagner, les supporters étaient bien plus nombreux que de coutume. "Face à la Raal, on a fait l’une des meilleures recettes de la saison avec près de 750 entrées", souligne Alain Pauly, le président du Stade brainois. "Un derby, c’est un plus. Cela influe sur l’assistance. De plus, un tel match ou derby nous permet d’organiser une réception avant le match. Ce n’est pas négligeable non plus."

Même pour les Verriers et les Levalois qui drainent pourtant un public plus restreint. "On les connaît alors que la Raal restait encore un nouveau club au moment de les recevoir. Même face à Manage ou à l’Entente, on peut aller jusqu’à quadrupler nos entrées et les recettes aux guichets et à la buvette sont plus importantes. En un match, on fait mieux que deux ou trois rencontres face à des équipes plus lointaines. Nos sponsors, en outre, sont sensibles à ces aspects derby et proximité."

Pourtant, à Braine-le-Comte, on se situe très loin du centre de La Louvière ou de Binche. "C’est vrai que notre meilleur derby reste face à Soignies qui n’est qu’à six km. L’engouement que le club de Salvatore Curaba arrive à créer a donc un impact limité pour nous."

Samedi soir, au Tivoli, les Ptits Blancs tenteront de faire honneur à leurs hôtes du soir avec un soutien venu du public. Les jeunes Brainois ayant été conviés par la Raal pour encourager leurs couleurs.


RAQM – RFB: le derby des VIP

Même si le double affrontement n’a plus la saveur d’antan, il y a toujours pas mal d’animation en coulisses lorsque les deux clubs de Mons-Borinage s’affrontent. Mais force est de constater qu’on ne bat plus des records en termes d’assistance, quelles que soient les ambitions ou la progression des deux clubs. C’était correct en août cette année à Mons mais à Boussu, c’était franchement la déception. Finalement, c’est au niveau des repas d’avant-match et des places en VIP que le succès reste bien réel puisqu’on fait souvent le plein. Une maigre consolation puisque c’est rarement là qu’on a la plus chaude ambiance.


Le Real n'a plus de derby

Au contraire, les Acrenois multiplient les heures de déplacement en car à travers la Wallonie

Avant la réforme du football amateur, la Real était versée dans les séries dites flandriennes. Comme le RFC Tournai d’ailleurs. La raison est simple : de tous les clubs wallons, Acren et Tournai sont les plus proches de la frontière linguistique.

Et cela ne dérangeait pas spécialement les clubs concernés. "Pour nous, nous pouvions proposer des derbys face à Brakel, à Audenarde ou encore à Alost, soit des clubs qui se situent à moins de trente minutes de chez nous", explique le manager sportif de la Royale Entente Acren Lessines, Denis Dehaene.

À la question de savoir s’il aurait voulu rester dans les séries flandriennes, Denis Dehaene hésite. "Au niveau de la proximité, c’était clairement mieux avant. Nous pouvions faire quatre ou cinq déplacements en voiture. Ici, nous devons à chaque fois prendre le bus. Cela nous coûte près de 600 euros par trajet. Sans compter le nombre d’heures passées sur les routes. Aussi, force est de constater qu’il y a un nivellement vers le bas suite à la scission entre le Nord et le Sud du pays."

Il y a tout de même quelques avantages. "Le premier se situe au niveau du recrutement. Comme nous sommes le seul club de la région évoluant dans une telle série, c’est nettement plus facile pour avoir des joueurs. Nous ne sommes pas obligés de faire monter les prix. Et puis, nous avons tout de même quelques belles affiches à proposer à nos supporters. Des noms comme Liège, le RWDM ou encore l’Olympic de Charleroi, cela résonne dans leur esprit."

Maintenant, Denis Dehaene ne cache pas qu’il verrait d’un bon œil une promotion du RFC Tournai en fin de saison. "C’est évident que pour nous, si on pouvait avoir des clubs hennuyers supplémentaires comme les Francs Borains, la Raal ou encore Tournai, ce serait un réel plus au niveau des supporters et des entrées au stade."


À l’Olympic: “1.500 personnes quand il y a un derby”

Charles Beugnies est un peu l’âme de l’Olympic. Le secrétaire des Dogues est là depuis des lustres. Il est donc l’interlocuteur idéal pour aborder le sujet du derby et de ses avantages. 

“C’est certain qu’on a eu de la chance d’avoir le RCCF et Châtelet, dans notre série, au cours des dernières saisons”, lance l’un des premiers supporters des Dogues. “Cela nous a permis d’attirer du monde. Lors des meilleures rencontres, cela a pu atteindre entre 1.000 et 2.000 spectateurs. On a tout de même une base de 150 abonnés.” Malgré l’absence d’un derby cette saison, l’Olympic n’a pas à se plaindre. “Il y a les affiches contre le RWDM, Liège ou encore La Louvière. Ce sont des matchs mythiques dans le cœur des gens. Ce sont surtout des rencontres de haut du classement. Les quatre formations occupent… le Top 4. Le match retour contre le RWDM risque de valoir le détour. On est la seule équipe à être parvenue à prendre le meilleur sur le leader. Il devrait y avoir du monde et de l’engouement.” L’Olympic rêve de retrouver, un jour, Châtelet en D1 amateurs pour pouvoir proposer, à nouveau, de belles affiches à ses spectateurs.