Liège Sans structure, le niveau du tennis liégeois est en chute libre. La preuve lors des championnats francophones

La victoire de Juliette Bovy à la Coupe de Borman est un peu l’arbre qui cache la forêt du tennis liégeois. La cadette de la fratrie s’est imposée en Jeunes Filles -15. Alors qu’elle n’est que première année, elle n’a pas concédé plus de trois jeux par match, éliminant notamment des joueuses du centre AFT comme Coralie De Bruyne. En finale, elle a battu Evra Yildirim.

Sur trente titres possibles, quatre seulement sont revenus à des Liégeois. Outre celui de Juliette Bovy, on note ceux de Maud Petrisinec (Visé) en Dames non classées à C30.4 et de Nastasja Juprelle (Neupré) dans la catégorie juste au-dessus. Christelle Dormal (Ladrie) s’est également imposée en Dames 35 mais elle n’a dû jouer qu’un match pour cela. Chez les garçons : rien !

Techniquement, c’est vrai, il y a un cinquième titre mais celui-ci, en dames, revient à la Limbourgeoise Lara Salden, affiliée à Embourg mais qui joue dans le Limbourg.

L’année dernière, déjà, nous nous étions demandé pourquoi le tennis liégeois, jadis fleuron de la petite balle jaune wallonne, scorait aussi peu. On avait voulu nous faire croire à un concours de circonstances.

Mais la vérité est ailleurs : le tennis liégeois souffre d’un manque de structures. Hormis à Eupen, les clubs sont trop peu intéressés par la formation. Ils préfèrent toujours investir à fonds perdus dans les interclubs, mais à quoi sert le prestige d’une D1 si, derrière, on ne tente pas de former les joueurs de demain ? Ce qui est possible dans le Brabant wallon ou dans le Limbourg ne l’est manifestement pas à Liège, qui est retombé au niveau de Namur, du Luxembourg et du Hainaut.

Dans le meilleur des cas, on abandonne la formation à des "écoles" . Nous utilisons volontairement des guillemets car, hormis quelques structures, la plupart sont des professeurs indépendants dont le seul souci est la rentabilité.

Et ne parlons pas de la structure provinciale au niveau de la fédération, complètement archaïque et qui ne joue plus qu’un rôle purement représentatif.

Dans ces conditions, il ne reste plus guère de possibilités. Soit les jeunes intègrent rapidement le centre AFT, à l’image de Gauthier Onclin, soit ils peuvent compter sur des parents qui, comme ceux de Margaux, Arnaud et Juliette Bovy, mettent en place leur propre structure professionnelle avec des entraîneurs, des kinés, un préparateur mental, etc... Mais cela demande évidemment un investissement familial et financier très lourd. Et ce qui est déjà difficile à mettre en place pour 3 joueurs en même temps est quasi impossible pour un seul.

Si on n’y change rien, l’avenir du tennis liégeois s’annonce morose.