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Dacourt: “Je suis content d’avoir pu contribuer au renouveau”

(06/03/2010)

Le milieu de terrain français tire le bilan de son passage écourté en Belgique

PARIS Pratiquement un mois après son départ fracassant du Standard, nous avons repris des nouvelles d’Olivier Dacourt pour tirer le bilan de son passage écourté en Belgique.

Olivier Dacourt, que faites-vous depuis votre rupture de contrat au Standard ?

“Là, je reviens d’Algérie. J’étais invité par Zidane pour jouer un match de bienfaisance. C’était l’Association France 98 contre les anciennes gloires algériennes. J’ai aussi participé au jubilé de Luis Fernandez. Je vais aussi reprendre le footy-volley, que je jouais avant de venir à Liège, avec mes amis. Notamment Djorkaeff. Et je m’apprête aussi à voyager : à Dubaï, au Brésil et en Argentine. Je suis un passionné d’art, donc je visite des musées… et je m’occupe de ma famille. C’est déjà pas mal…”

Quelqu’un d’autre a quitté le Standard en même temps que vous. Enfin, le lendemain. Laszlo Bölöni.

“C’est une coïncidence… je crois.” (sourire)

Vos propos, très durs à son égard, semblent tout de même avoir joué un rôle dans son départ, non ?

“Le Standard fait de meilleurs résultats et les joueurs se disent libérés. Si ma sortie a pu les soulager d’un poids, tant mieux. Je suis content. Je me dis que j’ai quand même servi à tout cela. J’ai dit ce que je pensais. Le but était aussi de parler au nom du groupe, car je comprends que c’était très difficile pour les autres. Il y a des choses que tout le monde doit savoir. Parce qu’on peut raconter ce qu’on veut, mais les résultats ne mentent pas et les règles, c’est les règles.”

Certains disent que vous avez craché dans la soupe.

“C’est faux. Je suis venu au Standard, parce que Laszlo Bölöni m’a appelé. À deux semaines près, je débutais mon cycle d’études, qui ne commence que tous les deux ans. Mais j’ai sacrifié ces deux ans d’études pour venir au Standard. Cela veut tout de même dire quelque chose. Pour moi, ce n’était pas une aventure financière mais humaine. Je voulais connaître Lucien D’Onofrio, car ce qu’il a fait au Standard, c’est énorme. Il a construit un grand club. Je voulais voir comment il travaillait et je suis venu pour faire progresser les jeunes joueurs du club. C’était un coup de cœur. Mais à partir du moment où il n’y avait pas de relation humaine, pas de plaisir et pas de respect, j’ai préféré arrêter. Il y avait plein de petites choses au quotidien qui me dérangeaient. Dans le haut niveau, il n’y a pas de secret, il faut être super rigoureux. Il y avait des règles mais sur la ponctualité… ce n’était pas cela. Et les règles n’étaient pas les mêmes pour tout le monde.”

Vous vouliez déjà arrêter en décembre.

“Oui. Mais la situation était critique et je n’ai pas voulu l’aggraver. Quand je suis parti, elle n’était pas spécialement meilleure, mais il y avait un motif. Laisser ma famille à Paris, c’était un gros sacrifice. Si c’est pour devoir rester en mise au vert puis me retrouver en tribune, non. C’était une humiliation. Le sportif, c’est une chose, mais ma plus grande désillusion s’est située sur le plan humain. C’est se dire qu’on se trompe sur les gens. C’est Laszlo Bölöni qui m’a fait venir alors que j’avais arrêté. Mais alors qu’on ne me traite pas comme cela. Cela dit, je ne veux pas m’étendre là dessus. Parce qu’on peut faire croire beaucoup de choses aux gens. Mais il y a quelque chose qui ne ment jamais. Ce sont les résultats. Et ils prouvent que le changement était nécessaire.”

Le regain de forme n’est peut-être pas dû qu’au départ du coach. Il y a aussi le retour de Steven Defour.

“Même Zidane ne peut pas faire la différence seul. J’ai eu la chance de connaître des vrais champions : Zidane, Figo, Totti, Ibrahimovic, Guardiola, Batistuta… Il faut savoir que tout le monde est important et personne n’est indispensable. Lors de son premier match, Dominique D’Onofrio a fait passer ce message très fort au groupe en laissant les deux meilleurs joueurs sur le banc.”

Cela marquait la fin des privilèges…

“Voilà. On joue le week-end comme on s’entraîne la semaine. Si on ne s’entraîne pas ou mal, on ne peut pas être bon. Et certains qui ne s’entraînaient pas bien étaient quand même certains de jouer. La concurrence doit servir à bonifier une équipe. Mais il n’y en avait pas vraiment. Je pense à un type comme Benjamin Nicaise. Chaque fois qu’on a fait appel à lui, il était bon. Mais on savait que le match d’après, un autre allait revenir et reprendre la place qu’il avait occupée.”

Vous avez très peu joué aussi. Laszlo Bölöni a dit : “Il voulait mais ne pouvait plus.”

“C’est la facilité… Moi, on m’a toujours dit “vouloir, c’est pouvoir”. Mais il faut être mis dans de bonnes conditions. Là, après cinq mois d’inactivité, on m’a fait jouer. Pas par obligation vu qu’il y avait Benjamin Nicaise. Et je me suis blessé. Je suis revenu, on m’a fait jouer deux matches et je me suis reblessé. Je n’ai pas eu la préparation adéquate. On ne peut pas arriver de nulle part et être bon.”

Vous n’avez pas l’impression d’être parti un jour trop tôt ? Avec le changement d’entraîneur, vous auriez pu finir sur une note plus positive.

“Des remords je peux en avoir, parce que je suis venu au Standard. Je n’ai pas signé dans les clubs français pour ne pas être en opposition avec l’entraîneur. La condition pour signer au Standard, c’était d’être en adéquation avec le coach. Et tout ce que je ne voulais pas en France, je l’ai trouvé au Standard. Mais des regrets, non. Je suis content, car j’ai connu de très belles personnes au Standard et en dehors à Liège. Au club, il y a une dame qui est là 24 h sur 24 et qui est d’une gentillesse exceptionnelle… Sans toutes ces personnes au club, le Standard ne serait pas ce qu’il est. Il y a des bénévoles et des gens qui font un travail énorme.”



Interview > David De Myttenaere

© La Dernière Heure 2010

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